‹ La musique arabeChapitre 4 sur 14 · AT LE · texte numérisé non relu

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a obligé les savants de la cour à lui abandonner leur manteau en signe de défaite et à lever la main droite pour reconnaitre la supériorité de cette merveille du siècle, le khalife demande à Sympathie « si elle sait jouer des instruments d'harmonie et chanter en s’accompagnant ». On apporte un luth dans un étui de soie rouge terminé par un gland de soie jaune et fermé par une agrale d'or. « Sympathie, ditle conteur, appuyant l'instrument contre elle, se pencha comme une mère sur son nourrisson, tira des accords sur* douze modes différents et au milieu du ravissement général chanta d’une voix qui résonna dans tous les cœurs et arracha des larmes émues à tous les yeux ».

Le Khalifat, émerveillé, lui proposa d’entrer dans le harem, tellement il jugeait supérieure l'instruction de cette gracieuse personne.

Vous voyez donc que dans Les Mille et une nuits, dans ce recueil des récits populaires d’un peu de tous les temps et de toutes les origines, la musique est considérée comme le complément indispensable des sciences abstraites dans l’éducation d'un grand esprit et vous y trouverez sans doute la manifestation d’un sentiment qui jus- Lifiera à vos yeux les regrets que j'ai formulés au sujet du peu d'attention que les savants modernes ont donnée à la musique arabe.

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Il y a peut-être une apparence de raison à ce délaissement : c'est que nous n'avions pas encore trouvé, comme pour le Moyen-Age et

| pour 1 autres peuples, les monuments écrits qui auraient provoqué. les études et leur auraient servi de base.

Les Arabes, en effet, n’ont pe adopté de système de séméiographie

4 musicale.

En faisant cette constatation nous touchons à un des problèmes les plus curieux de l’histoire musicale. | Car on se demande comment il est possible qu’ un peuple Si don dont la civilisation avancée se manifesta dans le domaine scientifique et dans le domaine artistique par des siècles de splendeur. et

d'impérissables monuments, qui fit connaître l'antiquité classique au

Moyen-Age, dont les œuvres et les doctrines furent pendant 500 ans la subsistance intellectuelle des Universités d'Occident, comment

. il est possible que les Arabes n'aient pas pratiqué une notation

musicale et laissé, par l’artifice de l’écriture, à côté des paroles de leurs diwans, le texte musical de leurs mélodies traditionnelles. Cette lacune nous étonne plus encore quand nous prenons connaissance des ouvrages théoriques, très nombreux et très savants, écrits par les Arabes sur la musique et la poésie, sur les musiciens et leur biographie. :

Le côté purement mathématique de la musique y est étudié avec

les procédés les plus rigoureux de l’acoustique ; les lois de la métri- 2 <

que et du rythme y sont exposés avec une extraordinaire précision et une profusion inouie de détails.

Ainsi, AIF arabi (1 } et plusieurs autres auteurs avant lui, nous

(1) Kitabe’l- -Mousiqi, manuscrit d’'Abou-Nacr-Mohammed ben Mohammed PV

F arabi LSRRERANS de Leyde, manuscrit datant de l'an 943 del 1e 6; copie, | ‘4

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