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LE FAUX-BOURDON

vait dans chaque hexacorde, en joignant à cette triple dénomination la lettre qui était en quelque sorte le signe de reconnaissance. Ainsi la note qui aujourd'hui se nomme la tout court, se nommait pompeusement jadis, comme on vient de le voir, A mi la ré. Il en était de même pour toutes les autres, et dans nombre de partitions bien ultérieures on voit que les auteurs avaient conservé l'usage inutile de dire, par exemple : des cors en C ut sol, des trompettes en A mi la.

Pour l'écriture, on avait conservé la portée avec des points indiquant les notes et quelques signes neumatiques, mais aucun parti pris en ce qui concerne le nombre des lignes, qui a longtemps varié.

En dépit de tous ces impedimenta, l'art progressait sensiblement. C'est au xiv* siècle qu'apparaît le système du faux-hourdon ; les suites de tierces et de sixtes à trois parties y remplacent systématiquement celles de quartes et de quintes; il est assez rapidement adopté en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas.

Moins dur et moins brutal que la diaphonie, il présen tait l'inconvénient d'une extrême monotonie.

Les grands compositeurs deviennent nombreux; sans nous arrêter à Jean de Meurs ou de Mûris (1270 -J- 1320), plus connu comme théoricien, il y a lieu de citer Guillaume Dufay(1350) et Ockeghem (1420), qui paraissent les créateurs de la fugue; puis, appartenant comme eux à l'école flamande ou gallo-belge :

Desprès (Josquin) (vers 1450 fl521), né dans le Hainaut.

Apprit le contrepoint de Jean Ockeghem, et écrivit dans ce style, alors en honneur, des chefs-d'œuvre tels que Messes^ Motets^ Chansons, etc., en nombre considérable, qui furent accueillis avec enthousiasme par ses contemporains, y compris Luther, et sont encore l'objet de l'admiration de musiciens érudits.

On écrit souvent : Josquin des Près.

Arcadelt (Jacques) (vers 1500), né dans les Pays-Bas.

Madrigaux, musique d'église, motets, chansons, cantiques en très grand nombre, des messes.

Fut maître de chapelle au Vatican, puis chez le duc de Guise.

Lassus (Roland de) (1520 f 1594), né à Mons (Belgique).

Orlando Lasso est le nom qu'on lui donne le plus souvent, bien qu'on l'appelle parfois Roland Delattre ; il fut l'un des plus grands musiciens du xvi* siècle.

Maître de chapelle à Saint-Jean de Latran (Rome) dès l'âge de vingt et un ans, puis du duc Albert de Bavière, il mourut fou à Munich.

Ses œuvres, admirables pour ceux qui savent comprendre le style de son temps, consistent en Messes, en Psaumes , en Motets; puis, dans un autre ordre d'idées, en Chansons et Madrigaux, le tout en nombre considérable et de la plus haute valeur archéologique.

puis un très illustre musicien Espagnol,

Vittoria (1540? f 1608.?), né à Avila (Espagne).

Messes, Psaumes, Motets, dans un style voisin de celui de Palestrina, à quatre, cinq, six, huit et même souvent douze voix.

Goudimel (•{•1572), Français, qui fut le maître du grand Palestrina; Clément Jannequin (1480 ?), le célèbre auteur de la Bataille de Marignan, œuvre curieusement descriptive et qui fut souvent imitée.

Vers la même époque vivait en Allemagne :

Luther (Martin) (1484 f 1546), né à Eisleben (Saxe).

La musique jouait un rôle important dans sa réforme religieuse, car il avait pour principe que « la musique gouverne le jnonde, et rend les hommes meilleurs ».

Il con^posa lui-même la musique de beaucoup de Chorals protestants, dont l'un : « Ein feste Burg », particulièrement célèbre, a fourni à Meyerbeer un document puissant pour sa partition de» Huguenots.

Le choral protestant, né après la fin du Moyen-âge, diffère essentiellement du plain-chant catholique en ce qu'il a toujours été composé en vue d'un accompagnement polyphonique, tandis que le plain-chant, dérivé soit du culte israélite, soit d'hymnes grecques ou romaines, n'a

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