GOUVERNEUR ET CAPITAINE GENERAL
» Gher et bien amé, vous aurez entendu comme nous avons fait tirer vostre filz Jehan hors Téglise de Songnyes, où il servoit de choral, ce qu'avons fait en intention, non de l'envoyer en Espaigne, comme vous présupposez, ains pour le tenir lez nostre personne; et, pour ceste cause, désirons que venyez au plustost icy vers nous, où vous aurez toute raison de contente-
(1) Ces deux pièces se trouvent aux Archives du royaume, parmi les papiers d'Étal et de raudicncc.
înent. A tant, cher et bien amé, nosire Seigneur vous ait en garde. De Mons, le dernier de juillet 1581.»
Souscription :« A ung Henri De Ham, escrinier demeurant à Nyvelles. »
Ce (lociimenl est conservé, en minute, aux Archives du royaume, dans la collection des pnpiers d'État et de l'audience.
Retournons un instant à Gérard de Turnhout, pour citer de lui deux recueils de motets et de chansons pour voix et pour instruments, recueils qui ont été imprimés à Louvain en 1569, et que M. Félis paraît n'avoir point connus. Voici le titre du premier : Tricinia sacrarum ac aliarum cantiomim, (am viva voce quam instrtimentis cantatii commodissima, authore Gerardo à Turnhout. Lovanii, apud Petrum Phalesium; in-4''. Le titre du deuxième recueil est : Sacrarum aliarum cantîonum trium vocum liber itnus, authore D. ac M. Gerardo à Turnhout. Lovanii; in-4°.
Nous empruntons ces renseignements à un rarissime opuscule que l'on conserve aux Archives du royaume, et qui porte pour titre : Catalogiis librorum a mmdinis quadragesimalibus Francofurti anno 1 b69 celebratis, ad nundines autumnales ejusdem anni, tum recens editorum, tiim accessione quadam auctorum index, etc. Francofurti ad Moenum, apud Georgium Corvinum, 1569, in-^"*.
Il nous paraît important de citer les autres ouvrages musicaux de 1o69 que Ton y rencontre : ces données bibliographiques enchérissent sur ce que l'on savait déjà.
LJBRI WUSICI
Cantiones latinae, quas vulgo motela vocant, quatuor vocum, etiani instrumentis musicis attemperatae , authore Ivone de Venlo, illustrissimi principis domini Guilhelmi , ducis Bavarico, sacelli magistro. Monaci, in-4°.
M, Félis ne cite qu'imparfaitement le titre de ce recueil.
Neuwe GcsSng mit 4 stimmen, Teutschc uncl Latcinisch, durch Mathiam Gastritz componiert. Nûrnbcrg, bey Ulrich Neuvvber, in-S" obi.
L'épilhèle neuwe est omise par M. Fétis, dans la reproduction de ce titre.
Excellentissimorum aliquot musicoruni selectae cantiones gallicae, harmonicis nnmeris suavissimis adornatae; authoribus. Clémente non Papa, Crequilone, Petit Jan, et aliis. Très libri trium vocum. Lovanij, apud Petrum Phalesium, in-^".
Recueil inconnu à M. Fétis.
Der ander Heil der Teutschen Psalmen Davids, mil 4, 5 und 6 stimmen, componiert durch Georgium Weber. Getruckt zu Mûlhausen in Thûringen, in-4°.
Recueil omis par M. Fétis.
Valentini Greffi Enger, Panuonij, flarmoniarum musicarum in iisum testudinis pars prima. Ant[v]. apud Ant. Tifen.
Recueil inconnu à M. Fétis.
Di Jean Castro, il primo libro di madrigali, a tre voci. In An versa, in-4°.
M. Félis cite un recueil de madrigaux et chansons de cet auteur, de 1569, mais sans parler de la subdivision en livres, ni du formai.
Chansons, madrigales et motetae, à quatre, 5 et 6 parties, composées par Noé Faignient; in-4°, en Anvers.
La désignation du format a été omise par M. Fétis.
Recueil des fleurs produictes de la divine musique, à trois parties, par Clemens non Papa|, Thomas Cricquilion , etc. A Louvain, in-4°.
iMême remarque.
Der gantz Psalter Davids | wie derselbig in Teutsche Gesâng verfastzt | mit vier Stimmen von neuweu gesetzt | durh Sigmund Ilemmelen | Wintenbergischen Capclimeister. Getruckt zu Tùbingen, in-4''.
Même remarque.
Garmina italica, gallica et germanica, ludenda de cythara, per M. Syxtum Kargel; in-4''.
L'année et le format manquent dans iM. Félis.
Nova et elegantissima italica et gallica carmina, in testudinc
caneuda, in tablaturam translata, per M. Syxhim Kargel. Moguntiae, Fiantz Behem, in-f''.
Ce litre diffère radicalement de celui que donne M. Fétis.
Madrigal! di Giovamij {sic) Antonio De Prago, 4 vocum. L}on.
Auteur cl ouvrage inconnus à M, Félis.
fabio IJrsillo,
Célèbre joueur d'ai*chilulh de la première moitié du XVIIIe siècle. — Lacunes dans sa biographie. — 11 est nommé, vers 1723, musicien particulier de révéque de Tournai, et il conserve ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée probablement en 1759. — Procès que sa veuve intente à ce prélat. — Extrait du conseil privé, qui le concerne. — Le différend se vide, selon toute apparence, par un arrangement à Tamiable.
Fabio Ursillo, romain de naissance, était un des plus célèbres joueurs d'archiluth de son temps (i). Habile également sur le violon, la fliile et la guitare, il a laissé d'excellentes compositions pour ces instruments. On a publié de lui à Amsterdam, en 1748, trois œuvres de trios pour deux violons et violoncelle, et deux œuvres de sonates pour la fltile. Ses principales productions sont trois concerti grossi et des fantaisies pour l'archiluth.
Voilà tout ce que les biographes ont pu recueillir sur ce musicien habile. Bien que né sur le sol étranger, nous n'hésitons pas à lui accorder ici une place honorable, à cause du long séjour qu'il a fait dans les Pays-Bas, et notamment dans le Hainaut, où des traces nombreuses de ses travaux se découvriront certainement, quand on aura achevé le dépouillement méthodique de tous les dépôts d'archives de cette province.
(1) On sait que l'archiluth était monté de vingt cordes, accordées deux par deux, ù l'unisson.
li suffîl, pour le moment, de conslaler ce séjour, et d'y joindre les laconiques, mais curieux renseignements, qu'un extrait du protocole du conseil privé, conservé aux Archives du royaume, nous fournil sur la carrière de Fabio Ursillo.
Vers 1725, il fut nommé musicien particulier de l'évéque de Tournai. Il resta au service de ce prélat pendant trente-quatre années consécutives.
En 1759, qui fut probablement l'année de la mort de Fabio Ursillo, sa veuve crut devoir réclamer l'indemnisation de la table et du logement que François-Ernest s'était engagé, par contrat écrit, de donner au musicien, durant tout le cours de la gestion. Mais, il parait qu'elle n'obtint point satisfaction devant les tribunaux, comme nous le verrons plus loin.
