C'est ainsi que je traduis : de Monte
Brasseur {Sydera illuslrium Hannoniœ scriptorum, p. 88) et de Boussu {Histoire de Mous, p. 455) écrivent du Mont et non de Mons. De son côté, l'auteur de la Biographie montoise a, par inadvertance sans doute, accordé à ce personnage deux notices, l'une (ci la p. 158), sous les nom et prénom de Dumont (Philippe), et l'autre (pp. 242-247), sous ceux de Piiilippe-de-Mons. D'autre part, les œuvres de Philippe portent Philippus de Monte : ce qui doit certes se traduire par Philippe du Mont. En effet, de Mons serait en latin DE MoNTiBUS (le nom latinisé de notre ville étant Montes). M. Robert Van Maldeghem, dans son Trésor musical, première année, index, p. VIF, a reproduit un passage d'un célèbre critique allemand, Dlabacz, dans son Dictionnaire des artistes delà Bohème, perlant que Philippe est repris dans une liste des musiciens de la chapelle impériale de l'année 1582, comme suit : Philippe de Monte, de Malines, ville où, d'après des recherches de M. le chevalier Léon de Burbure, une famille de Monte aurait exislé.
L'indication de la liste précitée (si toutefois on a bien lu) est sans contredit inexacte. D'abord, de Monte se traduisant par du Mont et non par de Mons, il y a à dire que, de toute ancienneté, une famille de ce nom a existé en notre ville, de même qu'il s'y trouvait aussi une famille de Mons, dont un membre fut admis, à la fin du
siùclc dernier, an Bc^j^ii inapte do Saint-Germain dit Les Hoiippelincs, Ensuite, une foule de ldmoi{Tnaf;es que l'on rencontre dans des auteurs quasi-contemporains donnent la preuve suffisante que Philippe, l'ami de I.assus, était h la fois son concitoyen.
C'est peut-être Bullart qui a contribué le plus 5 répandre l'erreur, par cette phrase de son Académie des Sciences et des Arts (Amsterdam, 1G82, in-folio), t. Il, p. 299 : « La ville de Mons a cette gloire (c au-dessus du reste du Pays-Bas, d'eslre le lieu d'où sont sortis « les plus excellons Musiciens du siècle passé; car après avoir « produit Orlando de Lassus, elle a encore donné la naissance à « celuy-cy, qui pour ce sujet a esté appelle Philippe de Mons. » Cet autour aurait dû se demander quel claii donc le nom do famille de Philippe, et il l'aurait trouvé au bas du portrait do Sadeler : Pliilippvs de Monte, Philippe du Mont, né à Mons, comme l'ont dit Brasseur et de Boussu.
3. François-Joseph Fétiscst né à Mons, le 25 mars 1784 ; il est mort à Bruxelles le 26 mars 1871, — Voy. la Biographie universelle des musiciens, ^^ édition, t. III, pp. 226 et suiv., et V Annuaire de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, année 1874, pp. 377-418. (Notice sur François-Joseph Fétis, par M. L. Alvin.)
4. « Une fois w dit le chroniqueur, « un comte Régnier, homme pieux et instruit, qui fréquentait assidûment les offices de Sainte- Waudru, cédant \\ certaines obsessions, s'introduisit avant l'heure des matines dans l'église avec des clercs, tandis que les chanoinesses, enfermées dans leur dortoir, dormaient encore. C'était la fête de saint Vincent, martyr. Après avoir fait fermer les portes sur les intrus, le comte leur ordonne de chanter les matines. A ces chants, (jui étaient plutôt dos clameurs désordonnées, les cha • noinesses se lèvent et accourent. Trouvant les portes fermées endedans, elles attendent dans le cloître et écoutent. Les clercs entonnent un invitatoire commun : Justus florebit ; les dames, endehors et sur un ton plus décent, se mettent à chanter l'invitatoire propre : Yincentem mundum. En entendant cela, le comte leur fait ouvrir et dit aux clercs qu'il avait amenés : « Sortez d'ici, car « ces femmes sont instruites dans l'office divin, et vous n'êtes que « des ignorants ». Gisleberti chronica Hannoniae, éd. du marquis du Chastelor, p. 26.
5. Le Mayeur, Les Belges, p. 215. — Ed. Fétis, Les Musiciens belges, t. i, p. 55.
On conserve dans la trésorerie de l'église de Sainle-Waudru, plusieurs cahiers in-fol. contenant le chant des offices propres qui s'y célébraient du temps du chapitre. Ces cahiers sont intitulés : « Recueil des festes quî se célèbrent par les Dames du très noble « et 1res illustre Chapitre Royal de Ste-Waudru servant de Supplé- « ment à l'Anliphonaire Romain. Renouvelle l'an 1755. »
6. Jacobi de Yitriaco libri duo, quorum prior Orientalis, aller Occidcntalis historiée nomine inscribitur. Duaci, Ballhazar Bellerus, 1597.
7. Le plain-chant fut également enseigné dans la plupart des autres écoles de la ville jusqu'au xviii^ siècle. C'est ce que de Boussu rappelle, en parlant de l'école au Wallon que le magistrat avait fait bâtir, en 1611, dans la grande cour du collège de Houdain : « Autrefois, on y a enseigné aux internes du Collège le chant Gré- « gorien ; mais depuis 25 ou 50 ans on a délaissé cette pratique « utile. » {Histoire de Mons, p. 247). — Les élèves les plus capables de l'école dominicale, instituée dès 1575, chantaient en plain-chant, durant la messe et les autres offices qui avaient lieu dans la chapelle de cet établissement.