B. — CONCERTS
Copenhague possède une belle et confortable s.ille de concerts nommée Odd Fellow-Palaets Store >'a/ (dans le langage courant Kouccr^Paiae). Elle est située dans la Bredgade irue large i un peu après la statue de Niels Gade.
C'est un ancien palais des comtes Schimmelmann, qui fut acheté par une société financière pour y étal)lir une entreprise de concerts. La société ayant dû liquider au bout de peu de temps, le revendit à la section danoise de l'Association anglaise de françmaçonnerie Odd Fellow, qui loue maintenant pour
des concerts, fêtes de bienfaisance, réunions, bals, etc.. la salle avec la suite de beaux et vastes salons qui l'entourent.
La salle contient 1.500 places. Elle fut inau^'urée en 1888, avant même d'être complètement achevée, par un grand festival consacré aux compositeurs Scandinaves qui y dirigèrent leurs œuvres. L'acoustique en est fort bonne : tout au plus peut-on reprocher un peu de dureté dans les grandes sonorités. Il est regrettable qu'il n'y ait pas de grand orgue.
C'est là que se donnent en premier lieu les trois grands concerts annuels de la Chapelle Royale (orchestre de la Cour) dirigés par l'illustre compositeur Johann S. Svendsen, dont nous parlerons plus loin au chapitre sur le Théâtre Royal de Copenhague.
Ces concerts de la Chapelle Royale sont avant tout des spécimens d'exécution soignée; il ne visent pas à exciter l'intérêt du public par l'actualité ou la vedette à sensation, ils se contentent d'être comme un musée des chefs-d'œuvre de la musique. Voici, à titre d'exemple, le programme d'un concert consacré à Beethoven et à Wagner :
l** Beethoven. 5'' Symphonie.
2'' Wagner. Ouverture du Vaisseau Fantôme. — Air du Hollandais, par M. Helge Nissen, chanteur du Théâtre Royal (Kammersàngeri. — Air du Graal de Ijohengrin, par M. Peter Cornélius également du Théâtre Royal. — Ouverture de Tannhàuser.
Ces exécutions ne s'adressent qu'à une élite d'auditeurs et le prix des places y varie de 2 à 5 couronnes. Les recettes sont partagées entre les membres de la Chapelle Royale.
Les véritables concerts populaires de Copenhague sont les 20 Palae-Koncerts donnés, dans cette même salle, de la fin d'octobre au commencement d'avril, le dimanche après-midi, par M. Joachim Andersen, aux risques et périls d'une Société artistique à la tête de laquelle se trouve l'éditeur ^^^ Hansen. Le prix des places est de 50 et 75 ores ; bien entendu la société ne retire, à ces prix, aucun bénéfice de ces concerts, qui sont surtout une œuvre philanthropique de vulgarisation musicale.
M. Andersen, né à Copenhague en 1847, fut d'abord un excellent flûtiste et appartint comme tel à la Chapelle royale de Saint-Pétersbourg, puis il fit partie, à Berlin, de l'orchestre Bilse, ensuite de celui de l'Opéra et enfin des concerts philharmoniques que dirigeait Hans de Bûlow ; il revint à Copenhague en 1895.'
Certes, il est plus normal que le chef d'orchestre soit violoniste plutôt que flûtiste. Mais l'exemple de M. Andersen n'est pas rare. Citons en Allemagne les deux frères Doppler, à Paris M. Tafïanel et actuellement M. Gaubert, le jeune second chef de la Société des Concerts du Conservatoire.
J'ai demandé à M. Andersen ce qu'il pensait des flûtes allemandes qui, alors que nos flûtes françaises ne descendent qu'à Vut grave, vont jusqu'au si et même quelquefois si b. M. Andersen n'en est pas partisan. Il trouve que le supplément de longueur du corps sonore, bois ou métal, nécessaire pour produire ces notes, nuit à la clarté et à la pureté des sons aigus.
