G. BOUTMY
La perte de ces sonates est regrettable. Peut-être forment-elles la seule grande œuvre du maître et ne pourrontelles plus se retrouver.Tant de productions de ce genre ont disparu sans retour.
Un cahier manuscrit du siècle dernier, qui renferme un fragment de Topus VI de Vanden Bosch, paru en 1772 ou 1773, nous a conservé une sonatine assez faible portant en tête : G. Boutmy. Elle débute ainsi :
Laurent Boutmy, contraint de renoncer à Tespoir de succéder à son père Josse Boutmy, accepta avec empres-
sèment les fonctions d'organiste de Saint-Bavon à Gand, que des personnages influents parvinrent à lui faire offrir depuis. Un certain Boutniy figure comme a maître de clavecin à Gand, » dans la liste des souscripteurs au recueil de danse de d'Aubat de Saint-Flour (1). Ce ne peut être le susdit Laurent, vu que le recueil parut au milieu du xvnie siècle. Un L. Boutmy vivait en 1785 (2). On a gravé, vers cette époque, une Ouverture pour le Forté-Piano^œoec accompagnemenl d'un violon^ par Laurent Boutmy^ morceau trèsincorrect comme harmonie et absolument vide d'idées. Enfin, on rencontre encore, en 1785, un A. Boutmy, lequel reçoit à Bruges, pour son usage particulier, un piano récemment construit (3).
Telle est la nomenclature, fort incomplète, des membres d'une famille qui a fourni à Tari musical plusieui^ virtuoses distingués. Pour la première lois, la biographie de Josse Boutmy, leur chef en quelque sorte, est élucidée ici. 11 restera à déterminer la part respective qui revient à la branche gantoise et à la branche bruxelloise. C'est l'œuvre du temps.
STAES (Ferdinand), organiste de la Cour, à Bruxelles, en la deuxième moitié du xyu!*" siècle.
Après le décès de Josse Boutmy (4), Guillaume Staes passa de second organiste de la chapelle royale, aux fonctions de premier organiste de la même chapelle. Claude- Joseph Van Cools, pour le bon rapport qui fut fait ml de sa capacité et de son expérience, » remplaça Guillaume Staes dans le premier de ces emplois. Cette dernière nomination eut lieu le 2 décembre 1779.
La rareté des documents relatifs à nos anciens clavecinistes, nous fait un devoir de reproduire ici tous les actes
(1) Musique aux Pays-Bat^i. II, p. 406.
(3) /c/., ibid.
(4) Décès qui eut lieu, on Ta vu, le 27 novembre 4779.
qui précédèrent et accompagnèrent les deux promotions susdites. La première pièce qui s'y rapporte, date du 9 janvier 1772 :
Le soussigné conseiller au conseil des domaines et finances de Sa Majesté authorisé par résolution de Son Altesse Roiale sur extrait de protocolle dud* conseil du 24 décembre 1771, déclare et promet par cette à Guillaume Staes, second organiste de la chapelle roiale, que, lors du décès du s' Boutmy, lui Staes sera nommé à la place du premier organiste de la d^ chapelle aux gages de six cents florins, et qu'il lui en sera dépêchée alors la commission afférente.
Item, déclare et promet encore que Ferdinand Staes, fils dudit Guillaume Staes, succédera ensuite immédiatement et dans son tems, à son père, dans ladite place de premier organiste, aux mêmes gages de six cents florins, aux conditions auxquelles les dits Staes père et fils se sont soumis ; que, lorsqu'ils parviendront successivement à cette place de premier organiste, ils devront entretenir à leurs fraix et faire les réparations nécessaires à Torgue, jouer aux concerts de table et autres concerts à la Cour, et entretenir aussi à leurs fraix le clavecin qui seil au concert de table les jours de gala, après la mort du nommé Neuman, qui rentretient^actuellement. Bruxelles, le neuf janvier 4772. J. De Witte.
Ferdinand Staes était donc le fils de Guillaume Staes. D'autre part, le premier organiste était chargé, en dehors de son office à la chapelle royale, de « jouer aux concerts de table et autres concerts à la Cour. » Ces deux renseignements subsidiaires ont leur importance. Avant d'aller plus en avant, produisons une autre information digne d^intérét. Guillaume Staes fut nommé second organiste de la Cour, le 17 avril 1758, en remplacement de Melchior Vander Kerckhoven, et aux gages de trois cents livres. Il avait rempli les fonctions du défunt organiste pendant quatre ans consécutifs. Le maitre de chapelle De Croes lui attribue a des talents rares connus de tout le monde. » De Croes ajoute qu'il était « parvenu, par une application de quantité d'années, à toucher l'orgue et le clavecin avec beaucoup d'art et de science. » Les concurrents de Guillaume Staes étaient Godefroid Rottenbourg , admis, en 1736, à faire partie du personnel musical de la chapelle, mais dé-
missionné ensuite, avec demi-solde; Etienne Lœillet, premier violon de la chapelle, muni d'un certificat de feu Jean-Joseph Fiocco, « vivant maître de musique de la Cour, )> certificat daté du 9 décembre 1744 ; et Claude-Joseph Van Cools, considéré comme un routinier, et dont le père Ânloine Cools, fut organiste de la CiOur. Il était, depuis vingt-deux ans, organiste de la chapelle, d'après un certificat, délivré le 27 février 1758, par « Josse Boutmy, organiste de la Cour, Charles-Joseph Van Helmont, maître de musique des SS. Michel et Gudule, Mathias Del Haye, maître de musique de Notre-Dame de la Chapelle, Jean- Jacques Dezicque, maître de musique de Notre-Dame du Sablon. »
La requête de Claude-Joseph Cools , en vue d'obtenir « l'adjonction à la place de Josse Boutmy, » après le décès de ce dernier, est de la teneur suivante :
A Son Altesse Roîale.
Claude-Joseph Van Cools, natif et inhabitant de cette ville de Brusselles, fils de feu Anthoine, vivant organiste de la chapelle roîale, a rhonneur de représenter très-respectueusement à Votre Altesse Roïale,quc son père étant venu à décéder en septembre i736, le remontrant avoit déjà pour lors la capacité requise pour le remplacer dans son emploi, malgré l'intention qu'avoit alors feue son Altesse Séré* nissime Marie-Élisbeth, gouvernante générale des Pays-Bas, d'heureuse mémoire, de le faire succéder à son pèi*e, on en préférât cependant un autre, qui avoit seu gagner la bienveillance du grand-écuîer. le remontrant, dénué d'appui et de protection, n'eut d'autre ressource que de faire par\'enir ses tristes plaintes h Sadite Allesse, qui, étonnée de ce que le remontrant avoit été exclus de l'emploi de son père, eut la bénignité de lui accorder une pension annuelle de cent écus, pour subsister avec ses deux frères qu'il avoit, laquelle pension lui a été paîée jusques à la mort de Sadite Altesse Sérénissime ; depuis l'extinction de ladite pension, le remontrant a été obligé de vivre avec beaucoup de peine, n'aîant jamais eu depuis lors l'occasion de recourir à la clémen3e du gouvernement, pour en obtenir quelque grâce; le grand âge du s' Boutmi, organiste actuel de Votre Altesse Roîale, lui donne la confiance de prendre son très-respectueux recours vers Votre Altesse Roîale, la suppliant, avec la plus profonde vénération, que, daignant considérer la capacité du suppliant et les services
rendus par feu son père, sod bon plaisir soit de lui accorder Tadjonction de la place d'organiste de la chapelle roTale» pour succéder à la même place, après le décès du s' Boutmi. Cestla grâce, etc.