‹ La musique à l'égliseChapitre 12 sur 75 · CHANT D ÉGLISE. PALESTRINA · texte numérisé non relu

CHANT D ÉGLISE. PALESTRINA

à un monde supérieur. Elle est la dépositaire du principe qui correspond à «l'œil de la contemplation ou de la grâce. » C'est par un sentiment de cette vérité que les Italiens appellent la musique de Palestrina : Musica deir oltro mondo, la seconde musique sacrée, par opposition à la musique moderne.

Ces deux éléments si distincts, le principe divin ou le repos et la consonnance, le principe terrestre et sensuel, la dissonance et l'accent, prédominent, l'nn, dans le système de chant consacré au service divin, l'autre, dans l'art que nous destinons à chanter nos passions terrestres.

L'analyse des éléments intimes des tonalités des anciens Indiens et des anciens Chinois, des Hébreux et des Égyptiens, des Grecs ou des Romains, des Arabes et des peuples septentrionaux, montrerait que ces tonalités reflétaient au même degré que les langues l'état des connaissances morales conservées chez tous ces peuples. Elles devaient présenter des caractères distinctifs, selon qu'elles appartenaient à des peuples sacerdotaux, héroïques ou trafiquants. Pareillement, sous l'influence du christianisme, les deux éléments dont nous venons de parler ont déployé une puissance d'expression telle qu'il est permis de croire que rien dans la musique des anciens ne peut approcher des chefs-d'œuvre auxquels ils ont donné naissance. D'une part, le plain-chant et le système musical, reposant sur la tonalité ecclésiastique, se sont élevés à une expression de calme, de majesté, de grandeur, de sérénité, d'onction et de simplicité, parfaitement en rapport avec l'éclat et la pureté de la doc-

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