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FACTEURS FRANÇAIS

Tourte (1747 f 1835), fabricant d'archets, né à Paris.

A perfectionné cette fabrication et arrêté la forme définitive de l'archet; ses produits, qui deviennent de plus en plus rares, sont recherchés de tous les virtuoses, et ont la plus grande valeur.

(Voir p. 159.)

Érard (Sébastien) (1752 -J- 1831), facteur de pianos et de harpes,

né à Strasbourg.

Inventeur de génie, auquel on doit les types du piano à queue moderne et de la harpe à double mouvement, seule employée maintenant.

Il avait aussi inventé un orgue d'église expressif sous la pression du doigt, qui n'a pu être terminé, mais dont une partie a été utilisée pour la construction de l'orgue de la salle des concerts du Conservatoire.

Pleyel (Ignace) (1757 -1-1831), facteur de pianos, né près de

Vienne, à Ruppersthal.

Fondateur d'une des deux plus importantes fabriques de pianos de France, il fut aussi un remarquable compositeur de musique de chambre, et élève de Haydn.

Particularité intéressante : son père, qui était maître d'école, eut, de deux mariages, trente-huit enfants; Pleyel était le vingtquatrième, le dernier de la première femme.

Barker (1806 f 1880), facteur d'orgues, né à Bath (Angleterre).

Inventeur du levier pneumatique, aujourd'hui adopté par tous les facteurs, qui a rendu le toucher de l'orgue aussi souple que celui du piano le plus docile ; fut aussi le premier à remplacer le mécanisme ancien par la transmission électrique.

CaTaillé-Coll(Aristide) (1811), facteur d'orgues, né à Montpellier.

Fils et petit-neveu de facteurs d'orgues, a atteint dans cet art, qui exige des connaissances si complexes, la plus haute perfection ; c'est à lui qu'on doit les orgues de Notre-Dame, de Saint- Sulpice, de la Madeleine, de la Trinité, de la basilique de Saint- Denis, de l'insigne basilique de Saint-Sernin, à Toulouse, et d'une quantité d'autres, plus de cinq cents (500), de toutes dimensions, en province ou à l'étranger aussi bien qu'à Paris. C'est un artiste de génie doublé d'un savant acousticien, et ses découvertes aussi bien que ses inventions ont une portée incalculable.

Merklin (1819 -J-), facteur d'orgues, né à Oberhausen (Bade.)

Fondateur de la Société Merklin-Schutze et C** pour la fabrication des orgues d'église, il a construit, surtout pour la France et la Belgique, des instruments de premier ordre, notamment

ceux de Saint-Eustache, Saint-Eugène, Saint-Philippe du Roule, à Paris; les cathédrales de Lyon, Rouen, Bourges, Dijon, Arras; Saint -Nicolas, à Boulogne, tous remarquables par la beauté des timbres et leur excellente facture.

Sax (Adolphe) (1814-1-1894), facteur d'instruments de cuivre, né

à Dinant.

Les inTentions ou perfectionnements dus à ce célèbre facteur ont eu pour effet une transformation complète des corps de musique militaire, soit en y introduisant des éléments nouveaux (saxhorns, saxophones, saxotrombas), soit en améliorant.les instruments déjà connus (clarinettes, cors, trompettes et trombones à pistons). Tous ces instruments figurent aussi au théâtre, principalement sur la scène, pour les cortèges, défilés, etc.; mais seul le saxophone a été introduit dans l'orchestre symphonique.

Sax avait conçu l'idée d'une salle de théâtre parabolique, dans laquelle l'orchestre serait caché sous la scène, comme au théâtre wagnérien de Bayreuth; cette idée n'a jamais reçu son application, mais il est invraisemblable que Wagner n'en ait pas eu connaissance.

En raison du degré de développement acquis de nos jours par l'art de Torchestration, une place à part doit être faite aux grands chefs d'orchestre, dont la masse du public ne comprend pas encore toute la valeur, n*y voyant guère que des batteurs de mesure, ou encore « le seul musicien de Torchestre qui ne joue de rien ». Leur véritable importance lui échappe totalement.

