‹ La musique grégorienneChapitre 13 sur 19 · LA M US 101' H (; R HCO I{ I K \ MC · texte numérisé non relu

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principal personnage de celU; aml)assade, introduisit à son retour le cliant romain parmi ses chanoines. Plus tard, le pape Paul P'" (758-768) envoya à P«''pin un Anliplionaire et un Hesponsorial, tandis ([u'il dirigeait vei's Rouen un des chantres de la schola, nommé Siméon. Celui-ci resta deux ans à Rouen, et lors({u'il retourna à Rome pour prendre la succession du priiniccrius de la schola (jui était mort, r(''\é([ue envoya plusieurs moines avec lui pour achever leur éducation musicale. Les capitulaires de Giiarlemagne s'occupent fré(iuemment de l'étude du cliant, et recommandent souvent aux évêques de suivre Tusage de Rome. L'empereur veillait lui-même avec soin à ce que les exécutions musicales fussent parfaites dans sa chapelle, et pour arriver à ce résultat, il fit donner un enseignement complet du chant dans son Ecole palatine, qu'Aurélien de Réomé appelait, pour ce (jui reg'arde cet enseignement, une imitation de la schola romaine.

Pendant ce temps, l'école de Metz, dont nous avons dit la fondation par saint Chrodeg'ang, continuait à donner son enseig'nement et rivalisait avec celle d'Aixla-Chapelle. Mais l'une et l'autre suivirent le cours ordinaire des choses humaines et tombèrent en décadence, si bien que Charlemagne, se trouvant à Rome pendant les fêtes de Pà([ues de l'année 787, fut choqué de la différence entre les chantres gaulois et ceux de la chapelle papale. C'est alors qu'il prononça cette parole devenue célèbre : Reverlimini vos ad fontein sancti Gregorii, quia manifeste corrupistis cantilenam ecclesiasticam. « Retour-

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nez à la source de saint Grégoire, car il est manifeste que vous avez corrompu la cantilène ecclésiastique. » Le moine dAngoulème qui rapporte ces paroles ajoute (jue le pape Adrien accorda à l'empereur deux chantres, Théodore et Benoît, auxquels il donna des Anliphonaires de saint Grégoire. De retour en France, le roi Charles envoya l'un des chantres à Metz, et l'autre à Soissons, et ordonna aux maîtres de chant de toutes les cités de France de leur apporter leurs antiphonaires à corriger, et d'apprendre d'eux à chanter. L'école de Metz devint bientôt si célèbre que l'anonyme de Saint-Gall, qui écrivait une Vie de Cliarlemagne vers la lin du ix" siècle, ne pouvait s'empêcher de reconnaître sa supériorité sur toutes les autres écoles de France, et il nous apprend que pour désigner le chant ecclésiastique, on disait le chant messin.

Et cependant il y avait à Saint-Gall une école de chant qui devait bientôt éclipser sa rivale. Quelle était l'origine de cette école? Ekkehard IV, abbé et historien du célèbre monastère, lui donne comme à celle de Metz une origine purementromaine. Suivant cet auteur, les deux chantres envoyés par Adrien à Charles se nommaient Pierre et Romanus. Romanus tomba malade au passage des iVlpes, et reçut l'hospitalité au monastère, oii il resta avec la permission de l'empereur, tandis que Pierre allait jusqu'à Metz. Malheureusement Ekkehard écrivait au xf siècle, et la tradition ({ui avait cours à Saint-Gall à cette époque ne paraît pas avoir été connue par le moine cité plus haut qui écrivait la Vie de Charte-

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?7iag IIP iiu \\' si«'cle; de plus Ekkehard a été pris plusieurs fois en flagrant délit de manque de critique.

Quoi qu'il en soit, les plus anciens manuscrits que nous avons des deux écoles concordent entre eux d'une manière suiprenanle, bien que l'écriture neumatique soit différente. Mais ce qui rend ces manuscrits tout à fait remarquables, c'est qu'ils contiennent certaines modifications des neumes et certaines additions de signes et de lettres qui sont d'un grand secours pour l'interprétation rytbmique. Certains grégorianistes, grands amateurs du vague dans le rytbme, avaient prétendu que ces signes étaient une spécialité de l'école de Saint-Gall, et dénotaient une manière decbanter propre à ce monastère ; on alla même jusqu'à parler de cliant mesuré. Et voilà qu'un examen attentif des manuscrits de l'école messine y a fait découvrir les mêmes signes, adaptés à la forme spéciale des neumes de cette école, et des lettres analogues, le tout donnant un rytbme identique à celui des manuscrits de Saint-Gall. Comment expliquer cette coïncidence remarquable ? Dirons-nous que Metz a emprunté à Saint-Gall les signes rylbmiques? Les paroles mêmes de l'anonyme de Saint-Gall citées plus liaut nous empècbenl de l'admettre; comment croire que cette école, qui avait donné son nom à la cantilène romaine, pût aller demander à un monastère, alors peu connu, un perfectionnement à son chant (jui avait une renommée universelle? Nous serions plutôt disposé à croire que les signes passèrent de Metz à Saint-Gall ; mais celte solution offre aussi ses difficultés: il v a en

Pr.. VIII.

F R A i; M E N T s DU K 0 U L E .\ U D ' E X U L T E T PROVENANT DE F 0 N D I ( P II È S (i A E F E ] Les niinialures sont à rebours du texie. afin aue le pcuole pût les voir à mesure muc le diacre

niinialures sont à rebours du texie, afin que le peuple pût les voir à mesure que le déroulait le parchemin. Bibl. nal de Paris. N'"". acq. lat. 710).

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effet des différences soit dans le nombre des lettres, soit dans leur signification, soit dans la manière dont les neumes sont modifiés, (jui seraient inexplicables si les signes sangalliens avaient été copiés sur ceux de Metz. L'hypotlièse la plus vraisemblable est donc celle d'une origine indépendante, ce qui favoriserait la tradition romanienne, ou au moins quelque cbose du même genre. Celte hypothèse reçoit une confirmation inattendue de la découverte d'autres documents rythmiques appartenant aune famille particulière de manuscrits en neumes. Le plus intéressant se trouve à la Bibliothèque de Chartres, et est publié dans le volume en cours de la Paléograplne musicale; le champ de cette classe de manuscrits paraît être l'ouest de la France, depuis Chartres jusqu'à la Bretagne, représentée par le Missel de Saint- Vougay, en passant par Le Mans et l'Anjou ; on en rencontre des spécimens jusqu'en Angleterre.

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