‹ La musique et le dessin considérés comme moyens d'éducationChapitre 10 sur 14 · L ORCHESTRE · texte numérisé non relu

L ORCHESTRE

dialogues et alternatives, tantôt par fusion, rarement par opposition violente, presque jamais, comme font trop souvent nos contemporains, en hachant l'idée par menus fragments épars dans l’orchestre et se succédant, se substituant l’un à l’autre d’une manière heurtée, imprévue, fantasque et comme ironique. Dans les symphonies d’Haydn, de Mozart, de Beethoven, de Mendelssohn, une phrase passe souvent d’un instrument, d’un groupe à un autre ; la variété des timbres donne lieu à des combinaisons intéressantes, mais toujours cette variété se ramène à l’unité de l’inspiration; tous les éléments en sont étroitement solidaires comme dans un corps bien organisé et bien vivant : « Les voix multiples de l’orchestre qui se plaignent ou menacent — j’ajouterais qui murmurent tendrement ou joyeusement s’épanouissent — chacune à sa manière et dans son style, semblent n’en former qu une seule, si grande est la force du sentiment qui les anime. » (i)

(i) Berlioz. A travers chants , p. 55

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