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LA FACTURE INSTRUMENTALE

Mentionnons encore le grand et célèbre chanteur

Stradella (1645 f 1670?), né à Naples,

qui , d'après la légende , a désarmé les spadassins chargés de l'assassiner, par le prestige de son talent de chanteur et de compositeur. Cela peut être vrai.

[Quant au fameux Air d'église dit de Stradella « Pi «/a Signore », il ne peut en aucune façon lui être attribué, ne correspondant en rien au style de son temps ni au sien propre. Il est infiniment plus moderne. Plusieurs l'ont cru de Rossîni. C'est aussi une erreur. J'ai de bonnes raisons pour nommer son auteur: c'est Fétisj qui en cette circonstance a fait acte de mystificateur en même temps que de grand artiste.]

aussi Reincke ( 1623 -j- 1722), organiste et claveciniste; Ghambonnières, organiste et claveciniste; Froberger

(1637-}- 1695), organiste ; Purcell, compositeur anglais, et

les savants théoriciens dom Jumilhac, le P. Mersenne,

Eircher et Doni, auquel on attribue la substitution de la syllabe do à la syllabe ut, gênante pour la solmisation; et enfin quelques facteurs ou luthiers :

Cristofori (1653 f 1731), né à Padoue.

Construisit à Florence (vers 1711) un clavecin dit<( à marteaux » qui précéda de cinq ou six ans l'invention du piano, et peut y avoir contribué indirectement.

Steiner (1620 f 1670), luthier, né à Absom (Tyrol). (Voir p. 158.J

Stradivarius (1644 f 1737), luthier, né à Crémone. (Voir p. 157.)

GuameriuSy famille de luthiers du xvii* et du xviii* siècle,

originaire de Crémone.

(Voir à l'article Violon, p. 157.)

Ceci nous conduit à constater les nouveaux progrès de la facture effectués à cette époque. Aux instruments, déjà nombreux, cités précédemment, il convient d'ajouter : le Violon, qui dès 1520 avait conquis déjà sa forme définitive et n'a plus subi de perfectionnements depuis Stradivarius; des Violes de toutes les dimensions et des formes

les plus curieusement variées; la Violette (petite viole); la Viola di braccia (de bras), origine de l'alto; la Viola di gamba (de jambe), origine du violoncelle, mais qui en ce temps avait cinq cordes; la Viola bastarda; la Trompette marine*, instrument monté d'une seule corde très longue, d'un son doux et mélancolique, ce qui fait que ce bon M. Jourdain n'est pas si ridicule qu'on veut bien le croire; il ferait peut-être mieux de dire mélodieux, qu'harmonieux, puisqu'il n'y a qu'une seule corde ; mais encore cette corde produit-elle ses harmoniques.

La famille du Luth et de la Mandore s'arrondit de la gracieuse Mandoline et du majestueux Théorbe ou Archiluth (fin du xvi* siècle), avec son double manche et ses formes sculpturales. La Guitare et la Harpe subissent peu de modifications. Il n'en est pas de même du Psaltérion, qui, par l'adjonction d'un clavier semblable à celui de l'orgue, se transforme progressivement en Epinette, Virginale, Glavicorde, puis enfin Clavecin (xiv® au xvi®).

Il y avait des Flûtes de toutes grandeurs ; les plus longues résonnaient comme des tuyaux d'orgue. L'idée de compléter les familles (idée à laquelle on revient) avait conduit à construire des Bassons aigus et des Hautbois graves, malgré l'apparente contradiction des mots ainsi accouplés. Les Cornets à bouquin jouaient un grand rôle (il nous en est resté encore longtemps le serpent, puis l'ophicléide) . La famille des cuivres s'enrichit d'une puissante personnalité, le Trombone à coulisse (xvi® siècle), d'abord dénommé Sacquebute, et créé dès l'origine en quatre types : alto, ténor, basse et contrebasse.

Vers la fin du xv® siècle, les pédales sont appliquées à l'orgue par Bernard Mured; à cette époque, et même antérieurement, elles faisaient mouvoir les Carillons à clavier qui, du haut des clochers des cathédrales, des beffrois

1. Pourquoi « trompette » et poui^quoi « marine ».' Je crois bien qu'on n'en saura jamais rien.

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