Des consonnances moyennes : quinte et quarte
3. Des consonnances imparfaites : tierces majeure et mineure ;
4-. Des dissonnances imparfaites : sixtes majeure et mineure ;
3. Des dissonnances parfaites : seconde mineure, quarte augmentée, septièmes majeure et mineure (1).
C’est aux treizième et quatorzième siècles qu’on commença à ranger auséi les sixtes parmi les consonnances. Philippe de Vitrv et Jean de Mûris (2) considérèrent, outre l’unisson, les octaves et les quintes comme des consonnances parfaites, les tierces et les sixtes comme des consonnances imparfaites. La quarte est omise. D’ailleurs, d’après les anciens auteurs, la tierce et la sixte majeures sont plus parfaites que les intervalles mineurs de môme nom. La môme classification se trouve dans le Dodecachordon de Glareanus (1337), qui se borne à y ajouter les intervalles augmentés d’une octave. Quant à l’omission de la quarte parmi les consonnances parfaites ou imparfaites, elle s’explique par les règles de la conduite des voix. Avec les mômes voix, on ne pouvait pas faire une succession de consonnances parfaites et encore moins de dissonnances; mais cette succession était admissible pour des consonnances imparfaites comme les tierces et les sixtes. D’une part, cependant, les consonnances parfaites, les octaves et les quintes, pouvaient figurer dans les accords destinés à former des repos, par exemple dans l’accord final. La quarte du son fondamental ne pouvait convenir à cet accord, parce qu’elle n’entre pas dans l’accord parfait. D’autre part, on ne pouvait pas non plus faire exécuter à deux voix une succession de quartes, cet intervalle étantJrop voisin de la quinte. Sous le rapport de la conduite des voix, la quarte partageait donc les propriétés des dissonnances, et on la rangeait parmi elles, au lieu d’en faire, ce qui eût été plus exact, un degré intermédiaire entre les consonnances parfaites et imparfaites. En ce qui concerne l’harmonie de l’intervalle, il ne peut y avoir aucun doute : la quarte est supérieure aux tierces et sixtes majeures dans la plupart des timbres, et toujours préférable aux tierces et sixtes mineures. La quarte augmentée d’une octave, la onzième, sonne assez mal en raison de l’intensité relativement grande du second harmonique.
(1) Gerbert, Scriptores ecclesicutici de Muticâ saerd , S. Biaise, 1*81, t. 111, p. ï. — Coussemaker, Histoire de l'harmonie, Paris, 1852, p. 19.
(2) Coussemaker, loc. cit., p. 66 et 68.
La discussion sur la consonnance ou la dissonnance de la quarte s’est prolongée jusqu’à ces derniers temps. On voit encore dans l’ Harmonie de Dehn, parue en 1840, qu’il faut traiter et résoudre cet intervalle comme une dissonnance. Mais Dehn donne à la question en litige un tout autre sens, lorsqu’il prescrit de traiter comme dissonnance la quarte de chaque tonique, dans la gamme de laquelle se meut l’harmonie ; et indépendamment des intervalles qui l’accompagnent. Dans la musique moderne, au contraire, c’est une chose constamment usitée que de faire intervenir la quarte de la quinte, ou l’octave du son fondamental, dans l’accord final, où on l’a môme employée longtemps avant qu’on osât y mettre des tierces; c’est ce qui prouve que la quarte est considérée comme une des meilleures consonnarices.