L'orchestre des Pàlae-Koncerts se compose de
46 musiciens dont 8 l^'"' violons, 6 2*^' violons, 4 altos, 4 violoncelles et 4 contrebasses, i Les trombones y sont à coulisse ce qui est assez rare dans les Etats Scandinaves).
Le répertoire comprent le cycle de tou\ ce qui est connu et joué dans le monde musical, et les programmes font une grande part aux œuvres nouvelles des compositeurs danois qui viennent souvent les diriger.
De temps à autre, les concerts Andersen s'adjoifirnent le chœur à voix d'hommes de l'Association des Etudiants > Studenter sang foreningen) dirigé Y)S.v M. S. Levysohn.
Dès que les vingt Palae-Koncerts sont terminés, M. Andersen prend la direction musicale du Tivoli, grand établissement d'été, unique en son genre, situé au milieu d'un parc au centre de Copenhague et où l'on trouve les distractions les plus variées.
^L Andersen est chargé de composer les programmes, d'engager les artistes et de diriger les nombreux concerts qui sont donnés dans la vaste rotonde, dès le commencement de mai jusqu'au milieu de septembre ; il y a le samedi soir de grands concerts symphoniques où des solistes réputés se font entendre ( 1 ).
(1) C'est l'un de ces concerts que dirigea en 1897 l'auteur de ce rapport avec le concours de l'excellente violoniste danoise Ingeborg Magnus (depuis M"* Malkine).
J'apprends que M. Andersen vient de mourir et qu'il a été remplacé à Tivoli et aux Palae-Koncerts par M. Schnedler-Petersen qui éiait depuis longtemps son concerimeister. D'autre part, M. Anton Svendsen lui a succédé au Conservatoire comme professeur de la classe d'orchestre.
Le fondateur des concerts de Tivoli fut le chef d'orchestre Hans Lumbye dont les danses sont encore jouées. On l'appelait le « Strauss du Xord ». Son fils Georg lui avait succédé.
J'ai entendu au Koncert-Palae deux manifestations musicales très intéressantes, d'abord le troisième et dernier concert delà Musikforening (Société de Musique), puis le troisième et dernier concert également de la Dansk Koncert-Forening -Société Danoise de Concerts). La première de ces sociétés est très ancienne et joue des œuvres classiques de toutes les époques. La seconde, de fondation récente, joue exclusivement des auteurs danois,
— Le programme de la Société de Musique comprenait la Symphonie en sol mineur de Mozart, le Concertstûck de piano de Weber, la Saga- Droem pour orchestre de Cari Xielsen i première exécution) et son Hymne til Kjo.erligheden i Hymne à l'Amour I. Tout le concert était sous la direction de ^L Franz Xéruda.
La Symphonie de Mozart fut jouée avec élégance ; Torchestre était fort bon.
Le Concertstûck de Weber fit apprécier le beau jeu de M"^ Anna Schytte.
Le principal intérêt du concert était l'oeuvre symphonique nouvelle du jeune compositeur réputé Cari Xielsen.
M. Cari Xielsen, d'abord violoniste, est maintenant chef d'orchestre adjoint au Théâtre Royal de Copenhague où Ton joue fréquemment son opéra Maskarade.
Sa Saga-Droem. i légende-rève i est inspirée par ce
verset de la légende du roi Xial : « Nu droynmer Gunnar; lad ham nyde sin Droem i Fred, » qui veut dire en français : « Maintenant Gunnar rêve ; laissez-le jouir de son rêve en paix. »
Sur ce thème M. Cari Xielsen a écrit une musique intéressante, agréable à entendre, qui ne vise pas à l'originalité, mais qui sait émouvoir. C'est une sorte de srenre italien modernisé et bien écrit, mais d'une instrumentation extrêmement bruyante, surtout vers la fin.
L'Hymne à V Amour du même auteur comporte des soli et des chœurs avec accompagnement d'orchestre.
