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En principe, les tons authentiques ont leur finale au I" degré, et leur dominante au V"»* ; les tons plagaux ont leur finale au IV"* degré, et leur dominante au VI"»*.
Mais toutes les fois que l'une des deux principales notes du mode se trouve être un si, on rejette cette note comme sans valeur et on lui substitue le degré au-dessus. Ainsi, dans le 3"»* mode(auth.) les deux principales seront mi et ut au lieu de mi et si; dans le 4"* (plagal) les deux principales seront mi et la, le si ne comptant pas comme point de départ, et la dominante devapt se trouver à distance de 6*fi de ce point de départ ; pour le 8"' mode, c'est encore ut qui devient dominante i.
La finale est la même dans un mode authentique et dans le mode plagal qui en dérive ; mais ils diffèrent toujours par la dominante ; ce que démontre le tableau précédent.
C'est aussi sous le pontificat de saint Grégoire, auquel quelques auteurs attribuent personnellement cette réforme, qu'on voit les Romains réduire leur notation aux sept premières lettres , qui s'appliqueraient ainsi aux sept notes de notre nomenclature moderne :
la si do ré mi fa sol
Un fait dont le haut intérêt n'échappera à personne, c'est que ces dénominations se sont conservées intactes à travers les siècles, qu'elles sont encore en usage en Allemagne et en Angleterre, et qu'enfin nous y trouverons plus tard le point de départ et l'explication du système des clefs, tel qu'il est pratiqué actuellement ; et les lettres que nous voyons encore en haut des cordes du piano sont le dernier vestige de ces civilisations mortes.
B. — Les Primitifs.
Vint ensuite, pour durer pendant la plus grande partie du Moyen-âge, un système bizarre, aujourd'hui incompré-
1. C'est vers le x* siècle, époque où le peuple a commencé à prendre part au chant religieux dans le sanctuaire, que s'est faite cette corruption des modes, si-fa paraissant impossible aux gosiers plébéiens. Les Grecs ne redoutaient nullement le triton, et le si était alors parfaitement valable comme dominante ou comme finale.