‹ La musique à l'égliseChapitre 51 sur 75 · LA MESSE DE ROSSINI · texte numérisé non relu

LA MESSE DE ROSSINI

ques autres fragments jusqu'à la seconde moitié du verset final : Cum Sancto Spiritu, in glon'â Dei Patris. Amen, paroles que l'arrangeur a ajustées sur la strette du quintette de la Cenerentola, morceau boufTe d'une gaieté désopilante, allegro rapide, à trois temps. On ne peut se représenter l'eJOTet extravagant et grotesque de ce texte Cum Sancto Spiritu débité syllabiquement, une syllabe par crocbe, sur ce mouvement accéléré. Le reste est à l'avenant. Le Credo s'ouvre par la romance de la sérénade du Barbier de Séville : Ecco ridente il cielo; puis viennent les duos guerriers de Tancrède, d'Otello, un Resurrexit sur des roulades à grands ramages, et enfin VEt vitam venturi seculi sur le motif d'Arsace du finale de Sémiraniide : Atro evento prodigio. Un mot encore : le Dona nobis pacem de VAgnus est martelé en accords frappés par le cbœur sur une cabalette de Tancrède, la plus jolie, la plus pimpante du monde.

Et dans tout cela un décousu complet. Ce sont des lambeaux de toutes formes, de toutes couleurs, raccordés tant bien que mal les uns aux autres. Au moins l'auteur des Concei^ts spirituels n'a-t-il pas altéré le texte musical; il s'est bien gardé d'ajouter une note de son cru; et s'il a fait des emprunts aux maîtres italiens, son choix est rarement tombé sur un morceau d'un style bouffon ou sur un air de bravoure. 11 y a, je le répète, un sentiment infiniment touchant et respectable chez ce religieux qui ne connaît que sa cellule, sa chapelle et son orgue, et qui s'in;\pgine naïvement ramener les esprits à la religion par le charme de la musique. Son erreur même ne vient que de l'exagération d'une idée juste. Partant de ce principe, que l'idée religieuse a enfanté toutes les merveilles de l'art, et jusqu'aux mer-

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