‹ La musique aux Pays-Bas avant le XIX ̊siècle. Documents inédits et annotés. Compositeurs, virtuoses, théoriciens, luthiers; opéras, motets, airs nationaux, académies, maîtrises, livres, portraits, etc.; avec planches de musique et table alphabétiqueChapitre 21 sur 60 · DIRK SCHOLL · texte numérisé non relu

DIRK SCHOLL

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Quoi d'étonnant, si cette feuille volante s'est rapidement vendue, et a eu quatre éditions ?

Il nous reste à mentionner le portrait de Dirk Scholl, peint et gnvé à l'estompe noire par J. Vander Wilt. Le virtuose-compositeur est représenté la tête parée d'une large perruque, comme Van Blankenburg. Assis dans un salon à draperies, le coude appuyé sur une chaise à clous dorés, il .tient en main un papier roulé, laissant voir, à l'un de ses plis intérieurs, quelques notes de musique. Pour tout vêtement il porte une robe de chambre, sur laquelle flottent, à partir du cou, les deux bouts en éventail d'une grosse écharpe. Dans le lointain, on aperçoit, à travers l'embrasure d'une fenêtre, la tour, garnie de cloches, de la cathédrale de Delft. L'inscription d'en dessous porte :

DIRK SGHOLL, organist en klokkenist, voor desen tôt

ÂRNMEM, EN NU ZEDERT DEN JARE 1668 TOT DELFT.

Dit beeld dien Phénix uy t die orgels, klokken, snaaren, Bezield met Hemel galm. Sijn vrugtbre Geest en vlijt, Verbeeld zig zelf alom, door groots musijk te baaren, Dies sal sijn naam en Loflf verduuren nijd en tud.

Dans le coin inférieur gauche : « ânno 1699. » Dans le coin inférieur droit : « J. Vander Wilt pinx. et fec. » Dirk Scholl n'avait donc que quarante ans, quand son effigie a été transmise à la postérité. A en juger seulement par les traits accentués de sa physionomie, l'artiste en porte au moins soixante. Le portrait original gravé a vingt-deux centimètres de haut, sans l'inscription, et dix-huit de large.

La reproduction photolithographique qui se trouve en regard, est, sauf la réduction commandée par l'étendue restreinte du format, mathématiquement celle dont on vient de lire la description. Une affreuse lithographie a été donnée du même portrait, par le journal musical néerlandais la Cecilia^ en même temps qu'une notice, déjà bien

vieillie et bien incomplète, du docteur F. G. Rist(t).

Reprenons maintenant ab ovo notre revue des artistes du clavecin.

Nous avons marqué, dans le premier volume de ces recherches, quelques étapes pour Thistoire future des clavecinistes aux Pays-Bas. Au deuxième volumci ces données se sont accrues parla mention de quelques faits démontrant Tengouement que provoqua la musique concertante, où le clavecin, à côté d'autres instruments de virtuosité, tenait un certain rôle. Grâce à de nouvelles ti*ouvailles, à de nouvelles informations, il nous est permis maintenant de relater quelques particularités plus caractéristiques encore, en remontant aux premiers exemples de tablature pour instruments à clavier.

Le plus ancien spécimen qu*il nous est donné de produire jusqu'à nouvel ordre, se révèle dans le Schoon Boeczken^ édité à Anvers en 1S29. C'est une chanson flamande à trois voix, arrangée pour clavicorde ou pour instruments similaires (2). On est à Tenfance de Tart. Nul mouvement. Rien que des accords plaqués, suivant, avec une passivité absolue, les contours du chant. Citons, pour mémoire, à cause de la rareté exceptionnelle de ces œuvres, les Ricercari de Jacques De Buus (1547-1549), et les Fantaisies d'Adrien Willaert et De Cyprien de Rore, qui réclament une étude toute spéciale. Fétis, dans son Histoire générale de la Musique, se borne à dire des Ricercari : « On y voit avec évidence que l'école où s'est formé cet artiste était en possession d'une méthode uniforme dès longtemps mise en usage. » Puis, c'est tout. Pourtant, Fétis avait à sa portée un exemplaire de l'œuvre de De Buus !

La même absorption existe dans les charmantes danses

(t) Année 4846. Cette notice e été copiée maintes foie sens indication de scarcoé Tous ces emprants subreptices ne font qu*embrouilier la science, an lieu de récLairer. Les travaux de Tintelligence doivent avoir leur généalogie, comme les actes de fiimille.

(S) Uuiique auœ Pûifê-Bat, t U, p« iilL

que nous a transmises, en 1B51, Tylman Susato, à la fois comme compositeur et comme éditeur. L'accompagnement résume les quatre parties du chant et endossine fidèlement les évolutions plus franches. Nous reproduisons ici, h raison de sa brièveté, la majestueuse Dame de Hercules oft fnatieine :

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