‹ La musique et les musiciensChapitre 165 sur 286 · PRÉPARATION · texte numérisé non relu

PRÉPARATION

devenir dissonante, et qu'on présente d'abord comme consonance.

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Anciennement, la préparation était considérée comme obligatoire pour toute dissonance. C'est à la fin du XVI® siècle qu'un puissant novateur, qui a joué un rôle considérable dans l'évolution musicale, Monteverde*, osa, lui premier, attaquer directement, sans préparation, les dissonances contenues dans les accords de septième de dominante, de septième de sensible, de septième diminuée, et même de neuvième de dominante, formant ainsi de ces accords (qui sont entièrement fournis par les sons harmoniques) une famille spéciale, intermé diaire entre les accords consonants et les véritables accords dissonants, et qu'on a appelée depuis d'un nom fort approprié, harmonie dissonante naturelle.

Ce groupe mixte, en quelque sorte, est soumis aux lois spéciales des accords dissonants en ce qui concerne la résolution, mais est dispensé de préparation, ce qui le rattache, d'un autre côté, aux accords consonants.

Telle est la théorie actuellement admise comme classique, mais je dois dire que de jour en jour elle s'élargit, et que nombre de compositeurs modernes attaquent couramment toute espèce de dissonance, sans qu'il soit question de préparation.

Arrivé ici, le lecteur comprendra aisément pourquoi je n'ai pas osé fixer, au chapitre traitant d'acoustique*,

1. Voir au chap. V. Il est probable que Monteverde n'a pas eu conscience lui-même de l'immense portée de sa trouyaille.

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