‹ La musique aux Pays-Bas avant le 19e siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, mâitrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétique (volume 2)Chapitre 19 sur 45 · APOLLON. X · texte numérisé non relu

APOLLON. X

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MienJaiiu^slédi fîceparla

ment qui eut lieu en 1748, et Tannée 1749, qui figure au frontispice, soit qu'elle indique l'époque du retour de Charles de Lorraine ou simplement la date de l'impression de l'œuvre, ne saurait faire prendre le change à cet égard.

A coup sur, elle émane d'un musicien de talent. Le style de chaque couplet ou air a quelque chose de noble, qui empêche de le confondre avec les chants d'opéra proprements dits. Il est plutôt religieux que théâtral. La déclamation et l'expression des paroles sont convenablement observées. Chaque personnage a son langage distinct. Le caractère calme qui règne, d'un bout à l'autre de la pièce, ne permettait pas que l'harmonie fût ni riche ni variée. Il est possible toutefois que la symphonie pittoresque, interjetée entre les morceaux de chants, a fourni au compositeur l'occasion de renforcer le coloris de ses accords, et de donner un libre cours à son imagination. L'accompagnement se faisait d'ailleurs au clavecin, et une simple basse chiffrée suffisait pour guider le chant. Inutile d'ajouter que Pharmonie, bien qu'incorrecte parfois, décèle un musicien expérimenté.

Selon le goût de l'époque, le sujet du Retour désiré est symbolisé par des personnages allégoriques empruntés à la mythologie. L'intrigue est nulle; c'est le caractère du divertissement, de n'offrir qu'une suite de scènes plus ou moins bien raccordées, sans complication d'incidents. Les vers sont détestables, et n'ont pas même le mérite d'une prose régulièrement rimée.

Nous allons suivre un à un chaque morceau de la partition. Ils sont au nombre de dix, sans compter trois symphonies, autant de ballets et deux chœurs, qui n'ont pas été gravés et qui probablement sont perdus. C'est regrettable, car il eût été intéressant de voir comment le musicien s'est tiré d'affaire dans ces morceaux à orchestre, tandis qu'il ne nous est guère permis maintenant que d'examiner les parties de chant soli.

Presque tous sont des ariosi, offrant l'ancien type de la cavata et de Tair à da capo. La coupe est la même, à peu d'exceptions près. En général, la déclamation est excellente, et le puriste n'aurait que très-peu d'irrégularités prosodiques à signaler. Leur qualité distinclive est la simplicité.

Voici ces morceaux dans l'ordre où ils se trouvent dans la partition :

4 Le théâtre représente le temple de Jupiter, où la nymphe des Pays-Bas autrichiens paroît, qui chante Tair suivant :

La Nympue.

Grand Dieu de tous les Dieux, de qui dépend tout êlre, Des rois et souverains vous êtes seul le maître. La guerre désole tout; mais tout dépend de vous. Décidés de la guerre, juste Dieu, sauvés nous ! »>

Cet arietto, en mouvement lent, est d'une grande largeur de style, 11 y a de l'intérêt dans la basse. La partie chantante s'élève progressivement du ré au la, en insistant sur les mots trois fois répétés, de : « Sauvez-nous, juste Dieu ! » Nous ne serions pas étonné que l'auteur eût connu et étudié Haëndel. 11 en a un reflet.

« Symphonie accompagnée de trompettes et de timbales, au- «onçant quelqu'événement extraordinaire; sur quoi paroît Mercure, qui chante l'air suivant :

Mercure.

Cesse, cesse, nymphe aimable. Cesse les pleurs, tes soupirs :

Les Dieux te sont favorables, Tes malheurs doivent finir.

Mars n'étant pas indomptable, On arrête son courroux :

Une reine adorable A gagné les Dieux pour vous. »

Il n'y a rien de bien saillant dans ce petit morceau. L'agencement mélodique en est régulier, le rhythme accen-

tué, et la carrure irréprochable. Il ressemble, plus que tous les autres, aux airs en vogue du temps de Tauteur.

