‹ La musique à l'égliseChapitre 21 sur 75 · TRADITION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

TRADITION UNIVERSELLE

volupté, ny un chostouillement d'oreille, mais pour que la musique survenant <i grande confusion et désordre es accords et consonnances de l'âme, les rameine et les remet derechef tout doulcemenl en leur ordre et en leur lieu; »

Avec Hippocrate : « Je ne doute pas que les arts ne soient primitivement des grâces accordées aux hommes par les dieux; »

Avec le Li-ki : « La musique est l'expression et l'image de l'union de la terre avec le ciel ' ; »

Avec Quintilien, que « la musique se lie à la connaissance des choses divines^; »

Avec Platon, toute l'antiquité païenne, l'antiquité chrétienne, et tous les théoriciens jusqu'au dix-neuvième siècle : « qu'elle est divine dans son essence, son origine et sa destination; »

Avec le P. Mersenne, que : « La musique est en Dieu; »

Avec le docteur Gall : « La musique et le chant ne sont pas des inventions de l'homme; le Créateur les lui a révélées à l'aide d'une organisation particulière; »

Avec le cardinal Bona, que : « Le premier homme reçut de Dieu le bienfait de la musique avec une instruction universelle; »

Avec le Père Martini et Rameau, que : « La musique n'est faite que pour chanter les louanges de Dieu; »

Avec Méhul : « Je crois que cet art a un but plus noble que celui de chatouiller l'oreille, et qu'il n'est pas condamné à n'être jamais qu'aimable^; »

1 Mémoires sur les Chinois, t. 1, p. 237. ' Cum rerum div'inarum cognitione esse conjunctam. Quint. Jnst., lib. Il, cap. 16.

* Préface de l'irato.

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Avec un éloquent philosophe catholique, M. l'abbé Gerbet : «■ C'est sous la forme de la musique que la religion nous représente l'état supérieur de la parole dans le monde iiitur'. Le chant est le commencement de la régénération, de la transfiguration de la parole terrestre ; c'est l'élan de la voix humaine vers le mode céleste de l'expression de la pensée. »

On ferait des volumes de textes de ce genre. Nous finirons par une citation empruntée à notre musicien théoricien, et que nous recommandons aux théoriciens et aux musiciens de nos jours. Nous sommes heureux, en terminant celte leçon, de nous reposer sur d'aussi belles paroles que les suivantes. Elles furent écrites en 1807, époque où le retour aux idées saines et élevées était beaucoup moins marqué qu'il ne l'est aujourd'hui :

(( La musique ne fut point inventée par les hommes, dans le sens que nous donnons ordinairement au mot inventer; elle ne fut que découverte par eux. Cet art nous vient réellement de Dieu; c'est lui qui l'a inspiré aux hommes; c'est lui qui en a établi les principes et les règles dans les accents de nos besoins; c'est lui qui en a noté tous les sons dans notre cœur; c'est là qu'il a déposé tous les secrets de la science musicale, de cet art de peindre le sentiment par la voix, et d'en imiter les accents par les sons. C'est pourquoi aussi les anciens reconnaissaient à l'étude de la musique un double objet, applicable à tous les arts qui étaient du ressort de la voix, celui de la morale et celui de l'éloquence. C'était par l'élude de la musique qu'on apprenait à distinguer

' Voir à ce suji-l un 1 eau passage de Zarlino, Instit. hannon., 170'?, cap. 2, p. 0.

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Texpression des sentiments louables et vertueux, d'avec l'expression des sentiments méprisables et criminels. C'était par l'étude de cette science qu'on apprenait à célébrer dignement les louanges des dieux et les bienfaits des héros; c'était enfin par les effets puissants de la musique que l'on parvenait à graver dans l'esprit et dans le cœur des peuples les lois religieuses et politiques sur lesquelles reposait l'ordre social '. »

' De l'analogie de la musqué av(C le langage , par Villoleau, l. If, p. 127.

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