VIX. ANN. XXVI
OBUT VIII KÂL. SEXTILIS MDLXXII
ASSEMIUS MARTINEZ
PHILIPPUS PECCATI
ET HENEllCUS DE ROVER
TESTAMENTI EXECUTORES P.
Jeanne Gavadia était donc une musicienne très-instruile, et elle mourut le 25 juillet 1577, à peine âgée de vingt-six ans. Au nombre des exécuteurs testamentaires se trouve un certain Henri de Rover, compatriote de Marc Houterman.
Nous voyons dans Gaillard trois autres épitaphes intéressantes relatives à des musiciens néerlandais. Nous allons les reproduire, avec les commentaires qu'elles nécessitent :
Ameiden (Chrélien)y né à Aerscbot, était aimé du pape Pie IV et de ses successeurs, à cause de son talent pour la musique. Décédé le 20 novembre 1605, il avait, par testament, fondé dans l'église de Sainte-Marie in Campo santo, oii se lit son épilaphe, une messe perpétuelle et, en outre, un anniversaire.
L'épilaphe est de la teneur suivante :
(1) Epitaphes des Néerlandais belges et hollandais , enterrés à Rome, p. 95.
— lof —
CHRISTIANO AMEïDEiV arsciiotano buabantino
OB SLMMAM VITAE PRODITATEM ET MUSIAE PERITIAM
PIO IIIl ET SUCCESSORIBUS POiNT. iMAX. CARO AC OB
MORUM SUAVITATEM ET BEiNEFACIENDi STUDIUM
O.MNIBUS AMABILI QUI DE HOC HOSPITALI IN VITA
SEMPER BENEMERERI STUDUIT ET MORIENS SUA
HEREDITATE DUMODO LN HOC ALTARl PRO ADJUVANDA
PEREGRlNORUiM PIETATE QUOTIDIE PRIMA MISSA ET
ANMVERSARIUM QUOTANNIS CELEBRETUR ElDEM
PRAECLARE SUBVENIT OBIIT DIE XX NOYEMBRIS
ANNO MDCV (l)
ADMINISTRATORES HUJUS HOSPITALIS CONFRATRI BENEM. PP.
L'auteur d'un mémoire publié dans la Revue d'histoire et d'archéologie, Isidore Plaisant, place par erreur cette épitaphe dans l'église de Sainte-Marie de TAmefa).
M. Fétis, qui n'a point connu l'épitaphe de Chrétien Ameiden, cite un compositeur du nom deChristophe Ameyden, dont on a imprimé des madrigaux dans le troisième livre de madrigaux àcinq voix de Lassus, à Venise, en 1 570.
QuiNNus (Philippe), chantre belge, à Rome, né en 1527, mort en 1597. M. Fétis n'en dit mot dans sa Biographie universelle des musiciens.
Nous ne pouvons admettre l'interprétation que M. Gaillard donne du nom de famille latinisé Philippits. « Voici, » dit-il, un Philippekin ou Phlipkin, touchant lequel nous » n'avons trouvé nulle part le moindre renseignement. Peut- » être est-ce le même personnage que Philippe-le-Duc, qui » vécut en Italie vers la fin du XVI*' siècle et fît imprimer » à Venise quelques cahiers de madrigaux. »
Le diminitif kin assigné aux noms flamands, leur sert
(!) Il y a MDCLV, dans le Journal his^lorique el littéraire, t XIII, p. 594. (2) Voir l. IV, p. 307.
de terminaison, et en forme partie intégrante. Ainsi de Josquiniis, forme du diminutif /oQsA:m. Ici, le texte l'indique clairement, Quînnus est un nom véritable, entièrement distinct du prénom Philippus.
Les auteurs de la Biographie des hommes remarquables de la Flandre occidentale sont, à notre sens, moins éloignés de la vérité. Ils supposent que Quinmis dérive de De Kwyne ou de Le Quien (i). Ce Le Quien correspond à De Quien, nom d'une famille néerlandaise, cité par les généalogistes Dumont, Azevedo et Goelhals, et que nous rapporterons, jusqu'à plus ample instruction, au Quin^ms de l'épitaphe romaine.
Un autre nom nous paraît avoir une grande similitude avec Quinmis. C'est celui que portait, en 1555, un chapelain de Ghyvelde, mentionné dans les comptes de la ville de Nieuport :
« Den laesten wedemaent, ghepresenteert d'heer Duquyn, capellaen van Ghivelde, een canne wyns. Es hier betaeit xiiij s. p. »
L'épitaphe du chantre belge est placée dans l'église de Sainte-Marie de l'Ame. Elle est ainsi conçue :
Belgia natalem PHILIPPO nomine QUINîVO
attulit extremum marti a rom a diem
grataq. catoris (s) recoles modulamina noti
ossa tegit tellus spiritus astra subit
ob. a. dr^i mdxcvij aet. suae lxx.
Lambert {Pierre), attaché à la musique pontificale, décéda le 1" septembre 1563, à l'âge de soixanle-dix ans. Nicolas Polletius, son élève, fut aussi son exécuteur testamentaire.
{{) Epitaphcs des Néerlandais, etc., p. 109.
(2) T. IV, p. 319.
(3) Le recueil de la Bibliothèque de Gand porte catopris, d'après Gaillard.
Son épilaphe, qui se voit dans Téglise de Saint-Auguslin, est de la teneur suivante :
PETRO LAMBKRTO belg. nervio
NOVIODUNENSl SUMOR. PONTIF. SYMPHONIACO GRAVI VIRO INOCEiNTIA ET ERGA INOPES ADMIRABILI MIA
NICOLAUS POLLETIUS