Les solistes étaient M"'''" Margrethe Nielsen soprano, Daofny Grunert contralto, MM. Max Freuler ténor, Max MùUer basse, X. R. Gade baryton. M°»« Dagny Grunert et M. Max Mûller appartiennent au Théâtre Royal.
M'"*' Marofrethe Xielsen, quoique portant le même nom que M. Cari Xielsen, n'a aucune parenté avec lui.
L'Hymne à V Amour a les mêmes qualités musicales que la Légende. J'y ai remarqué de jolies sonorités et tout spécialement un chœur d'anges chanté par des petites filles avec accompagnement de cloches et de timbres.
M. X^éruda, qui dirigeait avec grand talent, est l'ancien violoncelliste-solo de l'Opéra ; il fonda un quatuor dont les séances furent très courues. C'est aussi un compositeur de mérite, auteur d'un Concerto de violoncelle et d'une Berceuse Slave très joués.
M. Xéruda est Tchèque. Sa sœur, violoniste virtuose, ayant épousé en premières noces le composi-
teur Ludwig Norman qui était chef d'orchestre à l'Opéra de Stockhohn. il vint, très jeune, faire un séjour dans les Etats Scandinaves et se fixa par la suite à Copenhague.
— Le programme de la séance de la Société Danoise de Concerts était, à part un morceau bref de J. P. E. Hartmann, entièrement consacré à des premières auditions, tout d'abord la Symphonie en ut majeur de Emilius Bangert,puis ï Ouverture de Concerts en la mineur de Brunn de Neergaard. Ces deux œuvres se sont partagées le prix du Xiels W. Gades Minde (Souvenir de Xiels Gadei, prix qui a été fondé par la société de ce nom, dont les principaux membres sont MM. Anton Hegner, Anton Svendsen, Fr. Rung et Wilhelm Hansen, et qui consiste en une somme de l,00il couronnes, spécialement destinée à servir de bourse de voyage. Le concert se terminait par le Requiem de Asger Hamerik.
^L Emilius Bangert, qui n'a que 24 ans, a été élève de M. Mailing au Conservatoire puis de M. Cari Nielsen.
Sa Syynphonie en ut maj>u/* justifie les espérances que l'on fonde sur lui. Elle ne manque pas d'unité et on voit de suite que M. Bangert connait déjà fort bien son métier.
Le premier mouvement, Allegro non troppo, est un trois temps dont l'idée énoncée par les cors est d'une bonne musicalité; les développements en sont adroits. Le deuxième morceau, Andante sostenuto, encore à trois tem})s, commence fort bien, mais la ligne se perd peu à peu, le morceau devient nél)uleux et on a peine à s'y retrouver. Le troisième morceau,
Allegretto, toujours à trois temps, est d'une teinte mineure très suave. Le quatrième morceau, Allegm con fuoco, enfin en rythme binaire, est très bruyant; c'est le morceau de la symphonie que j'aime le moins; il est d'un genre assez désuet, néanmoins il a de réelles qualités rythmiques, surtout vers la fin.
M. Brunn de Neergaard est aussi un tout jeune compositeur. Son Ouverture en la mineur paraît appartenir à la musique descriptive. Ses thèmes ne sont peut-être pas tous aussi distino-ués qu'on le souhaiterait, mais ils sont présentés avec art; l'auteur semble en général j^réoccupé de chercher des contrastes et il termine son Ouverture, où la batterie fait rage, par un gracieux pianissimo aérien.
La Chanson de Tziganes de J. P. E. Hartmann pour soli, chœurs et orchestre est écrite sur un texte du Gôtz von Berlichingen de Goethe. Cette chanson qui a du caractère et du rythme nous offre un joli spécimen de la façon de faire du fondateur de l'art musical purement danois. Elle fut d'ailleurs bien mise en valeur par M"'*^ Dagny Grunert dont la voix de contralto est remarquablement timbrée.