€ Jupiter descend du ciel environné de gloire, ayant à sa droite

Minerve, Vénus et Cérès, à sa gauche Apollon, Neptune et

Mercure.

Jupiter.

La guerre cruelle et ses foudres divers. Dont j'ai voulu punir l'univers, J'ordonne qu'ils cessent désormais en ces lieux, Ayant moins mérité la colère des Dieux. »

La mélopée que le musicien a mise sur ces paroles de Jupiter, a une allure grave et solennelle, quelque chose qui impose et qui émeut. Remarquez à la douzième mesure le trait descendant de la basse, de ré à so/, trait qui se reproduit identiquement, à la mesure suivante, en mouvement contraire. Dans tout ce passage, impératif et majestueux, on démêle une velléité impatiente, qui dépeint bien la physionomie morale du maître des dieux. Chantée avec l'emphase qu'on y mettait jadis, cette mélopée ne peut manquer de produire un effet saisissant.

« Apollok.

Du Dieu Janus l'édifice Par la paix sera fermé :

Désormais les sacrifices N'y seront plus encensés.

Une douce harmonie sur la terre Doit bannir la fureur de la guerre.

Le Dieu Neptune désormais Vous offre une riche paix. »

Voici un air à caractère dramatique, plein de mouvement, d'énergie et de fierté noble. Écrit pour une véritable basse-taille, il commence et finit par la note de 8ol, sur la première portée, avec la clef de fa, La carrure en est parfaite.

« Symphonie»

La ÎVvmphe.

Adorable, charmante paix, Unis nos cœurs, règne désormais.

De la guerre chasse l'horreur.

Fais nous jouir de tes douceurs.

Grand Dieu, que mon âme ressent Que rien n'égale vos jugemens !

La foudre de vos justes loix.

Calme les armes et les rois. »

Le musicien interjette ici une sorte de pastorale, comme contraste à ce qui précède. Cela est placide et doux, mais sans relief dans la mélodie. L'auteur semble avoir réservé ses moyens pour la strophe qui suit celle-ci :

a Premier ballet dansé par une troupe des habitants.

La Nymphe.

Mars finit et Bellone

A la Paix cède son trône :

L'empire de la Paix

Tout triomphant renaît.

Les lauriers des victoires

N'ont pas la douce gloire

Que ramène la Paix,

Puisqu'ils fument du sang

Que la fureur de la guerre répand. »

En effet, tout est ici plus solennel, plus éclatant. La mélodie écrite, à dessein sans doute, dans une gamme plus élevée, n'offre pourtant rien de caractéristique.

« Symphonie.

Minerve.

L'auguste souveraine, chérie De vous et des Dieux, Malgré la haine et l'envie, Vient régner en ces lieux.

Les arts, la raison, la sagesse, Ont élevé aux cîeux Leurs voix unis sans cesse, Et fléchi tous les Dieux. »

Cet arietto est conçu dans une forme qui s'écarte peu de la coupe consacrée, hormis une progression qui semble dépeindre « les arts élevant aux cieux leurs voix. » Les accents ont de la noblesse, de la dignité.

« VÉÎSUS.

Rien sur la terre

Ne peut plus vous plaire.

Que la Reine, que même l'amour

Vous donne à son tour.

C'est l'important mistère.

Quand la divinité vous dicte d'aimer (l'amour ?). »

L'auteur a visiblement réservé toute sa coquetterie de style pour ce morceau-ci. En effet, les traits légers et gracieux y abondent. Une série de vocalises, en triolets, lui sert de péroraison. C'était sans doute un air pour la prima donna du temps.

a Ballet, après lequel Minerve et Vénus présentent le portrait de rimpératrice-Reine à ses sujets; puis elles chantcat ce duo :

VÉNUS, Minerve.

Peuple, la guerre t'a désolé, Tes biens, tes terres sont récompensés : La Reine vous revient des mains des Dieux. Vous le voulés, se peut-il mieux? »

La formule reparait ici. Pourtant, après Taudilion de toutes les voix isolées, ce duetto doit faire de l'effet.

