‹ La musique grégorienneChapitre 10 sur 19 · LA NOTATION DU CHANT GRÉGORIEN · texte numérisé non relu

LA NOTATION DU CHANT GRÉGORIEN

Le musicien moderne se trouve un peu dérouté lorsqu'il ouvre les livres officiels de l'Église, car la notation est bien différente de celle à laquelle il est habitué. Cependant il parvient vite à la lire, parce qu'après tout la portée, pour n'avoir que quatre lig-nes, n'en est pas moins une portée ; les clefs sont faciles à reconnaître malgré leur forme spéciale, et lorsque deux ou trois signes ont été expliqués, la lecture des notes carrées n'est plus qu'un jeu. Mais si notre musicien veutremonter aux sources, et ouvre un manuscrit noté en neumes, alors il se trouve devant un grimoire indéchiffj'able. Et pourtant les notes carrées actuelles procèdent en ligne directe des neumes, dont elles sont une transformation. On a été très longtemps avant de faire cette découverte, qui maintenant paraît si simple. Au commencement du

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xix" siècle, les musicologues étaient dans une ignorance complète sur ce sujet. Le premier qui essaya de lire le grimoire fut Fétis. 11 crut reconnaître dans ces signes bizarres l'écriture démotique de l'ancienne Egypte, qui aurait été, suivant lui, apportée en Europe par les barbares, lors de leurs invasions. Il aurait été intéressant de savoir pourquoi les barbares avaient adopté cette écriture, et comment on en était arrivé à s'en servir pour reproduire la musique : Fétis ne le dit pas ; il ne cherche pas non plus à établir le rapport de cette notation avec la moderne. Un peu plus tard, Nisard crut trouver l'origine des neumes dans les notes tironiennes, sorte de sténographie dont les anciens se servaient pour écrire les mots en abrégé. Pas plus que Fétis, il ne cherchait à expliquer comment ces signes pouvaient représenter les mélodies que nous avons. La véritable découverte est due à Ed. de Goussemaker ; il Ta publiée en 1852, dans son Histoire de l' Harmonie au moyen âge. « Les neumes, disait-il, ont leur origine, suivant nous, dans les accents. L'accent aigu ou l'arsis, l'accent grave ou la thésis, et l'accent circonflexe formé de la combinaison de l'arsis et de la thésis, sont les signes fondamentaux de tous les neumes. » Ceux qui sont venus après lui n'ont pas mieux dit. Malheureusement de Goussemaker ne s'en tint pas là : il admit le yjo/y«^ comme élément générateur des neumes en môme temps que l'accent, et il donna aux signes des valeurs temporaires qu'ils n'ont pas. Dom Pothier, dans les Mélodies grégoriennes, fit faire à la question un pas de plus, car il reconnut que

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