‹ La musiqueChapitre 2 sur 181 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

I. Absence de critique musicale au dix-septième siècle. — II. Maugars et sa Lettre sur la musique d'Italie. — ///. La tragédie et la comédie musicales. — IV. Molière. — V. Quinault. — VI. La Fontaine et Racine. — VII. Jugements sur VOpéra; Saint-Evremond et sa Lettre sur les Opéras; La Bruyère. — VIII. Conclusimi.

On ne s'est pour ainsi dire jamais avisé, au cours du dix-septième siècle, de formuler sur la musique des jugements esthétiques, de prendre cet art comme texte à discussions. Des traités techniques généraux ou des méthodes d'instruments ont alors — comme de tout temps — été composés ; mais nul écrit n'annonce encore une critique d'art. Tout au plus, quelques observations ont été occasionnellement notées par quelque musicien qui se piquait d'écrke. Et c'est ainsi que nous paraît précieuse la lettre du viohste Maugars, qui profita d'un séjour à Rome pour

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lY'dipjc^j' sa Jifponse faite à un curieux sur le sentiment de 1(1 musique d'Italie, écrite à Rnme le 1^^ octobre 1639. Nous si<innl(H'()ns oncoro lo livre do trois cents pages imprimé à Aiixeire en 1643, ])ar le ehanoine Gantez, maître de miisi((ue (l(> l'éi^iise Saiiit-Ëtienne de eette ville, où cinquante-neuf lettres, sous le titre général VEntretien des musiciens, traitent de tout ce qui concerne la musique d'église en France. Descartes, de son côté, ne laissa pas de toucher à la musique ; mais dans son petit Music%e comipendium de 1650 (traduit en français en 1668, sous le titre d'Abrégé de musique, et publié avec son traité de mécaniqne), ce n'est que l'homme de science qui parle (1).

Non, il n'y a vraiment à cette époque, pour parler, comme d'une chose qu'ils enterîdent, des rapports possibles et souhaitables entre le poème et la musique, que ceux mêmes qui ont composé l'un ou l'autre. Nous interrogerons Molière, Racine, La Fontaine, Quinault, et nous constaterons enfin une idée plus nette de la question.

Ce Maugars, dont nous allons citer les principales pages, était un curieux type, que Tallemant des Réaux a peint en pied de la façon la plus amusante. Volontiers mystificateur, il fut lui-même l'objet de plus d'une mystification lorsqu'il était au service du cardinal de Richelieu. Il jouissait d'ailleurs d'une grande réputation comme violiste, et son esprit cultivé, ses voyages, sa connaissance des langues, lui permettaient, sans trop de complaisance, de se piquer d'écrire. Il mourut, croit-on, quelques années après son retour d'Italie. La lettre qu'il envoya de Rome, et qui fut

(1) Il faut en dire autant de THnrmnnie vnwersrUe. conienant la Ihéurie el la prnliqne de la musique, du l'ère Marin jrKRSKNxr. i?aris, 1G3G, in-folio, ouvr;ige curieux, confus, souvent copié.

publiée à son insu, dit l'éditeur, nous renseigne sur la vie musicale en cette ville, le goût qui dirigeait les artistes, les instruments en usage, ses propres succès aussi, et accessoii-ement, mais sans insister, le profit que les Français pouiTaient trouver à étudier l'école italienne. Cette dernière question de rivalité et de comparaison, encore accessoii-e chez lui, deviendi-a très vite capitale, et nous la verrons, avec le début du dix-huitième siècle, susciter les premiers débats d'une critique musicale proprement dite.

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