Si, comme le dit vaguement M. Fétis (i), Fabio Ursillo naquit au commencement du XVIII^ siècle, il doit avoir été bien jeune en venant se mettre au service de l'évêque de Tournai. Peut-être a-t-il été emmené de Rome, dans l'un des voyages du prélat. En ce cas, il y a lieu de croire que c'est dans les Pays-Bas qu'il acquit la renommée que les biographes lui assignent.
Reproduisons en entier l'extrait du protocole du conseil privé :
a M. Stassart rapporta que la veuve Fabio Ursillo demande qu'il soit ordonné au grand conseil d'accélérer, pro Deo, la cause qu'elle y soutient contre l'évêque de Tournai, pour l'obliger à lui payer la table et le logement' de feu son mari, pendant trente-quatre ans qu'il a été attaché à son service, comme musicien , en suite du contrat que ce prélat avait fait avec lui. Le conseil chargé, par décret du 28 de ce mois [de mars], d'informer Son Altesse Roiale de son sentiment, par extrait du
(1) Biographie universelle des musiciens, U^ édition.
protocole, résolut de lui proposer d'envoier la requête de la suppliante au grand conseil, pour y prendre tel égard qu'il trouvera convenir, puisqu'il appartient au juge chargé de l'instruction d'une cause, d'accorder ou de refuser le Pro Deo. » En marge : « Sur recours de la veuve Fabio Ursillo, qui demendoit le Pro Deo pour plaider contre l'évéque de Tournay, d'u chef des conditions faites à feu son mari, musicien de ce prélat. »
D'une autre main : a Résolu de laisser cet extrait sans résolution. D
On voit, par Tapostille ci-dessus, que le procès que la veuve de Fabio Ursillo voulut intenter à l'évéque de Tournai, ne fut pas entamé. Ce qui tend à confirmer ce fait, c'est l'absence de toute pièce y relative, aux Archives du royaume. La requête a disparu, et l'on en est réduit, pour tout renseignement, au document que nous venons de mettre sous les yeux du lecteur. La veuve aura-t-elle du renoncer à la poursuite de l'affaire, faute d'avoir obtenu un Pro Deo? Un arrangement à l'amiable a-t-il été conclu entre elle et l'évéque tournaisien? Cela est assez probable.
XVIÏI.
«Vcan Okeghem,
Premier chapelain du roi de France Charles VIII, arrive dans les Pays-Bas, en 1484. — Ce qui donne lieu à ce voyage. — II est reçu, avec de grands honneurs, à Damme et à Bruges. — Pourquoi a-t-il visité Damme d'ahord? — Premier emploi de la qualification de « prévôt de Tours, » pour désigner le célèbre musicien. — Lacunes qui existent dans les archives communales de Bruges. — Déploralion d'Érasme sur la mort d'Okeghem.
Le père du contrepoint, Jean Okeghem, qui remplit, comme on sait, les fonctions de chapelain du roi de France Charles VHI, revint, en 1484, dans les Pays-Bas, très-vraisemblablement son pays natal. Il ne sera pas sans intérêt de savoir ce qui l'y amena et quelles furent les villes qu'il honora de sa présence.
En \iSit divers envoyés français furent dépéchés en Flandre, « pour la pacificalion du duc Maximilien et des » Flamens, touchant la manhurnye et gouvernement que » ledit duc maintient à luy appartenir de la personne de » monseigneur le duc Philippe, son fils (i). » Le 19 mai 1484, le grand bâtard de Bourgogne se rendit à Bruges, où il fut reçu avec les honneurs dus à son rang. Il venait, au nom du roi Charles VIII, tenter un dernier effort pour le rétablissement de la paix. Puis, arrivèrent les évêques de Reims et d'Orléans, qui traversèrent différentes villes de la Flandre, et notamment celle de Grammont, où leur présence est signalée par les comptes communaux (2). La duchesse d'Orléans visita la même ville, au mois de septembre (3), après avoir séjourné, pendant quelque temps, à Bruges (4). Enfin, Jean Guérin, maître d'hôtel de Charles VIII, se trouva à Ypres en la même année (b).
Une alliance étroite entre la France et la Flandre fut signée le 25 octobre 1484.
C'est pendant les préliminaires de ce traité, qu'Okeghem passa dans les Pays-Bas. Profita-t-il, pour faire ce voyage, de la mission confiée aux personnages dont nous venons de parler? Fit-il partie de l'escorte de l'un d'eux? Il y a lieu de le croire, et si l'intervention de l'évêque de Paris
(t) Registre des séances du conseil de Charles VMI. Extrait reproduit par M Kervyn de Lettemiove, dans son Histoire de Flandre, t. V, p. 359.
(2) « Ghepresenleert, den eersten dach van meye, myncn heere den biscop van Remen ende den biscop van Lyons, aïs commissarise ende ambassadeurs van den coninc van Vranckeryke, vj cannen wyns de drie beaunen van ix s. den stoop, ende drie cannen rynsch van x s. den stop, iiij lib. v s. vj den. « (Comptes de la ville de Grammont, de l'année 1484).
(5) « Ghepresenteert, den xviijen dach van september, mer vrouwen van Orliens, tien cannen wyns, de v cannen beaunen, viij s. den stoop, ende dander vive rynsch van viij s. den stoop, vj lib. » {Id.).
(4) Comptes de la ville de Bruges, de rannée liSi, f» H8.
(5) « Jan Guérin, hoofmeestere van den coninc van Vrankcryckc, twcc cannen wyns. » (Comptes de la ville d'Vprcs, de Tannée 1484).
a élé mise à profit par Charles Vllï, il est permis de conjecturer que le savant musicien aura élé attaché à la suite du prélat.
Okeghem arriva à Damme le 8 août 1484. Pourquoi visila-l-il Damme d'abord? Remarquons que sou passage n'est constaté dans aucune autre ville voisine de Bruges. Cette préférence pour Damme ressemblerait-elle à celle que Gaspard Van Weerbeke eut pour Audenarde, son lieu natal (i)? Okeghem serait-il venu par mer?
Il avait emmené quelques amis, peut-être des chantres de la chapelle du roi de France. Le magistrat leur offrit, selon l'usage, quatre lots de vin. L'extrait suivant des comptes de Damme le prouve :
« Item, den viij^° dach vander zelver maendt [oust], ghephresenleirt mijuen heere de provost van Tours, eerste capellaen vanden Coninc van Vranckerijcke, hier commende met zijnen gheselcepe, iiij kannen wijns van vj groots deu sloop; comt ij liv. viij s. paris. »
Pour la première fois, que nous sachions, Jean Okeghem est qualifié, dans nos archives, de « prévôt de Tours. » C'était une sinécure que le roi de France lui aura octroyée pour se l'attacher plus étroitement, non moins que pour récompenser ses services.
A Bruges, où le grand musicien arriva le lo août, les chantres de l'église de Saint-Donat le fêtèrent avec un si grand empressement, dit M. Kervyn de Lettenhove, qu'on croirait retrouver en lui leur compatriote et leur condisciple :
(1) Nous parlerons plus loin de ce maîlre distingué. Il nous serait facile de citer de nombreux exemples de compatriotes, de Flamands surtout, qui, parvenus à un certain rang à l'étranger, ont tenu à revoir leur lieu natal. Choisissons au hasard :
« Olivier den Donckere , alias Salart, ende Olivier zinen zone, grootvalckenecre van den coninc van Vranckerjk, die tAelst commci.» Nvaeron zine vriende visilheren, wacren giicsconckcn iij kannen wyns, als boven; es XXXIX s. I den. » (Comptes de la ville d'AlosI, de Tannée 1486).
