‹ La musique à l'égliseChapitre 17 sur 75 · ORIGINE DE LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA MUSIQUE

devenir le résultai de l'art. Il y a loin, sans doute, des sons mal articulés qui sortent du gosier d'une femme de la Nouvelle-Zemble aux fioritures de mesdames Malibran et Sontag ; mais il n'est pas moins vrai que le chant mélodieux de celles-ci a pour premier rudiment l'espèce de croassement de celle-là. »

II faut reprendre par ordre ces diverses propositions.

L'homme chante comme il parle; mais s'il ne parle pas, comment chante-t-il ? // chante comme il se meut et comme il dort ; premièrement, par suite de la conformation de ses organes; secondement, par suite de la disposition de son âme. (Remarquez en passant que c'est ^jar sxiite de la disposition de son âme que l'homme do7H.) Ainsi, la conformation des organes de l'homme produit d'abord le chant, et comme M. Félis pense que le chant a une expression et même une expression morale, il est clair que, dans son système, l'organisation, c'est-à-dire la matière, engendre la pensée et le sentiment. L'auteur dit dans un autre endroit, en parlant des échelles tonales ou des gammes : « L'une engendre nécessairement la musique calme et religieuse ' ; » et, dans sa déflnition de la musique , il établit que les combinaisons de sons engendrent l'émotion. C'est toujours la matière prise pour principe. Nous passons sur quelques observations ([ue les lecteurs feront d'eux-mêmes, et nous prions M. Félis de vouloir bien nous apprendre par quels perfectionnements graduels, par quels procédés logiques, en un mot, par quels moyens naturels on est arrivé des sons mal articulés et du croassement qui sortent du gosier

' Rcsiimc, p. xxxvm.

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d'une femme de la Nouvelle-Zemble , lesquels sont une musique quelconque, suivant lui, au chant mélodieux et aux fioritures de mesdames Sontag et Mcdibran. A cela il répond : A mesure que l'homme se civilise le chant se perfectionne. Il est imjjossible de franchir un abîme plus lestement que ne le fait M. Fétis d'un trait de plume. Hâtons-nous d'arriver à la conclusion de tout ceci. La conclusion? vous ne vous y attendez pas. « Au reste, il importe peu de savoir quelle a été l'origine de la musique, etc., etc. '. » Ainsi, pour Condillac, tout se réduit à ce seul mot : le hasard; pour M. Fétis, à celui-ci : qu'importe?

A vrai dire, il importe peu que M. Fétis se livre à toutes les fantaisies de son imagination si, l'histoire en main, il vient les délruiie lui-même, et établir solennellement l'origine divine de la musique. Ouvrez son Résumé : a Chez tous les peuples, s'écrie-t-il, ce sont les dieux qui ont fait don de la musique aux humains, et cet art est le seul qui ait une origine céleste. » Et le voilà qui nous montre le miracle de la musique chez les Hindous, chez les Chinois, chez les Arabes, chez les Grecs * ! Néanmoins, M. Fétis s'obstine tellement dans son système, qu'il persiste à ne voir qu'un système dans ce témoignage unanime, celle Iradilion constante. Citons encore : «On voit que c'est partout le même système, partout l'art est représenté comme ayant opéré des prodiges dans l'antiquité. » Et ailleurs : « Le meivcilleux ne manque jamais dans l'histoire des arts chez les peuples anciens; les

« La musqué mise à la portée de fout le monde, p. 4 et 5. - f{(sumc, \K Lxiv, xr, XLi cl suie, u, lui, lxxvii, lxxxv et suie.

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