« Pendant qu'on danse.le troisième ballet, on orne le portrait de rimpératrice-Reine de fleurs; ensuite le chœur chante ce couplet :

Le Choeur.

Chère paix, remplie de gloire, Que les Dieux nous ont donné; Paix d'immortelle mémoire.

Tout par vous est redressé, Pour vous tout est ranimé.

Eternelle est votre gloire, Puisque des mains des Dieux On vous reçoit en ces lieux. »

Ce chœur manque. On le voit, la gradation est excellemment observée.

« La Nymphe chante l'air qui suit, au parterre :

La Nymphe.

Sonnés trompettes en ce jour, Mais sonnés pour plaire.

Annoncés la paix et Tamour, Qui renaissent à leur tour.

Guerriers, oubliés la guerre, Ne songez plus aux combats.

Faites la guerre à mille appas; Au lieu des armes et des tambours»

Aimés la paix, suives l'amour. »

A coup sur, voici un des airs le mieux ordonnés de l'ouvrage. II est regrettable qu'il n'ait pas plus de caractère. Signalons un mouvement continu dans les fonctions de la basse, où Ton semble entrevoir çà et là une intention d'imiter le carillon, à mesure ternaire, des églises.

a Le chœur, accompagné de trompettes et de timbales, répète les paroles qui suivent :

Que désormais Règne la paix, Et que nous conduise au bonheur L'objet chéri, En ce pays, Qui seul possède tous nos cœurs. »

Ce morceau d'ensemble, comme le précédent, fait défaut dans la petite partition. Il termine l'ouvrage de Charles- Joseph Van Helmont.

D'autres productions de ce musicien nous sont connues. Nous en avons trouvé dans un recueil manuscrit de Préludes et versets dans tous les tons, composés de divers auteurs, recueil qui porte au frontispice : « Ex libris Joannis Fran- » cisci Liban, sacerdotis necnon capellani ecclesise collegia- » lis DD. Michaelis et Gudilae Bruxellis, collegii minoris ï) Sancti Spirilùs Lovanii alumni. Anno 1764. j> Une partie de l'ouvrage porte la date 1766, avec le nom de Liban. En dehors des compositions émanées de Charles-Joseph Van Helmont, que nous énumérerons plus loin, les morceaux signés appartiennent aux musiciens suivants :

l'* Jean- Jacques Robson, maître de musique de l'église de Saint-Germain, à Tirlemont.

2° P.-J. Vanden Bosch, organiste de la cathédrale d'Anvers.

3" P. Vanden Driessche, organiste de Saint-Michel, à Louvain.

4° Kerckhoven, sans doute Jean-Baptiste Kerckhoven, taille de la chapelle de Charles de Lorraine, en 1745, 1746 et 1749, à moins que ce ne soit le suivant :

5** Vanden Kerckhoven, organiste du prince Charles de Lorraine. Il s'appelait Melchior, et nous le voyons cité avec le titre d'organiste, aux mêmes années que Jean-Baptiste Kerckhoven (t).

(1) C'est apparemment d'un de ses parents qu'il s'agit dans la pièce cicontre, laquelle démonire que le sort des musiciens attachés à la chapelle du souverain n'était souvent rien moins que précaire : « Jean-Philippe Vander » Kerkhoven et son fils, musiciens de la chapelle royale de cette cour, m'ayant «représenté, par la requête ci-jointe, que, nonobstant mon décret du 21 de «février dernier, ils n'auroient encore reçeu aucun payement de leurs gages, » ce qui les réduit à une extrémité des misères, j'ordonne iléraliveraent aux M ministres D. P. des finances, de leur faire payer, sans aucun dclay, à

6*" Vaoder Gaer.

7° J. Audisler, minime.

S'' J.-F. Libau, le collecleu»' du recueil, auteur d'un prélude dans le deuxième Ion, composé en 1763.

9° J.-B. Jaemaels, auteur d'une fugue écrite à Bâle.