« Sex cannae vini, pro subsidio sociorum de niusica, in coena facia domino thesaurario Turonensi, domino Johanni Okeghem, primo capellano régis Franciae, musico excellentiSvSimo, cum suis (i), 1)
Non seuleinenl nous ne retrouvons point sa présence dans aucune ville des environs de Bruges, mais elle n'est constatée nulle part ailleurs, en Flandre, ni à Ypres, ni à Cour- Irai, ni à Audenarde, ni à Alost, etc. Il eût été intéressant de voir son nom inscrit dans les registres spéciaux des vins de présent de la ville de Bruges. Nous eussions pu savoir peut-être pourquoi il vint, en définitive, dans la grande cité flamande, et quels étaient ses compagnons de voyage. Parmi le nombre, on eut signalé vraisemblablement d'autres compatriotes. Par malheur, le registre de 1484-, échappé à la destruction de la collection presqu'entière, ne commence qu'au i" septembre (2), et celui qui le précédait n'existe plus.
On connaît la curieuse déploration de Crétin, sur la mort d'Okeghem. On connaît moins celle qu'Erasme a consacrée au fameux musicien. Nous ne résistons point à l'envie de la reproduire ici, d'abord parce qu'elle émane d'une grande célébrité littéraire, ensuite parce qu'elle apporte quelques variantes au concert d'éloges qui retentit, de toutes parts, au décès de l'éminont compositeur. La voici :
JOANNI OKEGO, MUSICO SU.MMO.
Ergo ne conticuit Vox illa quondam nobilis, Aiirea vox Okegi?
Sic musicae exfinclum decus?
(1) Kervyn de Lettenhove, Histoire de Flandre, t. V, p. 46. Extrait des Acla capitularia Sancli Donalii, du 15 août 1484-.
(2) On y rencontre cette mention laconique : « Aen eene heere uut Vrankrycli; » mais elle nous paraît trop vague pour pouvoir être appliquée à notre personnage.
Die âge, die fidibus Trisles Apollo naenias.
Tu quoque, Calliope, PuUala cum sorori])us Funde pias lachrymas.
Lusete, quotquot musicac Dulce rapit studiiini :
Virumque ferle laudibus.
Artis Apollineae Sacer ille Phœnix occidit.
Quid faeis invida mors?
Obmutuil vox aurea Aurea vox Okegi, Vel saxa flectere effîcax, Qiiae tolies liquidis Et arle flexilibus modis Pcr sacra recta sonaus, Dcmulsit aures cœlitum Terrigenuumque simul Penilusque movit peclora ?
Quid faeis invida Mors?
Vel hoc iniqua maxime, yEqua quod omnibus es.
Sat erat tibi promiscuè Tollere res horainum, Divina res est musica, Numina eur violas?
Nous emprunlons celle élégie, digne de Tibulle, au deuxième tome de l'inléressant recueil inlilulé : Delitiae poetariim belgkorum, hiijus superiorisque aevi illustrium, collectore Ramitîo Ghero, Francofurli, 1614, 4 vol. in-16. Elle y figure, à la p. 276, parmi les miscellanea d'Érasme.
George Ulessaus,
Musicien de la première moitié du XVIlIe siècle. — Il est l'auteur d'un recueil de Cantiones sacrae, imprimées à Anvers en 1635. — On y voit, entre autres, qu'il fut maître de chant de l'église de Sainte-Walburge, en la susdite ville. — Son épître dédicatoire adressée à Claude de Hennin, seigneur de Corionville, et musicien distingué. — Contenu du recueil,
George Messaus, musicien de mérite, qui vivait dans la première moitié du XVII^ siècle, n'avait attiré jusqu'ici l'attention des musicologues que par deux motets de sa composition publiés dans le Palnim miisiciim, en 1654. On lui doit pourtant encore un recueil de chants religieux pour les principales fêtes de l'année, et qui vit le jour, en 1635, à Anvers. En voici le titre :
Cantiones sacrae praecipiiis anni festis accomodatae, octo vociim, cnm missa maiali, à II, tam vocibus quam inslriimentis, ciim basso continuo ad organum, auctore Guîlielmo Messaus , phonasco ecclesiae parochialis S. Walburgis , Antverpiae, Antverpiae, apud haeredes Pétri Phalesii, lypographi musices, M. D.C.XXXV; in-^^de pp. 40 (pour la partie de ténor, la seule que nous connaissions).
George Messaus fut donc maître de chant de l'église paroissiale de Sainte-Walburge, à Anvers. Ses Cantiones parurent sous les auspices de Claude de Hennin (ou de Haynin), seigneur de Corionville, musicien distingué, à en croire Messaus, et digne non seulement d'être compté au nombre des principaux artistes de l'époque, mais même d'être mis en parallèle avec ceux d'un âge plus reculé.
Cela résulte d'une épître dédicatoire de Messaus à son protecteur, qui, on le croira sans peine, fut l'élève de notre musicien. Voici celte épître :
« NOBILI ATQUE ILLUSTRI VIRO, D. ClAUDIO DE HeNNIN, DoMINO DE CORIOiNVILLE, PATRONO MEO COLENDISSIMO.
» Scientia omnis sicut hostem non hahet (ut vulgata fert paroemia) nisi ignorantem ; ita non facile defensorem sincerum inveniet, nisi illius scientem. Quapiopter cuin adversus promptam ubique Zoilorurn calumniam patronum huic operi quaererem, tui illico, nobilis Domine, in mentem venit. Quippe qui in arie musicâ usque eo excellis, ut non solum inter aevi nostri praecipuos locum merearis, sed cum multis eliam veterum contendere possis : neque aut sorte tuâ aut génère indignum judicas eam excolere artem, quae Deos eliam cultores et auctores meruit. Patere igitur ut hi ingenii nostri foetus sub nominis tui tutelâ in lucem prodeant : tum musices ipsius causa, quam inter primos et diligis et calles, tum etiam mei, qui prima tibi ad illam rudimenta monstravi. Ita enim fore confido, ut nemo aut maligne detreclare audeat cui nomen tuum praefixum videril; aut fastidiosè contempturus sit, quod judicio ttjo probari conspexcrit. Antverpiae, M. D. C. XXXV.
» Dominationis tuae eternum dévolus cliens,
» GuiLIELMUS MaSSAUS. »
Claude de Haynin, seigneur de Corionville, par relief du 4 juillet 1633, élait fils de Jacques de Haynin, seigneur des Grand et Petit Fayt et de Rose Hennuyer. Il résidait habituellement à Anvers, où il fut enterré en l'église de Saint-André, avec la dame son épouse Sara Peeters (i). Leur épitaphe doit être publiée dans les Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers.
