CHANTS RELIGIEUX ET POPI'LAIRES DES ROMAINS
II y a, relativement à la manière dont la musique a été cultivée chez les Romains, deux opinions tellement différentes, qu'elles semblent inconciliables, et néanmoins l'une et l'autreontétéquelquefoisadmises simultanément par les mêmes écrivains. D'une part, un auteur, Frédéric Schlegel, par'exemple, nous dit que la langue latine est incomparablement plus musicale que la langue italienne sa fille, et que, sous le rapport de l'euphonie, la première est d'une perfection telle, que les grands maîtres du moyen âge n'ont pas hésité à la préférer à la seconde pour la musique d'un genre élevé. Cela fait supposer qu'il s'est trouvé nécessairement chez le peuple romain des monuments d'une musique indigène, des chants populaires, ou, si l'on veut, quelques rudiments de mélodie aussi anciens que leur langue même. D'une autre part, le même Schlegel affirme, avec tous les historiens modernes de la musique, à l'exception d'un seul à notre connaissance, l'Anglais Stafford, que les Romains n'ont point eu de musique nationale, originale; que tout ce qu'ils possédaient de cet art leur était venu de la Grèce,