‹ La musique d'égliseChapitre 17 sur 25 · LES INSTRUMENTS AUTRES QUE L’ORGUE · texte numérisé non relu

LES INSTRUMENTS AUTRES QUE L’ORGUE

texte allemand, — commeaussi pour sa première messe. — S’il a conservé des paroles, à coup sur c'est uniquement parce qu il est impossible de chanter sans paroles. C est là de la musique essentiellement instrumentale; elle n'a aucun sens verbal déterminé; aucune représentation précise ne lui sert de fondement. »

Dans ces derniers temps il s’est élevé des voix pour revendiquer une place dans la célébration du service divin en faveur des œuvres d’église des trois grands maîtres Haydn, Mozart et Beethoven. D'abord c’est le Dr Alfred Schnerich qui plaide la cause de Haydn et de Mozart [Messe et Requiem seit Haydn und Mozart , Wien 1909). D autre part, le Dr Karl Storck dans sa Geschichte der Musift, et le Dr Fritz Volbach dans son Beethoven cherchent à prouver que la liberté de la Missa sole omis n’est pas absolument inconciliable avec les exigences du culte catholique.

Celui qui est entré profondément dans 1 esprit de la liturgie catholique (dans le cadre de laquelle il faut bien que l’exécution trouve sa place) s apercevra qu’entre le sérieux de l'action liturgique et la gaieté, qui se traduit bien souvent dans ces compositions par des éclats bruyants, il y a un abîme infranchissable, — sans même parler de la question du texte, — et il reconnaîtra que, pour l’église, il n’v a rien à conserver de Haydn, de Mozart ni de Beethoven.

De Beethoven jusqu'à la restauration de la musique instrumentale d’église. Au

groupe des classiques viennois appartient !*ranz

'y* U MUSIQUE INSTRUMENTALE.

Schubert (né en 1797, mort en 1828 à Vienne), le grand maître du lied allemand. Il a écrit 6 messes latines, dont les meilleures sont celles en mi bémol et en sol.

Cherubini, né en 1760 à Florence, mort en 1842 a Paris, se rattache également à l’école classique devienne. Nous connaissons de lui 11 grandes messes (dont la fameuse en fa), beaucoup de morceaux pour la messe, deux Requiem, 38 motets fies graduels et des hymnes.

De tous les compositeurs de cette époque, c’est peut-être le frère du grand Haydn, Michael Haydn, f|ui a le mieux observé les prescriptions de l’Église

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parmi lesquelles ses Tenebræ et ses deux Missæ qua/i rages i m aies sont les plus réputées). Quand il était directeur de la musique à Salzbourg-, il composa de nombreuses messes, des graduels et des offertoires ; son frère Joseph et Mozart reconnaissaient sans peine sa supériorité dans le domaine religieux.

Un autre compositeur fécond du môme temps (32 messes, 30 offertoires, 7 Te Deum , etc.), ce fut le maître de chapelle de la cour de Vienne Joseph Eybler. Après lui viennent encore bien des auteurs connus, comme Preindl, Albrechtsberger, l’abbé Vogler, etc., dont le talent ne peut être contesté.

Franz Liszt (1811-1886), l’incomparable virtuose, le génial compositeur, occupe une place à part dans le domaine de la musique sacrée. Pour bien comprendre ses œuvres spirituelles, il faut sans doute le considérer comme reflétant les impressions religieuses successives de son âme essentiellement

LES INSTRUMENTS AUTRES t)UE L ORGUE. t95

mobile ; alors on s’explique qu'à côté de la Meuse solennelle de Gran si richement instrumentée, et de la pompeuse Messe hongroise du couronnement , il ait écrit dans un style si sobre la Missa choralis qui rappelle l’art du xvic siècle.

Anton Bruckner (1827-1896), le célèbre symphoniste viennois, est, corn me artiste, étroitement apparenté à Liszt. Et, quoiqu’il ait écrit trois messes (en ré, en fa et en mi), il n’a pu, tout comme Liszt, prendre une place importante dans le répertoire musical des églises.

A côté de musiciens estimables, nous rencontrons à la même époque une foule de compositeurs auxquels non seulement les dons naturels mais même la volonté de faire œuvre d’artiste ont manqué; ne citons dans cette catégorie qu’un nom typique, celui de Schiedermayer. On ne pouvait aller plus loin sur le chemin de l’erreur ; le salut devait venir, — il vint. La grande pensée de restauration qui inspira la Société Cécilienne s étendit aussi à la musique instrumentale, et alors apparaît une musique instrumentale digne de l’Église, qui compte des maîtres comme Schabel, Brosig, Filke, etc. (ceux-ci de l’école dite de Breslau), comme aussi Greith. Rheinberger, etc., parmi ses représentants les plus remarquables.

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