10" C. Masson, auteur d'une double fugue tirée de son livre : Nouveau traité des règles pour la composition de la musique. Amsterdam, Etienne Roger, 4^ édition (i).

il"* P. Bréhy, auteur d'un prélude à plein jeu, dans le troisième ton, composé en 1734, et d'un prélude également à plein jeu, dans le quatrième ton.

Ce musicien pourrait être l'auteur de certains morceaux anonymes du même recueil, sur lesquels on lit : « Écrit par le maitre de dame Cécile Manock, en 1741. » Il s'agit ici d'une religieuse du couvent des Dames bénédictines anglaises de Bruxelles, pour lesquelles Bréhy, qui fut maître de musique à Sainte-Gudule, composa un recueil de répons pour la Semaine-Sainte, comme on le verra plus loin.

Ce que nous concluons de l'inspection de ce recueil, c'est que les organistes du XVIIP siècle étaient infiniment plus pédants que les nôtres. Il est vrai qu'aujourd'hui l'imagination joue un plus grand rôle. Jadis, on s'en tenait généralement à des formules souvent étroites et mesquines (2).

Les morceaux de Charles-Joseph Van Helmont attestent le faire d'un musicien solide. Ils sont au nombre de

"Chacun une année de leurs respectives gages. Bruxelles, 21 avril 1719. » î"o 80 \o du registre de la secrétairerie d"Etat et de guerre, aux Archive» du royaume.

(1) >'ous possédons la troisième édition, imprimée à Paris, chez Christophe Ballard, en 1703.

(2) C'est tout ce que nous en dirons, ne voulant pas empiéter sur un domaine que notre ami, M. Xavier Van Elewyck, de Louvain, exploite avec tant de zèle, depuis plusieurs années. Le recueil en question fait partie de kl belle collection de M. Robert Van Maldecbem.

neuf, savoir : i" Un prélude alla brève (i), dans le premier ton; 2° un prélude alla brève, composé pour le baron de Celles en 1754; 3'' deux préludes, dans le cinquième Ion; 4^ quatre préludes, dans le cinquième Ion, à plein jeu, dont un prélude de 1755; 5° une fugue dans le cinquième ton. Un verset porte : « Auctore P. J. Van Helmont » désignation fautive peut-être, mais utile, en tout cas, d'être mentionnée ici.

Là ne se bornent pas les productions de Charles-Joseph Van Helmont. Jean-François Liban a délaissé un catalogue des ouvrages de musique dont il fil racquisilion, et, dans ce catalogue que nous n'hésiterons pas à reproduire, à cause de l'intérêt qui s'y rattache ponr la bibliographie musicale, on remarque un Lauda Sion à quatre voix, de notre compositeur; c'est un motet qui probablement a été écrit avec accompagnement d'orgue et d'instruments à cordes, comme la plupart des autres motets qu'on y trouve. Nous suivrons, pour la publication de la liste de Liban, le même système que nous avons adopté pour la reproduction des listes de Jean-Baptiste Dandeleu, c'est-à-dire que nous ferons suivre d'une note concise chaque ouvrage inconnu aux musicographes, en prenant pour base d'information la Biographie universelle des musiciens, de M. Féti's.

Voici ce document :

LISTE DE MUSIQUE D'ÉGLISE APPARTENANT A J.-F. LIBAU, PRÊTRE DE SAINTE-GUDULE; ACHETÉE.

Six messes titrées : Chorus musarum, à 4 voix, 2 violons et orgue concertante, 2 cors, timballes, violoncelle ad libitum, composées par le célèbre Antoine Caldara, 1748; 2 parties imprimées.

(1) Alla brève élait la mesure à deux temps précipités, dont les Italiens se servaient dans les compositions alla capclla. C'est, croyons-nous, notre C barré actuel.

Six messes écrites par M. De Lange, de Liège, à 4 voix, 2 violons et orgue; 7 parties.

Auteur inconnu à M. Fétis. C'est probablement le même De Lange qui écrivit les arielles intercalées dans la comédie en prose de Du Perron : Nicctte ou l'École de la vertu, représentée à Liège en 1776.

La 6™^ messe de Breunich, écrite à 4 voix et orgue; 5 parties.

