DESCRIPTION DU CHANT GRÉGORIEN
Les plus enthousiastes partisans du chant grégorien sont bien obligés d'avouer que la première impression qu'il produit est l'étonnement. Tout, dans cette musique étrange, paraît anomalie : la tonalité, si différente de notre tonalité moderne ; le rythme, ou plutôt ce qu'on appelle l'absence de rythme, parce qu'on n'y trouve pas le retour régulier de ces temps forts qui semblent une nécessité dans la musique de nos jours; la manière soidisant barbare dont la mélodie est appliquée aux paroles, sans tenir compte ni de la quantité, ni de l'accentuation ; les vocalises interminables qui chargent certains morceaux, tandis que d'autres sont dune simplicité par trop élémentaire. L'étonnement n'est pas moindre si, pour y comprendre quelque chose, on jette un coup d'œil sur les livres dont se servent les chantres ; on se trouve alors en présence d'un grimoire indéchiffrable qui met le comble à la confusion. On est fortement tenté alors de renoncer à trouver quelque chose d'intelligible dans le plain-chant, et d'admettre
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la théorie Je ceux qui accusent l'Église de choisir le laid de propos délihéré. alin de préserver ses fidèles des dangers des sens. Essayons de jeter un peu de lumière sur ces différents points; peut-être le lecteur ailmetti-a- 1-il a\eç nous (juc la iiiusi(jue grégorienne, dans son vêlement étrange et en apparence disparate, est, elle aussi, une manifestation du heau, et que l'Église, tout en ■parlant aux sens d'une autre manière que le musicien moderne, sait s'emparer de toutes les facultés de l'homme pour les porter vers Dieu.