ANCHES
On distingue Vanche battante, qui ferme entièrement Touverture et vient frapper ses bords à chaque pulsation, en ajoutant un bruit assez désagréable au son musical, et Y anche libre, que nous venons de décrire, et dont voici la figure, en coupe et en perspective (fig. 21).
Une paille de 15 à 20 centimètres, si on en soulève une partie voisine d'un nœud, de façon à former une petite languette de 2 à 3 centimètres, comme on le voit ci-dessous (fig. 22), donne un son déjà musical, et nous ofire
Fig. 22.
le type le plus simple et le plus rudîmentaire de Tanche libre. Le modèle du genre, c*est le larynx; car la voix humaine n*est pas autre chose qu'un merveilleux instrument à anche, dont la perfection n'a été atteinte par aucun facteur.
Pour en finir avec les anches , disons que dans le jeu de certains instruments, appelés instruments à embouchure (cors, trompettes, etc.), les lèvres de Texécutant font office à^ anche double ; leur pression contre les parois de Tembouchure modiûe leur tension, qui à son tour détermine le mode de subdivision de la colonne d'air qu'elles commandent.
Dans le hautbois et le basson, l'air ne peut pénétrer dans le tube sonore qu'en passant entre deux anches en roseau, appuyées l'une contre l'autre et pressées par les lèvres de Tartiste.
Nous reviendrons en temps et lieu sur ces diverses applications du principe anche.
Les membranes ou peaux parcheminées, tendues circu- Layignac. — La Musique. 2
lairement, font entendre des sons d'autant plus aigus qu'elles sont plus fortement tendues et de plus petite dimension. Je ne crois pas qu'on ait jamais déterminé les lois de rapports exacts de leurs vibrations, ce qui n'aurait d'ailleurs aucune importance pour nous, les sons qu'elles donnent étant toujours confus, sans netteté, et se rapprochant plus du bruit que du son musical. Une exception doit être faite pourtant en faveur des timbales, qu'on arrive réellement à accorder, au moyen de nombreuses vis de tension disposées à leur périphérie.
La seule particularité que nous ayons à noter ici, parce que nous aurons un parti à en tirer plus tard, c'est qu'une membrane est apte à produire simultanément ou successivement beaucoup de sons différents, plus ou moins justes ou faux, et souvent d'une grande intensité.
Il en est un peu de même des plaques métalliques, quoique chez elles les sons soient sensiblement plus nets; leur note fondamentale est généralement accompagnée d'harmoniques très élevés et discordants entre eux, d'où résulte leur timbre spécial, qu'on est libre de trouver plus ou moins agréable. D'une façon générale, on peut dire que leurs vibrations sont en raison directe de leur épaisseur et en raison inverse de leur étendue, de leur surface.
Plus intéressantes sont les vibrations des verges ou lames métalliques, qui rendent, dans beaucoup de cas, des sons musicaux parfaitement déterminés.
Qu'elle soit frappée par un marteau ou ébranlée par le frottement d'un archet, une lame varie d'intonation en raison inverse du carré de sa longueur; ainsi, en supposant que Vut fjf^ " de 1,034 vibrations soit produit par
une lame de 18 centimètres de longueur, une autre lame du même métal et de la même épaisseur, mais de longueur moitié moindre, soit 9 centimètres, donnera non l'octave