Auteur inconnu à M. Fétis.

Missa solemnis, à 5 voix, 2 violons, allo-viola et orgue; 9 parties. La plus belle de Jos. Hector Fiocco.

Ouvrage inconnu à M. Fétis. Ce ne peut être la messe que lauleur composa pour la Sainte-Cécile, en 1752, attendu que cette messe est écrite à 5 voix, 2 violons, par-dessus de viole, alto-viole, basse de viole, violoncelle solo et basse continue pour l'orgue. Joseph-Hector Fiocco était maître de chapelle de Téglise de Notre-Danre d'Anvers.

Missa solemnis à 4 voix, 2 violons, alto-viola et orgue; 9 parties, del signore Hector J. Fiocco.

Ouvrage inconnu à M. Fétis.

Missa à 4 voix, 2 violons, hautbois obligé et orgue; 9 parties, auclore Durante.

Missa à 4 voix, 2 violons, alto-viola et orgue; 9 parties, auclore Hamalle.

Lequel des Hamal, de Liège? En tout cas, Touvrage n'est pas mentionné par M. Fétis.

Missa solemnis à 4 voc, 2 viol, avec hautbois et orgue; 9 parties, auctore Durante.

Missa solemnis à 4 voc, 2 viol, et orgue; 8 parties, auctore N.

Missa solemnis à 4 voix, 2 viol., 2 corni ad libitum, cum organo; partes 12, authore Feo.

Ouvrage inconnu à .M. Fétis.

Partituer ou partition d'une messe à 4 voix. 2 viol., allo-viola et orgue, del s. R. J. Rottenburg. Achetée 2 sols. Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.

Missa : Rorate, à 4 v., 2 viol, cum organo; partes 28 ripieni, del signore Joan. Joseph Fux.

M. Fétis donne plusieurs messes à 4 voix de ce compositeur, quelques-unes même portant un titre; mais nous n'en voyons point avec la qualification de Roralc.

Missa : Confidentia, à A voc, 2 viol. conc. et organo; partes 12, del signore Giovanni Giuseppe Fux, maestro di capella di S. G. et R. Coll.

Même observation que pour l'ouvrage précédent. Missa brevis, à 4 voix et instruments, auctore Fiocco. OEuvre inconnue à M. Fétis.

Belle messe de morts en partition, par F. J. Gossec; coûte d i/â c. imp. (couronne impériale).

Asperges me et vidi aquam, à 4 voix et orgue.

Stabat mater dolorosa, partition de Pergolesi, à 2 voix, 2 violons, alto et orgue.

Stabat mater, à 5 voc, 2 violons, etc., partes 18, del signor J. P. Maier.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Félîs.

Lauda Sion, à 4 voc, 2 violons et orgue; del signor J. J. Fux.

Motel non cité par M Fétis.

Pange lingua, à 4 voix; partition et parties. Vexilla régis, à 4 voix, par Doudelet. Partition.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. Un Doudelet était premier violoncelle du théâtre de Bruxelles, en 1792, et, deux ans plus tard, nous trouvons un Dodelet avec le titre de maître de musique de la chapelle de Charles de Lorraine.

Vexilla régis, à 4 voix, sans instruments. Libéra me, à 5 voix et instruments.

Ecce quomodo moritur justus, in hebdomada sancta,à 4 voc; partes 9.

2 Litaniae de venerabili sacramento, à4voc : 1» de M*" Joseph- Hector Fiocco, 1727; et 2^» de P. Bréhy.

Les premières litanies sont inconnues à M. Fétis; les deuxièmes, ainsi que leur auteur, lui sont également inconnues. Voy. ci-dessus.

Lrtaniae laurettanae, à 4 voc, 2 viol., 2 tromboni, auctore

Petro Casati; partition, 1731.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. Est-ce un parent de Théodore Casati qui devint organiste de la cathédrale de Milan, en 1667?

Te lucis ante terminum à...., auctore Mat. Ocul, maestro di

capello di S. M. Eleon. imp. vidua.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis.