Pour le contenu du recueil, on en jugera par la table suivante :
1. De S. Claudio : Gaudeamus. — 2. In festo Nativitatis Domini : Hodie Christus natus est. — 3. ïn festo Circuncisionis Domini : Magnum haereditatis. — 4. In festo Purificationis B. Mariae : Hodie Beata Virgo Maria. — 5. In festo Annun-
(1) F. -Y. GoETHALS, Miroir des notabililcs nobiliaires, arliclc de Haynin.
tialionis B. Mariae : Gabriel Augelus. — 6. Tempore Passionis Doinini : Tenebrae facta siint. — 7. In feslo Resurreclionis Domini : Et respicientes. — 8. De Ascensione Domini : 0 Rex gloriae. — 9. In feslo Pcnfecostes : Hodie completi snnt. — iO. De SS. Trinitate : Te Denm Patrem. — 11. De venerabili Saoramento : 0 sacrnm convivium. — 12. In festo Nativitatis S. Joannis Baptislae : Puer qui natus est. — 45. In festo SS. Aposlolorum Pétri et Pauli : Hodie Simon Petrus. — 44. In festo Visitationis B. Mariae : Benedicta tu inter muiieres. — 45. In festo S. Mariae Magdalenae : Pater superni luminis. — 46. In festo Sancti Lanrentii : Beatus Laurentius. — 47 In festo Assumptionis B. Mariae : Gaudete. — 48. In festo Nativitatis B. Mariae : Nativitas tua. — 49. In festo S. Michaelis Archangeli : Factum est silentium. — 20. In festo omnium Sanctorum : 0 quam gloriosum. — 21. In festo S. Caeciliae : Cantantibus organis. — 22. In festo Conceptionis B. Mariae : Tota pulchra es. — 23. Missa niaij, à II. — 24. Salve Regina. — 25. Ave Maria. — 26. Regina Coeli. — 27. Laudes venerabilis Sacramenti. — 28. Nunc dimittis.
A la dernière page, se trouve un canon à neuf voix, accompagné d'une basse en pédale, pour cloches, basson ou autres instruments.
Guillaume Du Way^
Illustre compositeur de la fin du XIV'' siècle. — Recîificalion d'un passage de Tabbé Baini, où M. Félis avait cru voir la date de la morl du musicien, à Rome. — Il est prébendier de Téglise de Saint-Donat, à Bruges, sept ans plus lard. — Inductions à ce sujet. — Sa famille est-elle flamande ou wallonne?
D'après M. Fétis, Tabbé Baini a pu constater, à l'aide des archives de la chapelle pontificale, que Guillaume Du Fay, le célèbre musicien, fut attaché à cette chapelle, en qualité de ténor, dès l'année 1580, et qu'il mourut, revêtu de ces fonctions, en 1452.
N'y a-t-il pas lieu de revenir sur la dale du décès de Guillaume Du Fay? Nous le croyons.
En effet, nous n'avons pu découvrir, dans Baini, le passage intégral reproduit par M. Félis. En certain endroit de son remarquable ouvrage sur Palestrina, Baini se borne à dire que Du Fay fut ténor de la chapelle apostolique, de 1580 à 1452 (i). Or, cette dernière date peut avoir été celle de la retraite de l'illustre compositeur. Du Fay peut avoir alors quitté l'Italie, à un âge très-avancé, pour venir occuper, dans son pays natal, un poste purement sinécurial, auquel des services antérieurs auront vraisemblement donné droit.
C'est ainsi que nous le rencontrons sept ans après à Bruges, parmi les possesseurs de la vingt-quatrième prébende de l'église cathédrale de Saint-Donat. En 1459, il succède à Guillaume De Mcyere, et en 1446, qui est probablement l'époque de sa mort, il est remplacé par Nicaise de Puteo (2).
Dans VArs contrapiincti, de Tinctor, lequel fut écrit en 1476, Guillaume Du Fay est cité parmi les compositeurs morts récemment (novissimis temporibus vitâ fimcti). Or, Okeghem, entre autres, s'est glorifié, dit Tinctor, d'avoir eu pour maître Guillaume Du Fay. Il n'a pu naître, au jugement de M. Fétis, avant 1425. Conséquemment, si Du Fay est mort en 145o, il n'a pu en faire son élève. Et où Du Fay aurait-il enseigné Okeghem, sinon dans les Pays-Bas? car ce dernier n'alla point, que nous sachions, à Rome. Avec la date de 1446, assignée au décès de Du Fay, tout s'explique, tout se justifie.
(1) « Guglielrao Du Fay, cappellano cantore, tenore délia noslra capella aposlolica d'ail' anno 1380 al 1452. » Baini, Mcmorie storico-critiche délia vila e délie opère di Giovanni Pierluigi da Palestrina, etc., t. Il, p. 400.
(2) [FopPEJiS et Arents], Compendium chronologicum episcoporum Brugensium, nccnon praepositorum, dccanorum et cajtonicoriim, etc., ecclesiae cathedralis S. Donatiani hrugensis. Brugis, 1731, in-l2, p. 176.
Si ridenlilé du personnage, cité dans le Compendhmi de Foppens el d'Arents, se vérifie dans la suite, ce dont nous ne doutons nullement, les conjectures relatives à son nom de famille, à son lieu natal el à son éducation musicale, vont pouvoir s'asseoir sur des arguments moins débiles que ceux qui ont été produits jusqu'ici. Bornons-nous à remarquer que plusieurs Flamands au XV^ siècle, notamment à Bruges, ont porté le nom de Du Fay. Conséquemment, la question de savoir si notre musicien est wallon ou flamand, reste indécise. Il est vrai d'ajouter que Bruges, au susdit siècle, relevait du diocèse de Tournai, et que les familles Du Fay sont particulièrement nombreuses dans le Hainaut.
Jacques Briinean,
Maître de cliant à l'église de Saint-Bavon, à Gand. — Chants composés par lui, en 1577, à Toccasion de l'arrivée du prince d'Orange en cède ville, — Cantiques qu'il écrit en 1566, pour la confrérie de Notre-Dame aux Rayons. — Il dirige une messe chantée en l'honneur du Saint-Esprit. — Ses productions, vraisemblablement dignes d'intérêt, onl-elles été conservées? — Compositions de Joseph Doykin, chantre à Gand, en 1496.
En 1577, lors de l'arrivée du prince d'Orange à Gand, il y eut, entre autres démonstrations joyeuses, des cbants d'ensemble, à l'exécution desquels concoururent les meilleurs musiciens de la ville. On lit, à ce sujet, dans les comptes communaux de la grande cité flamande (i).
« Betaelt raeester Bruneau, zangmeester, 2 ponden gr., hem toegeleit melten andere gesellen, zangers en musiciens, voor haer moelle gedaen in 't zinghen ende siellen van diversche musicale liedekens ter eere vander blijde incompste van Zijnen Exellentie mijnheer den prince van Oragnie , als mevrouwe de princesse, etc. »
(1) Ph. Blommaert, Geschiedcnis dcr Rhctorykkamer de Fonfcynele Gent, etc. Cent, 1847, p. 56, note 2me.
