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LE CONCERTO

h^Andante, le Scherzo ou le Menuet, et le Finale obéissent aux pians que nous avons décrits précédemment.

Nous arrivons donc au Concerto,

Ici, l'identité de coupe est un peu plus difiQcile à reconnaître, sans être douteuse pour cela, h' Allegro de Concerto, au lieu d'être scindé, comme celui de la Sonate, en deux reprises, dont la première se répète, est divisé en trois soli, précédés chacun d'un tutti nécessaire pour donner du repos au soliste , lui permettre de vérifier l'accord de son instrument si c'est un violoniste ou un violoncelliste, ou, s'il joue d'un instrument à vent, lui laisser le temps de rejeter l'eau accumulée dans ses tubes, opération peu élégante, mais indispensable.

Le premier solo correspond à la première reprise de la Sonate; comme elle, il expose le thème dans le ton principal, puis s'achemine vers la dominante pour y faire entendre le deuxième motif, et conclut dans ce même ton.

Le deuxième solo correspond au début de la deuxième reprise; il consiste donc en développements modulés tirés des deux motifs, en traits ingénieux, en combinaisons imprévues, souvent étrangères au sujet, en surprises, etc.

Le troisième solo correspond au reste de la deuxième reprise à partir du retour du thème initial jusqu'à la coda finale. Vers la fin de ce dernier solo, ou séparé de lui par un court tutti, se trouve un repos à la dominante accusé par un point d'orgue ; à cet endroit, l'exécutant, s'il est doublé d'un improvisateur, est autorisé à introduire une cadence de son cru*, qui peut varier depuis quelques traits de virtuosité jusqu'à une paraphrase développée de l'œuvre exécutée. (La cadence est un vestige non douteux des traditions de l'école italienne, où tous les airs de bravoure se terminaient ainsi.) Après la cadence, l'orchestre reprend et conclut.

1. Souvent l'auteur, méfiant, a la précaution d'écrire lui-même la cadence.

La dimension proportionnelle des tutti n'est nullement déterminée. Dans certains Concertos, le premier tutti, celui qui précède l'entrée du soliste, prend presque l'importance et la forme d'une première reprise de Symphonie^; dans d'autres, il se borne à quelques mesures, comme pour appeler l'attention et imposer le silence; enfin, il n'est pas rare de le voir totalement supprimé, et le virtuose attaque alors seul et de suite le premier solo

De ÏAndante, rien à dire; c'est celui de la Sonate.

(Le Concerto ne comporte pas de Menuet , quelques tentatives modernes ont été faites d'y introduire le Scherzo.)

Le Finale est généralement conçu dans la forme Rondo, mais toujours entrecoupé de tutti, dont l'utilité n'est pas seulement de laisser reposer l'exécutant, mais aussi, en supprimant pour un temps le timbre de son instrument, de donner plus d'intérêt à sa rentrée

Comme TAllegro, le Finale peut contenir une cadence destinée à faire briller le virtuose.

Plutôt que de m'appesantir sur cette description déjà longue, je préfère donner ici, en entier, et non sans quelques détails, le plan d'un Concerto célèbre avec ses proportions; cela contribuera à bien faire saisir au lecteur ce qu'il faut comprendre par analyse d'une œuvre au point de vue de son architecture , et je n'aurai plus à y revenir au sujet d'autres formes de composition.

Voici donc comment est construit le troisième Concerto, en ut mineur (op. 37), de Beethoven, pour piano et orchestre. Dans le premier morceau, il faut admirer la sobriété des modulations ; on est toujours en ut, majeur ou mineur, ou en mi bémol, ton relatif, ou en sol mineur, ton de la dominante; d'autres tonalités ne sont que touchées en passant ; aussi l'aspect général est-il imposant et grandiose.

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