‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 14 sur 60 · DUMONT · texte numérisé non relu

DUMONT

En 1523, ils jouent, divisés en « haulxbois et saquebutes, » au souper de Marguerite d'Autriche, qui leur octroyé, de ce chef, la somme de quatre demis réaux d'or :

Aux jouheurs de haulxbois et saquebutes de la ville de Bruxelles, la somme de quatre demy réaulx d'or du prix de xxxiiij philippus pièce, auxquels madite dame en a faict don. en faveur de ce qu'ilz ont venus, le xix» jour de juillet xv^ xxiij, jouher de leurs instrumens à son souper (2).

En 1539, des ménestrels paraissent à Amsterdam, et s'y font entendre du haut du beffroi communal (3).

Nous arrivons aux statuts de la confrérie de Saint-Job, pour faire connaître, d'une façon plus intime et plus complète, le rôle qu'ont rempli les ménestrels affiliés à ladite société. Ils datent du 10 mai 1574. C'est un compendium en quelque sorte de leur vie active, de leurs mœurs, de leurs tendances artistiques; car, tant s'en faut que le premier venu y était admis, et qu'une fois inscrit au registre de la corporation, il lui était loisible d'exercer son art selon son bon plaisir. Tout y est prévu et réglé, sur ce point comme sur plusieurs autres points qui touchaient à l'honneur, au bien-être social ou à la dignité individuelle des membres. Plusieurs coutumes curieuses, dont les traces existaient encore, vers la fin du siècle dernier, y sont indiquées d'une manière assez claire pour n'être pas inutiles à l'histoire.

Le service religieux que la confrérie de Saint-Job faisait célébrer dans l'église de Saint-Nicolas, y est-il dit, était complètement négligé, depuis que l'association elle-même

(i) Archives générales du royaume.

(S) Comptes de Jean de Marnix^ etc.

(3) Bouusfeenen^ S* fascicule, p. 207.

menaçait ruine, par Tindifférence de quelques-uns de ses membres et par l'inobservance des règlements consacrés. Pour relever le culte de Dieu, pour organiser plus solidement la gilde, et pour donner annuellement le repas d'usage aux lépreux, les chefs et les membres de cette société s'adressèrent au magistrat de Bruxelles, en vue d'en obtenir de nouveaux statuts, et ces autorités, après mûre délibération, arrêtèrent, d'un commun accord, les articles suivants, tout en maintenant intacts les droits et les privilèges de l'association :

Nul ne pourra jouer d'un instrument quelconque, pour salaire, si, au préalable, il ne s'est fait inscrire dans la société et n'a obtenu le droit de bourgeoisie, sous peine d'une amende de 30 sous. — Si on ne peut ni ne veut démontrer ce droit, et que pourtant on appartient à la gilde, on sera considéré comme membre non franc, et on pourra recevoir la défense de jouer pour salaire, sous peine de 6 florins. — Chaque membre, lors de son admission dans la confrérie, fera serment de fidélité, s'engagera à observer toutes les prescriptions et à obéir aux chefs dans l'exercice de leurs fonctions. — Le droit d'entrée est de 3 florins. — La société prélèvera, à chaque noce oii les membres joueront, un sou, et pour chaque leçon de danse qu'ils donneront, deux sous, en exceptant de cette taxe les ménestrels communaux (1), selon un article de l'ordonnance de 1607. — L'engagement étant pris par un membre, de jouer à une fête quelconque, soit à Bruxelles, soit hors de ses murs, ce membre aura à se pourvoir de ses auxiliaires, et à se faire inscrire, avec lesdits auxiliaires, en désignant le lieu où il se fera enlendre, sous peine de 30 sous, dont une partie sera ajoutée aux dix-huit aumônes à répartir entre les pauvres. — La convention une fois

(1) Ces ménestrels étaient appelés schalmeypijpers, Pyperx^ employé ailleurs, ne serait-il que rabréviation du mot ? Toujours des questions, en vue de Télucidation définitive d*une difficulté devenue en quelque sorte inextricable, par suite des diverses versions contradictoires qui ont été émises à ce sujet.

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