Ce maître Bruueau, qui contribua à embellir, par sa voix et ses compositions, Tenlrée solennelle du Taciturne à Gand , n'est autre que Jacques Bruneau , directeur de la maîtrise de Téglise de Saint-Bavon, en la même ville. Nous le rencontrons d'abord, en 1562, dans le Vaderlandsch Muséum (i), où un document constate que le gouverneur Don Juan d'Autriche devait au musicien la somme de 82 livres, iO sols de gros.
Puis, les archives de la confrérie de Notre-Dame-aux- Rayons, établie dans l'église de Saint-Bavon, le mentionnent, en 1566, comme auteur de cantiques spécialement composés pour celte association pieuse (2) :
a En 1566, un certain Jacob, maître de chant [zangmeestere) de Saint-Bavon , reçoit 5 escalins de la confrérie de Notrc- Dame-aux-Rayons, pour avoir annoté quelques chants et avoir composé quelques cantiques — voor 't aneuteren van lofsanghen , ende te dien fijne ghecomposeert hehbende eenighe canticque, draghende xxx bladeren. »
C'est encore lui qui dirigea, en 1577, la musique chantée à une messe du Saint-Esprit, qui fut célébrée en la chapelle du magistrat de Gand, avec la coopération de ses collègues du chœur de Saint-Bavon, ainsi qu'il résulte de l'extrait suivant des comptes communaux :
«Betaelt den dekin ende cappittele, metgaders den zancmeestere met zyne ghezellen vanden choore vander collégiale kercke van S'^ Baefs, de somme van xxv s. x gr., ter causen van ghecelebreert thebbene inde cappelle vanden scepenhuuse vander kuere, présent scepenen van beede de bancken, upden X*" van meye LXXVIJ, eene solemnele ghezonghene messe vanden Helighen Gheest, omme God almachtich te biddene duer zyne goddelicke gratie te verleene goede wyse ende discrète wethouders ende regierders voor de toecommende jaerscare, naer 't verclaers vander ordonnantie... xxv s. x gr. »>
(!) Vde decl, p. 3d6.
(2) KenvYS de Volkaersbeke, les Églises de Gand, t. I, p. 130.
Jacques Bruneau occupait le poste important de maître de chant de Saiut-Bavon, à une époque féconde en excellents musiciens. Sans nul doute il aura écrit des compositions dignes d'intérêt. Que sont-elles devenues? Nous l'ignorons. Si l'on en trouve un jour, nous ne manquerons pas de les signaler.
Les comptes communaux de Gand nous apprennent encore, à l'année 1496, que certain Joseph Doykin, chantre de cette ville, mit en musique diverses pièces de poésie, pour être chantées lors de l'entrée joyeuse de Philippe-le- Beau, à Gand (i) :
« Belaelt meester Joseph Doykin, cantere, van diversche verssen van retorykeu ghesteit thebben in musyke ende zanghe, ende voor diversche andere moyten by hem ghehad ter blyder incomst, den 5 april, 5 sch. gr. i>
Jusqu'ici , nous n'avons pu découvrir d'autres renseignements sur Joseph Doykin. Ses œuvres sont vraisemblablement plus introuvables encore.
XXH.
Audrez (Beaioit)^
Graveur de musique à Liège, au milieu du XVIIIe siècle. 11 est J'un des premiers qui a édile, aux Pays-Bas, un recueil périodique de chant. — Recueil manuscrit d'airs d'opéras, formé en 1706. — Inductions à ce sujet. — Le titre, les conditions d'abonnement et les principaux morceaux de la publication de Benoit Andrez. — Un « Avis de l'éditeur. »
Benoit André, graveur de musique à Liège, au milieu du XVIII^ siècle, a édité divers opuscules musicologiques, où nous remarquons le suivant, qui n'est, à vrai dire, qu'une réimpression :
(1) Ph. Blommaert, Geschied. der Rhelorykkamcr de Fonlcync, etc. p, 31, et De nederduitsche schryvers van Gcnt, p. 248.
Lxidus melotliedicxis ou le jeu de dez harmonique, contenant plusieurs calculs par lesquels toute personne composera di/férens menuets avec V accompagnement de basse, en jouant avec deux dez, même sans scavoir la musique. Nouvelle édition, corrigée quant à ta partie harmonique qui se trouve quelquefois défectueuse da)is la première édition, donnée depuis peu à Paris. A Liège (i), cliés Benoit Andrez, derrière Sainl-Thomas, elc; sans dâle, in-4% de 15 pages.
« Fruit d'un travail immense et d'une combinaison la plus suivie et la plus exacte, » s'il faut en croire Tauteur anonyme, cet ouvrage, comme son litre l'indique, enseigne à former, du produit de deux dez, un menuet toujours différent, dans les tons de ré majeur et de la mineur.
Si Benoit Andrez avait dû ne publier que de pareilles niaiseries, sans doute il n'eût pas attiré notre attention; disons mieux, il n'eût point mérité une place dans ce livre. Mais, il s'est créé un titre plus sérieux au souvenir des bibliographes musicaux.
Il est l'un des premiers, en effet, qui a édité, aux Pays- Bas, un recueil périodique de morceaux de chant. Le goût musical devait être bien répandu en ce pays, pour avoir donné lieu à une entreprise de ce genre. Ce qui plus est, cette entreprise réussit, comme on va le voir.
Le recueil de Benoît Andrez prit naissance en janvier 1738, sous le titre de : VÊcho ou Journal de musique françoise , italienne, contenant des airs , chansons^ brunettes, duo tendres ou bachiques, rondes, vaudevilles, contredances,etc. A Liège, chez B. Andrez, derrière Saint- Thomas, 1758, in-4°. Ce titre est gravé dans un encadre-
(1) Ce nom de ville est imprimé en caraclères saillants. Puis viennent, en sous-ordre, Bruxelles, Hambourg et Vienne. Si un doute subsistait sur le lieu d'impression, il s'évanouirait par la comparaison de la gravure de cet opuscule et de celle de l'ouvrage dont nous allons nous occuper.
B -Andrez
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menl fleuronné, où est représenté un berger jouant de la flûte devant une bergère. La gravure des pièces de musique est assez nette, quoique irrégulière en divers endroits.
Celte publication se poursuivit jusqu'en 1761, et peutêtre au-delà. Elle se faisait par livraisons mensuelles, de 24 pages cliacune, et elle se vendait 15 livres defrance. Chaque livraison, prise en particulier, coûtait 30 sous.
On formait, avant cette époque, des collections d'airs d'opéras les plus goûtés; mais ces collections étaient généralement manuscrites, comme on peut en juger parle volume suivant, dont nous transcrivons le titre imprimé :
Recueil des plus beaux airs à chanter des opéra français composez par le célèbre Monsieur de Lully, et par les plus habiles auteurs qui ont paru depuis sa mort. A Roosendal, l'an des Victoires M. DCC VI; in-f°, de 255 pages de musique.
Les airs sont arrangés avec accompagnement de basse continue, sur laquelle sont marquées diverses entrées d'instruments, comme bassons, hautbois, etc. A côté du nom de Lully, nous remarquons ceux de De la Lande et de De Bousset. Les notes et les paroles sont tracées avec une habileté remarquable, et imitent, à s^y méprendre, la gravure sur acier.