Partition de répons de la Semaine sainte, des Dames Bénédictines Anglaises, à 5 voix, par P. Bréhy.

D'après la destination de cet ouvrage, l'on peut croire que Tauteur, déjà cité précédemment, habitait les Pays-Bas.

Lauda Sion, à 4 voix, etc., autore C. J. Van Helmont.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. C'est le même musicien qui fait lobjet de ce paragraphe.

Veni Creator spiritus, à 4 voix, etc.

Le Deuni laudamus, auctore Hectore Fiocco.

Ouvrage inconnu à M. Fétis.

Aima Redemptoris, à 4 voix, 2 viol., i viola, organo, auci. J. J. Fax; partes 9.

Motet inconnu à M. Fétis.

Ave Regina en e/s, par Hector Fiocco, à 4 voix.

Motet omis par M. Fétis. Peut-être fait-il partie du recueil publié par Roger, à Amsterdam, eu 1750.

Ave Regina en 5/2, à 5 voix, par Antonio Fiocco. Motet inconnu à M. Fétis. Nous n'avons pu examiner s'il se trouve dans le recueil des messes, sans date, édité par Roger, à Amsterdam.

Ave Regina C (barré), à 4 voc, par H. Fiocco.

Même observation que pour VAve Regina, à 6/8.

Regina Coeli a 4, alla capella, del s. Fux; partes 18.

Composition inconnue à M. Fétis.

Salve Regina, ténor solo et org. de la s. arcli. : Madeleine.

Salve Regina, basso solo et org. composta... di sua maesta cesarca Carlo VI, re di Spagnia.

Il y a une lacune ici ou une mauvaise lecture. Il faudrait da pour attribuer ce molel à Charles VI.

In convertendo à 5 voc, 2 viol., 2 oboe, 2 corni, 2 trombe, col basso e timpauo, auctore F. Krafft; partes 47.

Nous ignorons auquel des trois Krafft, ayant pour prénom François, ce motet peut être attribué. François-Joseph Krafft a laissé un In Convertendo, cité par M. Fétis, sans autre indication, sinon qu'on croit que le morceau a été écrit en Italie dans un concours.

Partition : Apparet jam in alto monte, de F. Krafft.

Ouvrage inconnu à iM. Fétis.

Motet solemne : Cari Zephiri volate à 4 voc, 2 oboe, 2 corni, alto-viola e bassa, et la partition, de F. Krafft. Ouvrage inconnu à M. Fétis.

Dixit Doniinus, à 4 voc.

Confiiebor, à 4 voc, 2 viol., 2 oboe, 2 tromb. el organo, auctore Pergolesi; parles 12.

Laudatc piieri, à 4 voc, 2 viol,, 2 clar., 2 tromb.; parles 31,

auct. Maih. Oëlt, C?

Auteur et ouvrage inconnus a 51. Fclis. On a vu un Math. Ocid, à la fin de lu page 87. Lequel des deux noms est le véritable?

Laudale Dominum oranes génies, a 4 voc alla capella, ciel S. Maithia Oëlt C; parles 20.

Même remarque que pour Talinéa précédent.

Levavi oculos meos, a 4 voc, 2 viol., allo-viola et org., auct. J. J. Fiocco; parles 9.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Félis.

O sacrum convivium, à 4 voc. 2 viol, et paries 18. 0 salutaris hostia, à 4 voix et instrum. 0 Jesu tribulationera meam, à 4 voc et organo. Paslores gaudium annuntio vobis, à 4 voc, instr., del s. Rumplaig.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Félis.

Inspiramus ad te Jesu, in conlrapuncto , à 4 voc, instr. auctore domino sign. Prustmann; partes 17. Auteur et ouvrage inconnus à iM. Félis.

Heu! pcccatores, 4 voc, 5 violae, etc., e basso, del ... Sua M. C. Leopoldo I; partes 10, avec partition.

Titre tronqué.

Miserere, peccavi,à 4 voc, 2 violette; 9 partes, 1706. Fuge, cara anima, mundi gaudia, à 5 voix, alto, ténor, basso, et basso-viola, del s. Stephano; partes 6. Auteur el ouvrage inconnus à M. Fétis.

