Chez Baudoux
Etudes critiques. 315
tous deux non sans mérite mais un peu dépourvus de cachet personnel. Notons seulement, quelque huit mesures avant la fin du Prélude, un petit passage de caractère franckiste. Dans la scène I, il faut remarquer le passage qui se superpose à un long dessin de clarinette : le passage qui est marqué dans la partition de piano comme devant se dérouler « dans un discret sillage de pédale )). On a parlé de réminiscences de Chabrier. C'est peut-être bien là que dans la partie de chant on trouverait le plus d'analogie avec tels airs ou récitatifs de Briséïs, Dans la deuxième scène nous rencontrons une page vraiment remarquable , c'est celle où la reine chante : « Tu es le héros, le brave ». Car pour l'invocation à Mylitta, tout en reconnaissant son charme qui séduit de prime abord, je la trouve un peu trop parente de ce qu'on appelle la a mélodie facile )>. M. Schmitt a-t-il voulu dans cette page faire une concession aux préférences de ses juges? Vient ensuite le récitatif du grand-prêtre qui se déroule sur un développement orchestral qui fait beaucoup penser à la marche funèbre de Siegfried. Enfin le trio du grand-prêtre, de la reine et de Manassès avec sa sauvaa"e énerofie, et la marche des Pleureuses terminent la partition.
Somme toute, en dépit de quelques réminiscences, pas trop accusées cependant:, cette partition est très honorable pour le jeune musicien. L'orchestre est généralement assez bien traité. Un certain souci de la déclamation se fait également sentir. On pourrait peut-être relever de légères erreurs de détail. Page 29 de la partition pour piano, aux paroles ce plus éclatantes mille fois » je vois la dernière syllabe muette de « éclatantes » qui tombe sur une note syncopée. Il y a une indication aussi qui paraît plaisante : l'invocation à Mylitta est marquée comme devant revêtir le caractère « d'une simplicité préhistorique ». Les Ninivites seraient-ils, par hasard , contemporains du Mammouth ? Mais laissons ces recherches de détail à la perspicacité de Monsieur. . . taisons son nom pour aujourd'hui. Qu'il nous suffise de rendre justice aux très réels mérites de M. Florent Schmitt.
P. -S. — Le concert donné le jeudi par la Société Philharmonique nous a privé d'entendre VAmour^ du Poète dit par M™® Jane x\rger et commenté par M. Raymond Duval.
1^' juillet.