PRONONCÉ SUR LA TOMBE DE M. BOELY
AÏESSIEURS,
Je ne retracerai point ici la biographie du grand artiste, du digne et excellent homme à la mémoire duquel nous venons adresser un suprême hommage. Mais il est impossible, dans ce moment douloureux et solennel, de ne pas dire en quelques mots les titres de Boëly à la reconnaissance et au respect des vrais amis de l'art musical religieux.
De toutes les vies d'artiste on ne saurait en citer une plus simple, plus modeste, plus humblement et plus énergiqucment dévouée que celle de Boëly. Il était l'artiste des anciens jours, l'homme du passé; et je suis de ceux qui pensent que cette qualification d'homme du passé, malgré ce qu'elle présente d'exclusif, est son plus bel éloge. Profondément pénétré des beautés des grands vieux maîtres, des Jean Sébastien et des Emmanuel Bach, des Hiiendel, des Couperin, des Scarlatti, Boëly n'estimait ses propres œuvres qu'autant qu'elles lui sem-
' P. -A. -F. Bocly, mort le 27 décembre 1858. Voir ci-dessus, paye 178.