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284 GRAMMAIRE DE LA MUSIQUE
la délimitation précise entre ce qui est consonant et ce qui est dissonant; il y a là une question d'usage, d'habitude, de tolérance et d'accoutumance de l'oreille, qui a varié, varie et variera encore selon les époques, en raison des tendances individuelles des compositeurs et aussi du degré de dureté que l'éducation musicale des auditeurs les conduira progressivement à supporter. Il est déjà facile de prévoir que dans un avenir peu éloigné la pré-
Iparation des dissonances tombera en désuétude et ne subsistera qu'à titre d'archaïsme.
De nos jours, et à l'école, dans les études d'harmonie, elle reste encore obligatoire pour les accords les plus dissonants : ceux de septième majeure, de septième mineure, et de septième mineure et quinte diminuée, qui, dans certains traités, sont appelés accords avec prolongation, et, dans d'autres, constituent Y harmonie dissonante artificielle. Ces deux termes sont également justifiés par les explications qui précèdent.
XV. — Il va de soi que toutes les règles relatives soit à la préparation, soit à la résolution des accords dissonants à l'état fondamental, que j'ai seuls donnés comme exemples afin d'abréger, s'appliquent exactement à leurs renversements. Les notes sont interverties, mais chaque degré conserve les mêmes tendances, la même somme de dissonance, et doit être traité de la même manière.
Quand toutes ces règles sont bien comprises et strictement appliquées, ce qui n'est pas toujours d'une extrême facilité, la réalisation est pure et correcte, l'efiet sonore satisfaisant pour l'oreille.
Pour mieux les faire pénétrer dans l'esprit du lecteur, j'ai construit le tableau suivant, qui me semble les ré-