Laetare turba, tenore solo et instr., de Joan. Jos. Fux. Ouvrage non cité par M. Félis.

Conserva me, alto solo et instrum.

Desolata desperaia, canio solo, 2 viol., alto-viol., basso e organo, del s. Caldara.

Motet non cité par M. Félis.

Nociurna procella, canto solo, del Terradellas.

OEuvre inconnue à M. Fétis.

De placido torrenti, canto solo, del Pergolesi. OEuvre omise par M. Félis. 7

Jubilate, à 2 canti.

Confitebor tibi Domine, catito solo, del Fiocco. A solis ortu, cauto solo, de Bréhy.

Auteur el ouvrage inconnus à M. Fétis.

Venite, paslores, canto solo, de Bréhy.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis. Pour cet alinéa et le précédent, voy. aux pp. 87 et 88.

Partition de 9 répons de mort, par Jean J. Fiocco.

Auteur et ouvrage inconnus à M. Fétis (i).

Enfln, nous ne pouvons omettre plusieurs messes, citées sous le nom de Van Ile! mont, dans le Catalogue des musiques sacrées et des opéras délaissés par feu J. Borremans, ex-maitre de chapelle de l'église des SS, Michel et Giidule, etc., et dont la vente s'est faite en i8o9. Comme le prénom manque, il se peut qu'elles soient dues à Adrien- Joseph Van Helmont, son fils, qui lui succéda dans les fonctions de maître de chant de la susdite église. Cela est même probable, vu que la musique sacrée, figurant dans ce catalogue, appartient généralement à la fin du siècle dernier et à la première moitié du siècle actuel.

Charles-Joseph Van Helmont naquit à Bruxelles, le 19 mars 171o, et il y mourut le 8 juin 1790 (2). Inutile d'ajouter que ni M. Fétis, ni aucun biographe musical, n'en disent mot. 11 était allié aux maisons de Mérode et de Stassart. Le célèbre médecin, Jean-Baptiste Van Helmont, seigneur de Mérode, Royenborch, Oirschot, Gellines, etc., est un de ses ancêtres.

(i) Cette liste apparlicnl également à M. Robert Van Maldegliem. Nous renonçons à en homologuer la rédaction. Trois langues y sont confusément employées.

(2) Ces renseignements nous ont été fournis par noire ami, M. Félix Delhasse, qui a bien voulu se dessaisir en notre faveur de la rarissime partition de Charles-Joseph Van Helmont.

— yi

«leau Desquesues,

ClianJre tic Murguciilc de Parme, gouvernante dos Pays-Bas. — A la nioil de Gérard de Turnhout, arrivée en 1380, et non en 1594, il sollicite et obtient, grâce à l'intervention de la gouvernante, une prébende à Tournai. — Sa requête et la lettre de recommandation de Marguerite de Parme, — Jean De Ilam, choral de l'église de Soignies, est attaché à la chapelle d'Alexandre de Parme. — Lettre du prince à Henri De Ham, père du sopraniste. — Deux recueils de motets cl de chansons, de Gérard de Turnhout. — Compositions diverses citées dans un catalogue rarissime de 15G9.

Il y a diverses parlicularilés biographiques à recueillir dans les documenls que nous reproduisons ci-après. Ils concernent Jean Desquesnes et Gérard de Turnhout, deux musiciens dont la vie et les travaux sont très-imparfaitement connus. Procédons par ordre.

Augustin da Cruz, mentionné par M. Fétis dans la première édition de sa Biographie universelle des musiciens (i)^ rapporte, sans élayer son assertion d'aucune preuve, que Gérard de Turnhout mourut en 1594. Rien n'est plus inexact que cette date : il y a au moins treize ans à en rabattre. Gérard de Turnhout cessa de vivre au mois de septembre 1580. Maître de chapelle de Philippe II, il était en possession de deux bénéfices ; l'un à Tournai, l'autre à Aire, en Artois.