Le Requiem de Asger Hamerik fut donné avec coupures; il ne devait être donné intégralement que la saison suivante. Nous en eûmes d'ailleurs les parties principales : le Requiem et Kyrie, V Offertoire et le Sanctus.
Les chœurs qui chantaient le Requiem et qui venaient déjà de se faire entendre dans la chanson de J. P. E. Hartmann, étaient des chœurs d'à-
mateurs; ils se composaient de 70 hommes et de 50 femmes seulement.
M. Asger Hamerik est une célébrité musicale danoise. Il est actuellement âgé d'une soixantaine d'années. C'est le frère de M. Angul Hammerich cité au chapitre précédent, quoique l'orthographe des noms ne soit pas la même. M. Asger Hamerik ayant longtemps vécu aux Etats-Unis où il était directeur de la musique à l'Institut Peabodv à Baltimore et où il dirigea de nombreux concerts, américanisa Torthographe de son nom et la conserva telle quand il revint se fixer à Copenhague. M. Asger Hamerik est d'ailleurs un compositeur cosmopolite et il eut à Paris son heure de notoriété. Son Hymne à la Paix fut' jouée sous sa direction à l'Exposition Universelle de 18G7 dont il avait été nommé membre du jury de musique, grâce à Berlioz qui le tenait en particulière estime. En Italie, lié d'amitié avec l'éditeur Sonso.o'no, il fit partie du jury d'opéra qui couronna la Cavalleria Rusticana de Mascagni.
Le Requiem d'Asger Hamerik est une œuvre très importante pour alto solo, chœur à 6 voix et orchestre.
Des trois fragments que nous entendîmes c'est V Offertoire qui m'a séduit le plus. Ce morceau d'un sentiment à la fois délicat et noble contient un passage grave de belle sonorité très onctueuse, puis une superbe progression qui a beaucoup de chaleur. }/[me Dagny Grunert l'interpréta avec une compréhension parfaite et ses notes graves y firent merveille. Dans le Sa/icîus j'ai remarqué un contrepoint magistral et aussi les derniers accords qui pioduisent beau-
oO LA MUSIQUE ACTUELLE
coup d'effet. L'exécution chorale de cette dernièi-e partie fut d'ailleurs bien meilleure que celle des précédentes.
Quant à Texécution orchestrale de tout le concert, elle fit grand honneur au professeur Victor Bendix qui sut mettre en relief les œuvres des jeunes compositeurs ({u'il était chargé de présenter pour la première fois au public, puis dirigea le Requiem d'Asger Hamerik avec précision et enthousiasme.
Le puljlic écoutait avec recueillement et me parut en général manifester très sincèrement ses impressions. Les cabales et les engouements tels qu'il eu existe chez nous contre ou pour tel ou tel compositeur, telle ou telle œuvre, tel ou tel artiste, font inconnus à Copenhague.
Outre les noms qui précèdent la Société Danoise de Concerts a, pendant la saison 1907-1908, inscrit sur ses programmes ceux des compositeurs suivants : Camille Carlsen, Aug. Eiina, Louis Glass,P.E.Lange- Mùller, Axel Liebmann, Ludolf Nielsen et Michael Nyrop.
M. Enna est particulièrement connu : il a composé trois opéras : Hexen (La Sorcière), Cléoijdtre joués l'un et l'autre à Copenhague, et Aucassin et Nicolette dont la scène se passe à Beaucaire. Le style de M. Enna rappelle l'école italienne; il est attachant et très mélodieux.
M. Lange- Millier compose à la fois pour le théâtre et pour le concert. Il a fait un opéra Jeanna, plusieurs symphonies et une suite d'orchestre intitulée Alhamhra.
Si nous ajoutons aux noms cités dans le présent
J^ ISIc
isz^
:ga^^»^.
