‹ La musique actuelle dans les états scandinavesChapitre 3 sur 19 · C. — THEATRE · texte numérisé non relu

C. — THEATRE

Le Théâtre Royal de Copenhague est très" bien situé, en plein centre de la capitale, sur la vaste place Kongens Nytorv (Nouvelle Place du Roii; il appartient à l'État.

Il a été construit en 1874 par les architectes 0. Petersen et V. Dahlerup sur l'emplacement de l'ancien Théâtre Royal.

Sur la façade en haut des marches, se trouve de chaque côté une statue en bronze représentant un personnage assis : à droite Holberg, le Molière du Xord, né en Norvège en 1684, époque où ce

« rapport aux danses, chants, petits morceaux isolés ou parties « d'oeuvres plus grandes, disparaissent. »

Il ne s'agit plus que d'obtenir et on l'espère du Rigsdag (les Chambres Danoises) une loi conforme à ce vœu.

^1) Notons que les Congrès se réunissent presque chaque année (en 1910 ce sera à Luxembourg^ tandis que les Conférences n'ont lieu qu'à des intervalles éloignés. — La prochaine Conférence aura lieu à Rome, très probablement eu 1912.

JOHANN-SEVERIN SVENDSEN

Né à Chri.^tiana le 30 septembre 1840; son père Guldbrand Svendsen qui était professeur de musique fut son premier maître. Il fut ensuite élève du Conservatoire de Leipsick comme violoniste dans la classe de Ferdinand David et comme compositeur dans celle du théoricien Hauptmann. Séjourna en Angleterre et à Paris. Dirigea les concerts de la Société de musique de Christiana. Fut nommé en 1883 chef d'orchestre de la Cour à Copenhage. Officier de la Légion d'Honneur en 1908, à l'occasion du voyage du Président de la République française en Danemark.

Johann-Séverin Svendsen

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pays avait le même gouvernement que le Danemark; à eaiiche Adam Oehlenschlanger, né en 1778 dans l'île de Seland, poète rénovateur des légendes Scandinaves dont .<e servit Wagner pour sa Tétraloçiie.

L'ancien Théâtre Royal comptait dans ses annales la création, en 1^20, de la charmante Préciosa de Weber. '

L'intérieur du Théâtre Royal actuel est agréable. La salle qui est de dimensions moyennes contient 1.600 places. Au-dessus du cadre se lit cette devise : Ei Plot til Lyst (Pas seulement pour le plaisir i.

Les quatre étages de la salle sont identiques ; il n'y a de loges que sur les côtés ; elles sont au nombre de 12 par côté et par étage. La loge royale est formée par une énorme avant-scène, côté jardin. En face se trouve la loge des dames de la Cour.

Les loges ne sont séparées les unes des autres que par de petites cloisons basses. Elles comprennent chacune 4 marches et 2 ou 3 chaises par marche, de sorte que tous les spectateurs voient très bien la scène.

Le fond de la salle est occupé par des amphithéâtres.

Il y a sur la scène des loges grillées réservées à l'administration du théâtre, aux auteurs et aux acteurs.

L'intendant du théâtre est le comte Danneskjold Samsoe et le directeur M. Einar Christiansen (1). Ni l'un ni l'autre ne sont musiciens et ils s'en remettent pour tout ce qui concerne la musique au premier chef d'orchestre, Johann Svendsen.

(1) Le comte Danneskjold Samsoe est mort récemment et M. Einar Christiansen s'e^l retiré. Ils ont été remplacés par

On représente alternativement au Théâtre Royal des opéras, et des drames.

La scène a les dimensions suivantes :

Largeur du cadre. 12 mètres

Hauteur du cadre : 9 mètres, mais on joue au maximum à 8 mètres.

Largeur de la scène de mur à mur. 29 m. Longueur de la scène (y compris 2 m.

de proscenium) 28 »

Hauteur de la scène du jjlancher au

eril 21 »

Profondeur des dessous (en 3 étages) 8 »

Il y a 8 plans et un « Gittertràger » au premier plan.

La pente de la scène est de 3 centimètres par mètre.

La scène comprend de chaque côté 4 corridors de service en bois. Chaque manœuvre se fait du premier corridor et le machiniste a, si besoin est, un aide au deuxième corridor.

Dans le toit de la scène, au-dessus du gril, on a ménaa'é une ouverture de 15 mètres sur 7 mètres pour le cas d'incendie.