Parmi les postulants qui s'offrirent pour l'obtention de ces prébendes, il faut citer Jean Desquesnes. Il apportait, à l'appui de sa demande, le titre de chantre de la duchesse de Parme, et il avait su, par ses loyaux services, captiver les bonnes grâces de la gouvernante des Pays-Bas. Il fut secondé par elle dans sa démarche, et il en reçut une lettre

(1) Sept volumes de la deuxième édition, allant aux lettres scult, ont seulement paru jusqu'ici (octobre 1864).

de recommandation, fortement motivée, à l'adresse de son fils, Alexandre de Parme.

L'effet de cette gracieuse intervention ne tarda pas à se faire sentir. Le 51 juin 1581, une apostille favorable fut apposée sur la requête de Jean Desquesnes. Elle portait que la prébende de Tournai lui était conférée « par droit » de régalle. »

Tout ce que Ton savait auparavant de Jean Desquesnes, c'est qu'il est l'auteur d'un recueil de MadrigaU, imprimés à Anvers en 1591. Des conjectures, assez hasardées, avaient dû suppléer à ce défaut d'informations.

Marguerite de Parme se plaît à l'appeler « mio cantore, » et son insistance prouve que le musicien avait des qualités sérieuses pour être traité sur le même pied que Gérard de Turnhout, un compositeur de grand talent. Nous ne serions pas étonné de voir surgir un jour, de l'une ou l'autre collection privée, une production de Desquesnes antérieure à sa nomination au bénéfice de Tournai. Voici, en attendant, sa requête :

« Au Roy,

ï Remonstre très-humblement Jehan Desquesnes, musicien de Son Altèze, que, par le irespas de W Gérard Turnhout, maistre de la chapelle de Vostre Majesté, seroient demeurez vacantes deux prébendes, assçavoir : l'une en la ville de Tournay, et l'autre en la ville d'Aire, à la libre disposition de Vostre Majesté. A cause de quoy le remonstranl supplye très-humblement que Vostre Majesté soit servye luy vouloir conférer lesdictes deux prébendes, en ensuyvant les lettres de faveur de Sadicte Altèze, ensemble de la déclaration de l'audiencier de Vostredicle Majesté, que lesdictes prébendes ne sont encores conférées. Quoy faisant, ledict remonstrant prieray le Créateur pour la bonne et heureuse prospérité de Vostre Majesté, et de luy en faire despescher lettres, etc. »

A la marge supérieure : « Fiat. Lettres de collation de ceste prébende, par droit de régalle, vaccant le siège de Tournay, au prouffict du suppliant. Faict à Mons, le dernier juing 1581. »

La lettre de recomniaiulation, qui y était jointe, est de la teneur suivante (i) :

« IlLUSTRISSIMO et ECCELENTISSIMO SIGNOR, FIGLIUOLO AMATISSIMO.

B Desidero niolto che da vol sia favorito Gian Desqiiesnes, mio canlore, et parlicolarmente nella sua prelensione contcnula neir incluso memoriale. Vi prego dunqne a favorirlo di maniera che egli ne riceva qualche frntlo di che vi havero obbligo. Con che facendo fine, vi prego da Iddio ogni felicilà et contenlo. Di Namiir, al dj xxij di giugno 1581.

D Vostra madré, » Margarita. »

A la marge inférieure : « Al signor principe, per Gian Desquesnes. » Suscription : « AU illuslrissimo et eccelentissimo signor, ligliuolo amatissimo, il signor principe di Parma et Piacenza. »

Peu de temps après, le prince de Parme empruntait à réglise de Soignies, un jeune choral, nomme Jean De Ham, pour l'attacher à sa chapelle. Le père du sopranisie, Henri De Ham, qui faisait le métier d'escrinier à Nivelles, s'était ému de ce déplacement, parce qu'il craignait que son fils ne fût envoyé en Espagne. Pour le rassurer, le gouverneur des Pays-Bas le manda près de lui, par une lettre affectueuse, datée du 31 juillet 1581, et que nous tenons à reproduire :

i Alexandre prince de parme et de plaisance, lieutenant

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