QUALITES MUSICALES DE CHAQUE RACE
On peut regarder la musique comme un tlieiniomètre qui fait apprécier le degré de sensibilité de chaque peuple, selon le climat qu'il habite. Le chant national de chaque peuple, et
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l)liis (Micoro sa iiianioie de chanter, cI(î jjortcr les sous, de les soutenir, de les heurtjr, de les détacher; les inflexions quelconques plus ou nioin» douces, passionnées, voluptueuses, gaies, tristes, barbares ou sauvages, sont d'accord dans chaque pays avec sa tenipératuie. La nature du gouvernement, les mœurs doivent aussi influer sur l'accent de la langue et du chant, qui en est limitation ; mais ces causes secondes lu; peuvent détruiie rinfluence du climat. Il y a d'ailleurs deux sortes de chant dans clia(|ue pays : celui des gens ijistruits, et celui du peuple, qui conserve toujours le goût du terroir, malgré les altérations (jue ne cessent d'y apporter les gens du bel air. Les Français, par exemple, imitent, de])uis vingt-cinq ans, dans leur chant, les accents de la inusiciue italienne : mais le chant des Torcherons n'a point changé. Allez aux guinguettes, écoute/, clianter Malhroiick, et vous en serez persuadé. Pour prouver ([u'il n"y a de naturel dans un pays <|ue les productions (|ui émanent du climat, je dirai (pie la société des riches, des gens instruits, et surtout la belle jeunesse, qui innove sans cesse, saisissent très aisément et très naturellement le chant national, et qu'ils sont presque tous à côté du vrai lorsqu'ils empruntent les chants des autres peuples.
Examinons combien de sortes de mélodies on })eut trouver en Europe, quelle est la nature de ces mélodies, et quel est leur rajjport avec le climat qui les inspire. On peut distinguer : 1" la mélodie des Italiens et celle des peuples plus méridionaux qu'eux, et exposés aux ardeurs d'un soleil brûlant ; 2» celle des Français : 3° celle des Allenumds et des autres peiqjles plus enfoncés dans le nord. Remarcpiez que, en ceci comme presque en toute chose, la division est de trois : chaud, tempéré, froid. 11 y a ensuite des degrés intermédiaires qui ne décident point la question. La mélodie, le chant et surtout la manière de chanter des Italiens sont passionnés, voluptueux ; les tons toujonrs portés, soutenus, diminués et enflés, enflés et diminués ; une espèce de gémissement, un soupir, commence et finit chaque phrase musicale. Voilà quelles seront toujours les inflexions des climats brûlants. Les Italiens ont beau varier les paroles et la tournure de leur chant, ils semblent toujorn^s dire : 0 Dio, mi moro! Morir mi sento! Ben, mio, ehli jiieià di me! Je ne veux pas dire, sans doute, (pie Durante, Léo, le père Martini et d'autres n'aient pas été des harmonistes savants ; je sais cpi'eu Italie même on n'a qu'à mettre la science à la mode, ne considérer, ne récompenser quelle, alors l'ItaHe aura des savants.