Le chef d'orchestre, c'est le cerveau de l'orchestre; il doit tout savoir, tout comprendre, tout communiquer, réparer toute erreur, établir et maintenir l'équilibre général, en laissant pourtant à chacun la part d'initiative nécessaire; il doit à la fois guider et suivre les chanteurs, les solistes, etc. ; mais ce ne sont là que ses fonctions journalières, son mode de virtuosité, pour ainsi dire; il joue de l'orchestre comme on joue du piano.

Quand il s'agit de monter un grand ouvrage, il arrive un moment où les chanteurs, stylés par les chefs du chant,

savent leurs rôles; où les choristes, guidés* par les chefs de chœurs, tiennent convenablement leur partie; où les musiciens ont suffisamment pris connaissance de la leur; où tous ont procédé à des répétitions partielles par petits groupes. Il s'agit de procéder aux grandes répétitions d'ensemble, à la répétition générale, puis à la première !! ! C'est alors que le chef d'orchestre prend le commandement, et, réunissant dans sa main et sous son œil tous ces éléments divers, leur donne la vie et met l'œuvre debout. Mais il fait plus que tout cela. Il faut considérer en lui l'un des plus puissants éducateurs du public et conséquemment l'un des plus importants facteurs de l'évolution musicale ; et l'on peut nommer parmi les grands chefs d*orchestre de hardis propagateurs dont la conviction et l'initiative, parfois même le courage, ont exercé et exercent encore une action directrice incontestable sur les courants d'idées. Ce sont surtout ceux-là que je veux citer ici.

Habeneck (1781 fl849), né ù Mézières (Ardennes).

Dirigea l'orchestre de la Société des concerts de 1828 à 1847, et fut le premier à faire entendre en France les symphonies de Beethoven ; il fut aussi chef d'orchestre de l'Opéra et professeur de violon au Conservatoire, où il eut pour élèves, notamment, Alard et Léonard.

Girard (Narcisse) (1797 f 1860), né à Mantes.

Elève de Baillot pour le violon, de Reicha pour le contrepoint. Il succéda à Habeneck comme chef d'orchestre de l'Opéra et de la Société des concerts du Conservatoire, en 1847, après avoir dirigé ceux des Italiens de 1830 ù 1837, et de l'Opéra-Gomique de 1837 à 1846.

Hainl (Georges) (1807 f 1873), né à Issoire (Puy-de-Dôme).

Après s'être fait connaître, à Lyon, par une brillante carrière de violoncelliste, puis de chef d'orchestre, il fut appelé à remplir cette dernière fonction à la Société des concerts et à l'Opéra, en 1863.

Deldevez (1817), né à Paris.

Elève d'Habeneck pour le violon, d'Halévy pour le contrepoint

et la fug'ue,'de'Berton pour la composition, second prix de Rome en i838. .

Bien qu'il ait beaucoup écrit, il est surtout connu par les fonctions de chef d'orchestre qu'il remplit à l'Opéra de 1873 à 1877, et à la Société des concerts de 1872 à 1885.

Il a aussi été professeur de la classe d'orchestre au Conservatoire.

Pasdeloup (Jules) (1819 f 1887), né à Paris.

Homme d'initiatiye et musicien éclectique, a puissamment contribué au développement du goût musical en France par la création des Concerta populaires^ qui a eu lieu en 1861, et a ouvert la voie aux autres sociétés symphoniques qui se partagent actuellement le public dilettante parisien.

Déjà en 1851 il avait groupé des jeunes gens appartenant aux classes instrumentales du Conservatoire et formé avec eux la Société des jeunes artistes, dont les concerts avaient lieu d'abord dans une toute petite salle, rue de La-Tour-d'Auvergne, puis à la salle Herz, aujourd'hui démolie; il trouva dans cette société les cadres d'un orchestre plus important, et osa tenter dans la salle du Cirque d'hiver des auditions classiques réellement populaires, puisque les troisièmes places étaient tarifées 75 centimes. Cette tentative, très hardie pour l'époque, fut couronnée du plus brillant succès, et imitée dans toutes les grandes villes de province, ainsi que par les capitales des pays voisins ; la vogue des Concerts populaires, où, à c6té des maîtres classiques, les jeunes . compositeurs trouvaient une large part, dura plus de vingt ans, et ne tomba que par la création d'entreprises similaires dont les chefs avaient pour eux, en plus de la jeunesse et de leurs qualités d'administrateurs, un incontestable talent et un enthousiasme passionné et communicatif.