Sur le frontispice sont représentés des anges planant dans les airs et jouant de divers instruments devant un groupe de femmes debout, livrées à une sorte d'extase. Toute celte gravure est coloriée avec soin. Au-dessus, figure Tinscriplion : Musica dis curae est. Au-dessous, on lit : t' Amsterdam y by Paulus Matthysz, in 't Musyc-boek, is aider ley gelinieert papier ^ italiaense en andere musyc te koop.
Il y avait aussi des recueils imprimés, mais sans aucun caractère de périodicité. Le seul éditeur d'ouvrages de musique qui, en apparence, a des droits de priorité sur Benoît Andrez, pour la publication, en fascicules, de chan-
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sons el d'airs, c'est Etienne Roger, à Anislerdani, qui fut en même temps marchand et libraire, et qui exerça son industrie depuis les dernières années du XVil^ siècle jusqu'en 1723, où il fut remplacé par Lecène. D'après l'un de ses catalogues, qui porte la date de 1706, et sur lequel nous reviendrons, Etienne Roger réimprimait tous les mois, depuis 1701 , les livres d'airs « sérieux et à boire » qui paraissaient à Paris, et qui furent « augmentés, de plus de la moitié, de quantité de beaux airs manuscrits et des plus beaux airs des opéras nouveaux. » Toutefois, il faut reconnaître que ce n'était point là un recueil dans le genre de celui que Benoît Andrez mit au jour. 11 y manquait trop de choses pour cela, et le mode de souscription ou d'abonnement, qui donnait à VÉcho un caractère de publicité spéciale, n'existait pas pour la collection de Roger.
VÊcho, de 17S8, qui est le plus rare el le plus curieux, contient, entre autres morceaux, un « air de M. le chevalier Gluck, célèbre maître de musique italien , envoyé par l'auteur pour être inséré dans le recueil. » Faut-il en croire, à ce sujet, l'éditeur? et, dans ce cas, la composition de Gluck a-l-elle été employée ailleurs par le musicien? Écrite sur des paroles italiennes, avec accompagnement du quatuor à cordes, cette composition, où la vocalise joue un rôle que le maître lui a dénié depuis, n'offre rien de saillant, rien d'original. On voit que Gluck obéissait encore à la convention et cherchait sa voie.
Il y a bien plus de caractère et d'expression dans le « grand air avec symphonie, » c'est-à-dire avec quatuor à cordes, qui figure dans le même volume. Il ressemble étonnamment, par la coupe, à l'air si pittoresque de Pierrot du Tableau Parlant , de Grétry. L'auteur a eu tort de taire son nom, car cette page est certainement pleine de mérite.
On remarque encore une ariette, accompagnée par le quatuor, deux cors et deux flûtes. Parmi différentes chansons et romances, on en voit avec des paroles anglaises.
Les autres morceaux qui nous paraissent offrir de l'intérêt, sont les suivants : un menuet de Gluck, trois menuets de C.~E. Graff (i), trois parodies d'airs d'opéras dus au célèbre Hamal^ de Liège, et dont l'une est intitulée : Chanson anacréonlique; un duello du chevalier d'IIcrbain, une barcarole du même, parodiée de l'italien; une ariette du Médecin de ramour, opéra-comique; un duetlo avec quatuor de Tirsi e Nice, opéra de Gluck.
A la fin du volume, on lit un « Avis de l'éditeur, '» ainsi conçu, et qui atteste la vogue dont VÊcho jouissait, dès son apparition :
« Le succès de ce Journal a répondu à mes espérances. Je vais me donner tous les soins possibles pour le porter au point de perfection dont il est susceptible. J'ose me flatter de remplir, avec le temps, l'objet que je me suis proposé, et de rendre ce Journal plus piquant et plus varié, à mesure que je suivrai cette carrière.
» Il paraîtra, comme l'année dernière, à la fin de cbaque mois. Il coûte i2 fl. ou 15 livres de France pour les douze recueils. La souscription se paie d'avance.
» L'édition de la collection de cette année étant entièrement épuisée, il n'est pas possible de la fournir à présent à ceux qui l'ont demandée. Ils la recevront en moins de deux mois.
» On s'adressera au sieur Benoît Andrez, graveur à Liège, derrière Sainl-Thomas. Il faut avoir la bonté d'affranchir les lettres. »
Toutes les parlicularités qui précèdent ont été inconnues à M. Fétis et aux bibliographes musicaux.
(1) M. Fétis donne à Graff les noms de Charles-Frédéric. A Rudolstadl on le nomme Chrétien-Ernest. Les initiales C.-E. de notre recueil tranchent la question en faveur de Rudolsladt. Un ouvrage théorique de Graff porte pour litre : Procve ovcr de nature der Harmonij. M. Fétis traduit le mot proevc par démonstration. C'est essai qu'il fallait mettre.
— lU -
Benoît Andrez a publié, enlre autres compositions, six quatuors et trois symphonies de Jean-Noël Hamal (i).
Delàtre (Petit-JTeau),
Mailre de chapelle de l'évèque de Liège, d'après le titre d'un recueil de cliansons imprimé à Louvain en 1555. — Chansons de lui contenues dans ce volume. — Chansons de Baston, Buys, Cabeliau, Cardon, Caulerij, Clemens non papa, Créquillon, Crespel, Delàtre, Gallus, Gérard, Jacob, Jannequin, Lecoc, Loys, Lupi, llanchicouri, Morel, Obrecht, Rogier, De Rore , Vaet, VVaelraiit, de Wismes, et de divers anonymes que renferme le même ouvrage. — Renseignements inédits sur Cabeliau el Vaet.
Petit-Jean Delàtre, avant d'être nommé maître des enfants de l'église cathédrale de Verdun, remplit, en 1555, les fonctions de maître de chapelle de Févéque de Liège. C'est ce que nous apprend un volume de chansons, conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles et dont il n'existe malheureusement que la partie de contra-ténor. Avant de le faire connaître, car M. Fétis l'a complètement passé sous silence, disons à quel propos Petit-Jean Delàtre y figure.
Ce musicien est auteur de vingt-neuf chansons, qui forment le sixième livre du recueil. En voici le titre :
Sixiesme livre des chansons à quatre parties, nouvellement composez et mises en musicque par maistre Jehan de Latre, maistre de chapelle du reverendiss, évesque de Liège, etc. , convenables tant aux instrumentz comme à la voix. Imprimé à Lovain, par Pierre de la Phalyse, l'an M.D.LV, avec grâce et privilège. In-4° obi.
(1) On possède, aux Archives du royaume, un opuscule renfermant des couplets que Tun des Hamal a mis en musique. Il est intitulé : Vers pour le jour de Vinaufiuralion de la Société d'Emulation, établie à lÀégc, sous les auspices de Soti Altesse Celsissime, par M. Dreux, l'un des coopérateurs à /'Esprit des Journaux, mis en musique par M. Hamal; suivis de couplets pur M. de Sainl- Pcravi, aussi mis en musique par M. Humai. A Liège, de rimprimerie de la Société, 1779; in-i», de 8 j)agcs.
