‹ La musique et les musiciensChapitre 116 sur 286 · TIMBRES ET COULEURS · texte numérisé non relu

TIMBRES ET COULEURS

font de grands trous noirs dans la masse ; le roulement de tambour est grisâtre; le triangle ne peut être, au contraire, qualifié autrement (^xx' argentin.

C'est du moins ainsi queye les entends, ce qui n'empêche que d'autres peuvent les voir autrement; mais chez presque tous la perception du timbre musical est liée, fût-ce inconsciemment, à une idée de coloris sur laquelle il me suffira certainement d'avoir appelé l'attention pour que chacun en reconnaisse l'existence.

Je n'oserais pas être aussi catégorique en ce qui concerne la grande famille des instruments à archet, parce que chacun d'eux possède à lui seul une infinie variété de timbres; le violon, par exemple, dans ses sons harmoniques, est aussi aérien, aussi bleu que la flûte; sa quatrième corde donne l'illusion du brun rouge grave de la clarinette ; et avec sa sourdine, il rappelle, s'il le veut, le caractère champêtre ou profondément triste du hautbois ou du cor anglais, tandis que ses pizzicati sont des pointillés noirs. Disons que le violon, roi de l'orchestre, instrument d'une richesse de timbre à nulle autre pareille, possède presque toute la gamme des couleurs musicales.

Il serait tout aussi illusoire de chercher à assigner une couleur unique au violoncelle; comme le violon, il les possède à peu près toutes, mais plus graves, plus foncées.

On les retrouve aussi dans Valto, mais comme atténuées et voilées par une teinte générale neutre, à travers laquelle les diverses nuances semblent vues comme dans un brouillard. Il est bien utile dans l'ensemble, mais il n'a pas de personnalité propre tranchante; c'est un philosophe mélancolique, serviable, toujours prêt à se mettre en quatre* pour venir en aide, mais qui n'aime pas à appeler l'attention.

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