Le chef machiniste, M. 0. Madsen, a sous ses ordres un sous-chef et 24 machinistes.

Toutes les manœuvres se font à la main. Les mâts sont en bois et ne portent aucune cheville; néanmoins les machinistes y grimpent à l'aide de crochets spéciaux. Le système de plantation des mâts est le

MM. Weiss, ancien sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, et Mantzius ancien acteur et artiste lyrique que je cite plus loin

même qu'en Allemagne, avec la vrille t^t la béquille. Beaucoup de mâts se développent en hauteur, en morceaux sortant l'un de l'autre comme dans une lorgnette, une vis qu'on serre arrêtant le développement à l'endroit vouïu.

Le système de suspension avec le tube métallique et les fils d'acier existe ici en règle générale et le décor est exactement équilibré avec le contrepoids ; cependant il y a quelques plafonds légers suspendus par le système fran^jais.

Les toiles sont ignifuo'ées par un procédé danois qui les met parfaitement à l'abri du feu mais qui les détériore sensiblement.

Il y a sur la scène, pour les ondines de L'Or du Rhin, trois vols très ingénieux et occupant fort peu de place, de l'invention de M. Kranich, Thalùle chefmachiniste de Bayreuth et de Monte-Carlo.

Les appareils d'éclairage ont été refaits il y a une douzaine d'années.

Dans chaque rue. il y a un portant d'éclairage à demeure sur un mat fixe.

C'est pour masquer ce portant au premier plan, qu'on a établi, coté jardin, entre le manteau d'Arlequin et le rideau, une petite draperie roui:e d'environ 2"», 50 de haut, qui est des plus disgracieuses et qui gâte toute la mise en scène.

Le prix des places au bureati, les soirs de représentation, varie de 75 ores à 4 couronnes 12. Pour les matinées du dimanche, qui ont lieu du milieu de septembre au milieu de mars, ce prix est abaissé à 50 ores au minimum et 2 couronnes maximum, mais il est rare qu'on donne un opéra en matinée.

Les places en location sont beaucoup plus chères et il y a là une organisation très spéciale.

La veille de la représentation, de 3 heures à 4 heures, le prix est doublé pour toutes les places; le jour même, de 10 heures à 11 h. 1/2, il n'est qu'un quart plus cher.

L'abonnement est très important. La plupart des loffes sont louées par adjudication : par exemple les premières loffes pour 37 représentations par an, chaque samedi soir, atteignent le prix moyen de 30 couronnes par représentation, tandis que pour le lundi soir elles ne dépassent guère 20 couronnes.

Le maximum des recettes ordinaires est de 3.600 à 4.000 couronnes.

Le Roi paie 15.000 couronnes pour les deux loges de la Cour.

L'État donne une subvention fixe de 125.000 couronnes qui, avec certains accessoires, arrive en fait à 170.000 couronnes.

Les droits d'auteur au Théâtre Royal varient suivant que l'auteur est Scandinave ou étranger. Ils sont fixés de la façon suivante :

S'il s'agit d'un opéra tenant toute l'affiche, les auteurs danois, suédois ou norvégiens touchent de la deuxième représentation à la onzième 8 "/o des recettes brutes, de la douzième à la trente et unième 10 "/„, de la trente deuxième à la cinquante et unième 6 "'/o, et s'ils sont décédés leurs héritiers touchent ces sommes.

A partir de la cinquante-deuxième représentation l'auteur touche 2 °/o plus une prime une fois payée

de 300 couronnes ; s'il est décédé, ses héritiers ne touchent plus rien.

Remarquons que, pour la première représentation il n'est donné aucun tantième et ajoutons qu'ici, contrairement à ce qui se passe en France, l'auteur de la musique d'un opéra touche beaucoup plus que Fauteur des paroles.

Le Théâtre Royal de Copenhague paie aux auteurs qui ne sont pas Scandinaves 5 à 7 °/o. En outre, il paie aux éditeurs la location du matériel. Par exemple, pour la période de 1900 à J905, il a payé pour Manon 4.000 francs et pour Samson et Dalilx 5.000 francs.

Lorsque au bout d'un certain nombre d'années., le succès des œuvres qu'il a louées s'est confirmé, il les achète généralement, c'est ainsi que l'éditeur Choudens lui a vendu naguère Carmen au prix de 10.000 francs.