Les premiers mois de chaque cliansou sont : « A tort souffrir; » « Avant Taymer; » (i) « Blanc et claret; » « Comment mes yeulx; » «Cessez mes yeulx; » a Doeuil et méiancolye; » « De varier; » « Dieu scayt pourquoy; » « De toutes magarites; » « Espoir sans fin; » « J'allens secours; » « J'attens la fin; » a Ingrate ne cloibz; » « J'ay ung refus; » « La jeune dame; » « Le ceur, l'esprit; » « Malheur m'est heur; » « 0 triste adieu; » « 0 envieulx; » « 0 bon vouloir; » « Pourquoy en avoir;» «Qui veult son ceur;» «Quant au vouloir;» « Reveillés-vous; » «Si j'ay voulu; » « Un doulx regard; » « Vivre ne puis. »
Voyons maintenant le contenu des cinq autres livres du volume. Les trois premiers sont de 1554. Le quatrième et le cinquième sont de 1556. Chaque livre a son litre spécial. Voici le titre qui ouvre le recueil :
Premier livre des chansons à quatre parties, nouvellement composez et mises en ?nusicque, convenables tant aux instrumentz comme à la voix. Imprimé à Lovain, par Pierre Phalèse, libraire juré, Tan M D LIIII, avec grâce et privilège. In-4*' obi.
Pour plus de régularité, nous grouperons les paroles initiales de chaque chanson sous le même nom d'auteur, le recueil ayant été formé sans plan arrêté.
Baston. a Ung souvenir; » « Contre raison; » « Craint' et espoir m'oppressent; » «Toutes les nuiclz;» «Siparaymer;» « Si tu te plains; » « D'argent me plains; » « Sans la changer; » a Combien plusieurs; » « Je voy amy ; » « Vivre en espoir; » «Crainte et espoir me font en amour force; » « Au despartir; »
BuYS. « Ma joye et ma liesse; » « Pas aultre n'auray. » Ce nom peut se traduire par Canalis (s), à moins qu'il ne faille
(i) Trois chansons différentes de Petit-Jean Delâtre commencent ainsi. (2) Voyez à la page 124.
le rapporter à Jacques De Ouus, que l'on trouvera plus loin.
Cadeliau. « Si j'ay du bien. » Il y a, dans un compte de la veuve et des hoirs de Jean Marnix, conservé aux Archives du royaume, un article qui pourrait bien se rapporter à Tauteur de la chanson : « Si j'ay du bien. » Le voici :
« A maistre Jehan Gossins, maistre des enffans de la chappelle de feue madame, la somme de 95 livres 18 sols dudit prix de assavoir: iiij" v livres viij sols, pour avoir entretenu Joachim de Tollenaere, dit Cabiiian, jadis Tung des enfans de sa chappelle, de table, giste, nectoyage, de linge et aultrement en toutes aultres manières, comme les autres enffans de la chapelle de madite feue dame, l'espace de xiiij mois; et x livres x sols, pour, par ordonnance de madicie feue dame, avoir esté es lieux de Haynau, Flandre et Terremonde, où il a vacqué à sercher et trouver ung enfant propre et duisant pour servir en ladite chapelle, xiiij jours entiers, au prix de x sols par jour, »
Les époques correspondent , car le sopraniste De Tollenaere figure encore dans les comptes et dépenses de Charles-Quint de 1520 à 1530, et, plus lard, parvenu à des fonctions plus élevées, il peut avoir conservé son surnom de Cabillau, comme le cas s'offrit pour plusieurs de ses confrères. Si notre hypothèse se réalise, on peut assigner conjecturalement, comme patrie du musicien, Bruges ou ses environs, où les familles de Tollenaere foisonnent. Quant à son maître, dont le nom véritable s'écrivait Goessins, nous aurons l'occasion d'y revenir ultérieurement.
Cardon (Simon). « Espoir me souslient. » Ce musicien est inconnu à M. Fétis.
Cauleru. « Esveillez-vous; » « En espérant. » Ce musicien a été également omis par M. Fétis. Son nom véritable ne serail-il pas Caiiwelaer ?
CLEMEiNS non papa, « Venés, mes serfs; » « Puisqu'ainsi est;» « Garchon de villaige; » « Puisque voulez; « « Miséricorde au martir; » « En attendant d'amour; » « Plus chauit
que feu; » « Hellas, m'amour; » « Mourir convient; » « Adieu, délices; » «Adieu, magnificques feslins; » «Si mon amour; » « Or, puisqu'il esl; » « Au faict d'amours; » a Toutes les nuyclz; » « Qu'en dites-vous. »
Créquillon. « En attendant vous perdez; » « En attendant d'amour; j> « Adieu l'espoir; » « Si n'attemprès; » « C'est à grand tort; » « Ung triste ceur; » « Quand me souvient, » « Le patient; » « D'ung seul regard (i); » « Ung souvenir;» «Se salamandre; » «Cessés mes yeulx;» « Pour ung hélas;» « Jour désiré; » « Entre vous mains; » « Comment mes yeulx; » « Nous ne nyons; » « Le ceur cruel; » « Ai les soubdain; » « Soit bien ou mal; » « Las veuilles moy; » « Or, me Iraictez; » « Ne pouidroit-on pas; » « Ung doux regard; » « A moi parler; » « Dame d'honneur; » « A vous en est; » « Vi\r trop aymer ; » « Plus que jamais ; » « Veu le grief mal ; » « Désir me vcult; » « Oncques amour;» « C'est à grant tort; » rt Conlrainct je suys; » « Mon povre cœur; » « Cherchant plaisir; » « Qui la vouldra; » a Mort ou merchy; » « Puisque malheur; » « Guérissés-moy ; » « En attendant secours; » « L'ardant amour; » « Taire et souffrir; » « Tant seulement; » « Mon ceur, mon corps; » « A vous aymer; » « Pelite fleur; » « Las, je cognois. »
Crf,spel. « J'en suis gallans; » « Nostre bon père; » a Tandis qu'à vous (2); » «A vous se doibt porter;» «Rccipe assis; » « Eille qui prend. »
De Latre (Petit-Jean). • Donnés secours (3); » « J'aurayje tousiours; » « Sans plourer ; » « Jà, ne mourez; » « Je Tay perdu. » C'est le musicien qui fait l'objet de ce paragraphe.
(1) II y a deux chansons de Créquillon sur ces paroles.
(2) Deux chansons de ce même musicien commencent ainsi. Même remarque pour la chanson suivante.
(ô) Il y a deux chansons du même auteur sur ces paroles.
Gallus ou Galli (A7iloine). « Pensée est mienne; » « Patience, ennuyctz; » « Humble et léal; » « Au glay, bergieronelle. «Encore un nom inconnu à l'auteur de la Biographie universelle des musiciens. Est-ce une traduction de Den Haene ou de Le Cocq? Plus loin, on verra un Lecoc.
Gérard ou Geraert (Jean). « Toutes les nuilz; » « Est-il possible; » « Sans liberté. » M. Fétis n'a pas connu ce musicien. Il est pourtant cité, comme le précédent, dans les Archives des Arts, de notre collègue iM. Alexandre Pinchart (i). La variante Geraert proviendrait-elle du nom flamand Geeraerd? En ce cas, le musicien n'est peut-être pas étranger à la famille du personnage cité dans l'extrait des comptes de la châtellenie d'Ypres, que nous reproduisons ci-dessous, au nom de Vaet.