Pasdeloup fut pendant deux ans, de 1868 à 1870, directeur du Théâtre-Lyrique, mais sa direction ne fut pas heureuse. Précédemment, il avait été professeur de la classe d'ensemble vocal, au Conservatoire, de 1855 à 1868.

On doit conserver à ce courageux vulgarisateur, que son entreprise fut loin d'enrichir, car il est mort dans une situation plus que modeste, la plus vive reconnaissance pour les éminents services qu'il a rendus à l'art musical.

Il était élève de Zimmermann pour le piano, de Dourlen, Bazin et Carafa pour l'harmonie et la composition, ce qui ne l'empêchait pas de comprendre Berlioz et Wagner, et de leur faire dans ses programmes une part aussi large que le permettait l'opposition obstinée du public à cette époque.

Garcin (Jules-Auguste) (1830), né à Bourges.

Fut principalement élève d'Alard, Bazin, Adam et Ambr. Thomas ; après avoir appartenu pendant trente ans à i'orchestre de l'Opéra, soit comme simple violoniste, soit comme violon solo, soit comme Z^* chef d'orchestre, il fut élu, en 1886, 1" chef d'orchestre de la Société des concerts, et n'a quitté cette fonction que pour des raisons de santé, en 1892.

Professeur de violon au Conservatoire, d'abord d'une classe préparatoire en 1875, puis d'une classe supérieure depuis 1890, il a produit plusieurs œuvres estimables, dont les plus connues sont: Concerto pour violon, Concertino pour alto, Suite aymphonique.

Altès (E.) (1830}, né à Paris.

Élève d'Habeneck pour le violon et de Bazin pour l'harmonie.

Chef d'orchestre à l'Opéra de 1879 à 1887.

2»» chef d'orchestre à la Société des concerts de 1877 à 1881.

Lamoureux (Charles) (1834), né à Bordeaux.

Fut élève de Girard au Conservatoire, pour le violon, puisétudia l'harmonie et le contrepoint avec Leborne et Chauvet; après avoir fondé une société de quatuors dont il était le 1" violon, et qui jouit d'une longue et légitime réputation, il porta ses vues plus haut, et osa inaugurer à Paris des auditions des grands Oratorios de Bach et Haendel, avec déploiement de grandes forces orchestrales , chorales et l'orgue , ce qui ne s'était jamais fait en France (1873). Cette tentative hardie le plaça au premier rang des chefs d'orchestre, et fut le point de départ de la série des concerts Lamoureux qui continue à attirer le public dilettante.

Après une courte apparition, en 1875, à l'Opéra-Comique, il dirigea l'orchestre de l'Opéra de 1877 à 1879, puis de 1891 à 1892.

Il fut aussi 2"** chef d'orchestre de la Société des concerts de 1872 à 1877.

Colonne (Edouard) (1838), né à Bordeaux.

Après de brillantes études au Conservatoire, où il suivit les cours de Girard, puis de Sauzay pour le violon, Elwart pour l'hannonie, Ambr. Thomas pour la fugue, il fut, de 1858 à 1867, l^' violon à l'Opéra, et aussi chez Pasdeloup.

C'est en 1874 qu'il fonda l'Association artistique des concerts du Châtelet, où le public français put enfin entendre intégralement toutes les grandes œuvres de Berlioz, et nombre d'autres chefs-d'œuvre de l'école française, signés Franck, Massenet, Saint-Saëns, Godard, etc.

Après avoir été chef d'orchestre des concerts officiels de l'Exposition de 1878, il a dirigé l'orchestre de l'Opéra en 1892 et 1893.

Actuellement, trois chefs d'orchestre se partagent le sceptre de l'Opéra, de l'ingénieuse façon que voici :

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