‹ La musique aux Pays-Bas avant le 19e siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, mâitrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétique (volume 2)Chapitre 6 sur 45 · VON BRÙSSEL IN BRABANT / DESS WOLGEBORNEN HERREN · texte numérisé non relu

VON BRÙSSEL IN BRABANT / DESS WOLGEBORNEN HERREN

JACOB FL'GGERS MUSICUS, DEM GOTT GENAD.

OBIJT 1583, DEN 1 DECEMB.

Traduction : « Ici est enterré Tlionorable et habile artiste Martin Boets, de Bruxelles, en Brabant, musicien de Jacques Fugger, que Dieu veuille combler de ses grâces. 11 mourut en 1583, le 1" décembre. »

Les Fugger étaient une famille de riches négociants d'Augsbourg,annoblis par l'empereur Maximilien I", et qui, en 1516, abandonnèrent Bruges, où ils avaient des comptoirs, pour s'établir à Anvers, destinée à devenir la métropole commerciale des P^ys-Bas. C'étaient de vrais mécènes de l'art. Ainsi, Antoine et Raimond Fugger firent placer, dans l'église de Saint-Maurice, qu'ils avaient fondée au XVI^ siècle, un magnifique jeu d'orgues, le plus grand et le plus beau qu'on ail encore vu en Allemagne.

Pour les Boet, Boete, Boot, Boots, nous ignorons s'ils appartiennent à la famille du musicien. Un Michel Boots fut doyen d'Ypres en 1484 (i) ; un Adrien Boot, mort en 1514, fut maître es arts à Paris; un Ambroise Boot, prêtre bruxellois, eut de la réputation, comme savant, à Louvain (2) ; enfin, un Gaspard Boets fut organiste de la cathédrale d'Anvers, de 1640 à 1644.

Le recueil auquel nous empruntons l'épilaphe transcrite ci-dessus (3), en contient une autre relative à un émineut

(1) Comptes delà cliàtellenie d'Ypres, aux Archives du royaume, année i 4.8-4, chapitre des vins de présent.

(2) MoLAMis, Les quatorze livres sur l'Histoire de la ville de Louvain, édités par M. De Ram, l, p. 503.

(5) Dam. Praschius, Epilaphia Augustana-Vindelica, ah annis fere scxcentis usque adnoslram aetalem conquisita. Apud B. Smitz , bibliopol. Aug., 1624-, in-4o, nia pars, p. 50. Cette troisième partie s'est trouvée en vente chez M. Vyt, libraire h Gand. Voyez son catalogue d'octobre 1861.

coinposîleur allemand de la même époque, et que nous croyons devoir reproduire, parce qu'elle fournit sur ce mailre deux précieux renseignements inconnus aux biographes : la date de sa naissance et celle de sa mort.

On voyait dans le chœur de la grande église d'Augsbourg, in ambilu summi Templi, cette inscription funéraire :

EPITAPHIUM EX*"' MUSICI MRI

JOHIS DE CLEVE.

HAC CUBAT EXCELLEIVS DE CLEVE MUSICUS URNA

DULCISONI RESONANT CUIUS IN ORE MODI.

C;f:SARIS EXTITIT HIC FERNANDI MUSICUS OLl.M

ARCHIDUCIS CAROLI RECTOR HONOSQUE CHORI.

OBIJT 1582. 14. JULIJ. ^TA. 53 (l).

Traduction : « Épitaphe de Téminent musicien, maître Jean de Clèves. Dans cette urne, repose l'excellent musicien de Clèves, de la bouche duquel s'échappent des sons mélodieux. Il fut autrefois musicien de l'empereur Ferdinand I", directeur du chœur de l'archiduc Charles, dont il fut la gloire. Il mourut, en 1582, le 14 juillet, âgé de cinquante-trois ans. »

Jean de Clèves vit donc le jour en 1529 (2). Ce n'est pas tout. M, Félis le fait musicien de la chapelle de l'empereur Maximilien I" « dans la seconde partie du seizième siècle. «Or, Maximilien I^*" mourut en 1519, conséquemment dix ans avant la naissance de Jean de Clèves. C'est apparemment Maximilien II que le musicologue aura voulu désigner. D'après notre épitaphe , dont l'authenticité ne

(1) Das, Praschius, la pars, p, 26.

(2) L'on prétend que Jean de Clèves tire son nom de la ville où il naquit. Il nous apparlient en quelque sorte, car le duché de Clèves, comme le pays de Liège, fil autrefois partie des Pays-Bas. On compte plusieurs peintres flamands de ce nom.

saurait être suspecte, Jean de Clèves fui tout simplement attaché à la musique de Ferdinand I" et devint maître de chœur de la chapelle de Tarchiduc Charles, son fils. Nous pensons que s'il avait été revêtu d'une autre dignité importante, son monument funèbre ne l'eût point passée sous silence.

Entre autres épilaphes relatives à des musiciens allemands, on en rencontre une qui concerne Abel Prasch, fils de Chrétien Prash, de Halle (Saxe), « ob singularem artis musicae peritiam... omnibus gratus» et qui mourut en celte ville, le 15 des calendes de novembre 1592, âgé de cinquante-deux ans.

De €i*oei» (Henri-Jacques),

.Maître de musique de la chapelle royale de Charles de Lorraine. — Liste autographe de ses compositions et catalogue thématique de ses messes. — Erreurs de M. Fétis.

La Biographie universelle des musiciens consacre à Henri-Jacques De Croes, compositeur fen^^H^, quelques ^«-<4W*>t-/ lignes, que des recherches ultérieures devront compléter et rectifier considérablement. Voici, en attendant, une liste dressée par De Croes lui-même, de tous les morceaux de musique qu'il composa pour la chapelle royale de Bruxelles, dont il était le maître de jubé :

« Liste DES pièces de musique tant vocale qu'instrumentale, composée POUR LE service DE SoN AlTESSE RoYALE , PAR H.-J. De

Croes, maître de musique de la chapelle royale (i).

» 1. Missa brevis et solemnis, a 4 voc. col. instrum. — 2. Id.

(1) Archives générales du royaume. Office fiscal du Brabant; maison mortuaire de Charles de Lorraine.

— 5. Id. — A. 1(1. — 5. Id. — 6. Id. — 7. Id. — 8. Id. —

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