CciJi'c^cUiOxc clouée t:
COPEXHAGUt:. — GRANDE SALLE 1)1 KONCERT-PALAE
chapitre et dans le précédent ceux de MM. Hornemann, Weyse et Schytte, récemment décédés et Heise mort il y a une trentaine d'années, nous aurons la liste à peu près complète des principaux compositeurs- danois contemporains.
Remontant un peu plus haut dans l'histoire de la musique danoise, je mentionnerai Frédérik Kuhlau, né en 1786 et mort en 1832, auteur de l'opéra Elverhoj [le Domaine des Elfes) qu'on joue encore de temps à autre et de sonatines qui font partie de l'éducation des pianistes. La musique d' Elverhoj, l'opéra danois populaire par excellence, est simple et mélodieuse avec beaucoup de couleur locale.
Remarquons que l'imagination des compositeurs danois s'est toujours complue dans ces légendes d'elfes ou de génies analogues.
Il y a à Copenhague une excellente société chorale, la Sainte-Cécile {Cœcilia-Foreningen); fondée en 1851 par le compositeur Henrik Rung, et dirigée actuellement par son fils Frédérik Rung que nous retrouverons plus loin.
La Sainte-Cécile est une société d'amateurs qui comprend deux cents membres (80 sopranos, 50 altos, 35 ténors, 35 basses). Elle donne trois concerts annuels avec orchestre. Son répertoire est spécialement classique. Exceptionnellement elle a donné des œuvres contemporaines, par exemple Gallia, de Gounod, le Stabat Mater de Dvorak.
Une partie de la Sainte-Cécile est constituée en une division spéciale, appelée Madrinalkor, qui chante, sans accompagnement, presque exclusivement dei> œuvres du xvi^ siècle. Le Madvigalkor comprend
40 exécutants (18 sopranos, 12 altos, 6 ténors et 6 basses). Il fait de fréquentes tournées à l'étranger où il remporte toujours de grand succès. En 1900 il a donné à Paris deux concerts à l'Exposition.
La musique de chambre est très cultivée en Danemark. La Kammermusikforening (Société de musique de chambre) fi^rme des groupements d'artistes réputés et donne des séances très suivies.
Avant de terminer ce chapitre sur les concerts, disons un mot de la question des droits d'auteur en Danemark.
Jusqu'à présent, cette question était obscure et complexe ; si, en principe, le Danemark a adhéré, dès 1902, à la Convention de Berne de septembre 1886, en pratique beaucoup de droits n'y sont pas encore perçus, par exemple, ceux des compositeurs et des éditeurs pour les exécutions musicales dans les concerts. Il y a actuellement des négociations encours pour arriver à l'adhésion complète du Danemark à cette Convention, et l'Association Internationale Littéraire et Artistique (fondée en 1878 par \'ictor Hugo) s'y emploie de son mieux (1). On sait que c'est aux efforts de cette Association qu'on doit la Convention
(1) Le congrès international, qui s'est réuni à Copenhague en juin 1909, a pris à l'unanimité la résolution suivante, à la suite de la lecture d'une consultation de M. Charles Claro, avocat à la Cour d'appel à Paris :
« Le Congrès émet le vœu que, lors de la revision de la loi « danoise sur le droit d'auteur, rendue nécessaire par la ratifi- « cation de la Convention de Berne revisée, l'ai'ticle 2, lettre b, « soit modifié dans le sens de la suppression de la mention de « réserve exigée pour l'exercice du droit d'exécution des œuvres « musicales, et que les dispositions excli ant ce droit par
de Berne de 1886 améliorée par les Conférences de Paris en 1896 et de Berlin en 1908 (1).
En Danemark, les œuvres musicales tombent dans le domaine public trente ans après la mort de l'auteur.
Il existe à Copenhague une société très prospère dite « Bureau-Hamlet » qui s'occupe spécialement des intérêts des auteurs danois, de l'exportation de leurs œuvres littéraires et dramatiques ainsi que de leur diffusion à l'étranger. M. Einar Jespersen en est le président.