Le premier chef d'orchestre du Théâtre Royal est le compositeur Johann Svendsen qui, quoique norvégien, occupe ce poste depuis plus d'un quart de siècle. Ancien élève du Conservatoire de Leipsick où il acheva son éducation musicale, Svendsen est une illustration mondiale. Sa musique est claire et bien bâtie. Son Carnaval à Paris a figuré sur tous les programmes des concerts symphoniques; on joue assez souvent sa symphonie en ré et quant à sa délicieuse romance en sol pour violon et orchestre, elle fait partie du répertoire de tous les violonistes.

Depuis un certain temps M. Svendsen est obliiré de prendre des ménagements pour sa santé. Il s'intéresse toujours beaucoup aux productions contempo-

raines. Dans l'œuvre de Richard Strauss, il entend faire une sélection et autant il apprécie Tod und Verklàrung, autant il aime peu Also sprach Zarathustra.

Le second chef d'orchestre est M. Frederik Runs-, M. Cari Xielsen est chef d'orchestre adjoint.

L'orchestre comprend en général, outre 1 harmonie complète et augmentée suivant les besoins : 10 premiers violons, 8 deuxièmes violons, 6 altos, 5 violoncelles, 5 contrebasse^.

La Chapelle Royale ne se composant que d'une cinquantaine de membres titulaires, on prfnd pour la plupart des grands opéras et pour les trois concerts annuels des artistes supplémentaires dans le syndicat des musiciens dont font partie tous les bons instrumentistes danois; on les paie d'après le tarif du syndicat qui est le suivant : exécution 5 couronnes; répétitions : L® heure 2 couronnes, 2^ heure 1 couronne, et ensuite 25 ores par quart d'heure.

Il y a 50 choristes.

Les principaux chanteurs du Théâtre Royal sont le ténor W. Hérold originaire de l'île danoise de Bornhoim, élève du professeur Rosenfeld, le ténor Cornélius, le baryton Plolmqvist, la basse Xissen, ^jnies Br^ii^n soprano-falcon et Ida Mol 1er chanteuse légère.

Notons en passant que le Danemark fournit à l'étranger un contingent important d'artistes lyriques réputés. En voici quelques-uns : M"""^ Thyra Larsen, la Salomé de Munich, le ténor Schmedes à Vienne, le ténor Forchhammer à Francfort, la basse Holm à Stuttgard, etc..

COPENHAGUE. — SCÈNE DU THÉÂTRE TlUVAL

Les chiffies que l'on voit en haut et en bas du plan indiquent le nombre d'aunes. L'aune danoise vaut environ 63 centimètres.

DANS LES ÉTATS SCAXDIXAVlS 51

Le ballet dirigé par le chorégraphe danois Hans Beck, comprend 30 danseuses, 18 danseurs et une école de ballet de IS fillettes et 14 garçons. M™" Gulbrandsen et Priée de Plane sont les deux étoiles de la danse.

Au bout de quinze ans de service les artistes jieuvent obtenir une pension alimentée par une caisse spéciale.

Le principal décorateur du théâtre est M. Thorolf Petersen; la peinture du décor lui est payée à raison d'une couronne Faune danoise la/e/îi carrée, c'est-àdire une surface équivalente à 63 centimètres de côté.

Les œuvres qui font le plus de recettes à l'Opéra de Copenhague sont celles de Mozart, de Wagner, Faust et Carmen ; Mignon suit et l'Orphée de Gluck a aussi beaucoup de succès.

Les œuvres des compositeurs danois August Enna, J.-P.-E. Hartmann et Cari Xielsen y sont fort goûtées.

Le répertoire meyerbeerien a cessé de plaire : par contre CivaUeria et Paillasse ont beaucoup de succès; les Danois reviendront un jour, je m'imagine, à Meyerbeer.

Voici ce que j'ai entendu au théâtre de Copenhague : d'ab'trd, Car/7îe?iqu on joue en grand opéra (il n'y a plus guère que dans les pays de langue française qu'on le joue encore en opéra-comique i puis les Maîtres Chanteurs et enfin Cavall''ria Rnsticana suivi de Paillasse.

^L Svendsen étant souffrant; la représentation de Carmen fut dirigée par M. Frédérik Rung(li.

(1) J'apprends que l'état de santé de M. Svendsen ne s"est malheureusement pas amélioré et qu'il a dû se démettre de ses fonctions. M. Run? l'a définitivement remplacé.

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