Jacob (M.) « Hélas dont vient. » Ce compositeur, dont M. Fétis ne parle pas, est-ce Jacques De Buus ou Jacques De Berchem, deux maîtres nés aux Pays-Bas au commencement du XVI^ siècle? Serait-ce Jacques Vaet, que l'on trouvera cité plus loin, ou le Copin de la Déploration de Crétin?
Jannequin {Clément). « Ouvrez-moi l'huys. »
Lecoc. Belle, vostr' amy. » Est-ce Jean Lecoick ou Lecoq?
Lejeune (Claudin). « Avant mes jours; » « Bon jour, ma mye; » a En espoir vis; » « Le feu qui m'ard; »
LoYS (Jean) « A demy mort; » « Cessez mes yeulx; »
Lupi. a Changer ne puis. »
Manchicourt. « Par trop aymer; » « Tout mon espoir. »
MoREL (Clément). « Vivons, vivons joyeusement. »
Obrecht. « Si par fortune. »
RoGiER. « Cessez, mon œil; » « Adieu, mon espérance. »
Peut-être ce Rogier se rapporic-t-il à Roger Faillie, dont il a été question au | X.
RoRE (Cyprien de). « Vous scavés bien. »
Vaet (Jacques). « Sans vous ne puis. » Ce compositeur, que M. Félis a confondu avec Jacques De Weerdt, doit être mort vers 1S68, car nous renconirons dans le Noviis Thésaurus, imprimé à Venise, à celte date, une déploralion à sept voix, de Jacques Regnart, sur la perle de ce musicien, déploralion dont le texte est ainsi conçu :
Dcfunclum cliarilates Vaelem merore rcquirunt, iMillenlcs duplices ore gemcnlc manus; Musicus huncquc chorus déplorai Caesaris elieu ! Eheu ! ullerius Clotho si lenuisset onus; Qui vario preslans virtulis nomine Musis, Orbis in extremo climate nolus erat; Hune et jure plus Caesar sibi luget adempluni, Languel enim rapto musieo praesidio (1).
Nous trouvons aussi dans les Poemala de François Haemus (2), une élégie sur la mort d'un Jacques Vasius, premier maître de chapelle de l'empereur Maximilien. Il est évident que ce musicien est le même que Jacques Vaet, et que le s n'aura élé employé par le poêle que pour l'euphonie. Vaes n'esl, à vrai dire, qu'un nom de baptême raccourci (Servaes) et transformé en nom de famille. On l'écrivait aussi « Faes. » Voici cette élégie :
In OBITUM JaCOBI VaSII, CaES. MaXIMILIANI (3) ARCHIPHOiNASCÏ.
Siccine le nobis vis immaturior auferl, Cui Iribuil primum musica sacra decus?
Siccine te Vasi? Phœnici fundile vestro, Fundilc lugubres musica lurba sonos.
(1) Il est surprenant que M. Fétis, qui fait la description du Novus Thésaurus, n'ait pas remarqué ces vers.
(2) Anlverpiae, 1378; in-16, p. 115. François Haemus naquit en 1521 et mourut en 1585. Les époques correspondent.
(3) Si c'est Maximilien II, le doute n'est plus possible, car ce monarque régnait en 1368, date de la publication du Thésaurus.
Occidit, heu ! vegetis eliainnuni firmus in annis Vasius ille Orpheus, qui velut arte sua Cœsareas demulsil olor novus liaud scmel aureis. At nuMC muta sonal vox ea dulce nihil.
Il rësulle de celle pièce que Jacques Vaes élait un composileur d'un rare mérite, puisqu'elle proclame, en lermes non équivoques, que la musique sacrée lui dul sa première splendeur. Il en résulle encore que ce maîlre fui enlevé à son art dans la force de l'âge, firmus in annis.
Remarquons que Haemus consacre beaucoup de pièces de ce genre à des personnages de Courlrai et des villes limitrophes. Voilà donc une première indication pour arriver à la découverte du lieu de naissance du célèbre musicien. Une deuxième indication résulte de l'extrait suivant des comptes de la chàtellenie d'Ypres, de l'année 1499 :
« Meester Jean Vaet ende Joos Gheeraerd, pensionaris van Ypre, wasi^hepresenteerr tweekannen wyns, van xxxijstnuvers. j)
Des œuvres de Jacques Vaet sont conservées aux archives pontificales, à Rome.
Waelrant. a Aussy bien aux foix; » « Si vous avez mal; » a 0 triste adieu; » « Souffrir my faull; » « Amour au ceur; » « Contenle-toy; » « Bouche riant; » « Triste et déconforle; »> « Pour les regretz. »
WiSMEs (iV. de) « Mon cœur chante; » « Soyons joyeulx. » Compositeur que ne mentionne pas M. Félis.
Anonymes. Nous rangeons sous cette dénomination, les chansons qui ne portent aucune désignation de nom d'auteur. Faut-il les rattacher aux musiciens dont le nom précède chacune de ces pièces? Dans le doute, nous avons cru prudent de les laisser provisoirement sans attribution. Les voici :
a Sans varier mon cœur; » « Pour ung jamais; » « Sontelles pas bien mariées; » « Geste belle petite bouche; » «Fortune, hélas; » « Puisqu'il convient; » « Hélas, adieu
le plaisir; » « Allés, souspirs; » « J'ay veu le temps; » « Conlentez-vous, amy; » « Eaulx ennyeulx; » « Père éternel; » « 0 quel lorment; » « Langeur d'amour; » « Or, ne suysje pris; » « Tant seulement ton repos. »
l\'ei*Tius» (Léonard).
Compositeur de la première moitié du XVII« siècle. — Recueil de motets de lui, omis par les bibliographes. — Le pseudonyme Nervius. — Les noms latinisés. — Interprétation de ceux de : Canalis, Pype; Agricola, Ackerman; Lapicida, Sleenhamvcr; Carmen, Rym,- Consilium, De Raedl; Puiloys, Kieken; Fortvila; Prioris, Vtirslc; Custodis, De Wachlcvy etc.
On doit à Léonard Nervius plusieurs ouvrages de musique d'église, et entre autres les trois suivants, que nous ne trouvons mentionnés nulle part :
1 . — Magnificat super octo consuetos tonos, una ciim aliqiiot motettis et littaniis B. Mariae Virginis octo vociim, curn basso continuo ad organum, authore R. P, Leonardo Nervio, ord. capuc. S. Francisa'; antehac nunqiiam editae. Antverpiae, ex typographie Pétri Plialesij, ad insigne Davidis régis, M. D. C. XXIV; in-4% de 29 pp. (pour la partie de ténor).
Donc, outre le psaume Magnificat, qui a fourni matière à huit compositions, chacune dans un ton différent, ce recueil de Léonard Nervius renferme encore une série de motets, écrits, comme les précédents, à huit voix réelles. Ce sont :
« 0 coelestis curiae. — Mullae filiae. — Benedicam Dominuni. — Secunda pars :Clamaverunt. — Fundamenta ejus. — Praesul sanciissime. — Coelorum candor splenduit. — Te Deum landamiis. — Litaniae B. Mariae. — Vulnerasti cor meum. — Secunda pars : quam pulchrae. — Regina coeli laetarc. i>