‹ La musique et les musiciensChapitre 261 sur 286 · LES NEUMES · texte numérisé non relu

LES NEUMES

hensible, consistant en signes quasi hiérogljrphiques ou abréviatifs, qu'on appelait les neumes, dérivant sans doute des notes rabbiniques et n'ayant qu'une signification de pure convention. Les neumes n'indiquaient pas des sons précis, d'un degré déterminé, mais des groupements de sons, un peu comme les signes du grupetto et du tremblé (c\9 et <%%«) dans la notation moderne; il y en avait un grand nombre : j'en ai compté jusqu'à quarante dans un vieux manuscrit. Les plus éminents musicologues se sont évertués à les déchiffrer, et il n'en est pas un qui soit arrivé à en donner une traduction satisfaisante ; on connaît à peu près la signification individuelle de chacun d'eux, mais rien n'indique comment ils se relient entre eux, ni le point de départ de la tonalité.

Les chartreux eux-mêmes, qui ont conservé intact, par la tradition, le plain-chant du xi* siècle, n'ont pu me fournir la traduction que de quelques signes ; il me paraît pourtant intéressant de la consigner ici. Le tableau suivant, dressé d'après les renseignements qui m'ont été donnés, à la Chartreuse, par un Père très savant en chant liturgique, contient :

1* Le nom du signe neumatique;

2* Ce signe lui-même tel qu'on le traçait au xi« au xiii" et au

XIV» siècle ; 3* Sa signification :

4* Sa traduction en caractères de plain-chant ; 5** Sa traduction en notation actuelle.

Les sons n'étant pas déterminés, mais seulement le contour vocal, je n'emploie pas de clefs, et ne puis songer à en employer, puisque tous ces signes ne représentent que des sortes de vocalises, de tours de voix ou d'inflexions quelconques, appliqués à un chant liturgique transmis de siècle en siècle par la tradition orale, (Le chant des chartreux diffère considérablement du chant d'église actuel.)

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