OCTAVES ET QUINTES CACÜÉES
trêmes, et que celles-ci, animées de vitesses différentes, voient.diminuer leur distance naturelle. Mais, quand le mouvement va plus loin en conservant le même sens, et qu’on ne cherche pas à obtenir un point d’arrêt, on n’évite pas les quintes cachées, comme dans la formule connue :
où l’on arrive à l’intervalle sol — ré par quintes cachées.
Une autre règle du mouvement mélodique, relative à ce qu’on appelle la progression horizontale harmonique , a pris naissance dans les exigences de la voix. Or ce que la voix atteint difficilement, semble toujours à l’oreille une progression inusitée, forcée. Par progression horizontale, on entend le cas où deux notes de deux accords consécutifs, appartenant à des parties distinctes, forment entre elles une fausse octave ou une fausse quinte ; si, par exemple, dans le premier accord une partie donne le si, et dans le second une autre donne le si[ ou bien la première un ut et la seconde un ut#. La progression horizontale par quintes n’est interdite qu’aux parties extrêmes ; elle se présente, par exemple, quand la basse donne un si dans le premier accord, et le soprano un fa dans le second, ou inversement ; si — fa est une fausse quinte. Pour la fausse octave, le sens de cette règle est celui-ci : il est difficile au chanteur d’atteindre la nouvelle note, qui sort de la gamme, lorsqu’il vient d’entendre le son immédiatement voisin dans la gamme, chanté par une autre partie. 11 en est de même quand il faut passer à la fausse quinte d'un son trèsaccusé dans l’harmonie soit en haut, soit en bas. Cette règle présente donc un certain sens, mais elle comporte d’assez nombreuses exceptions, parce que l’oreille des musiciens, des chanteurs et des auditeurs modernes, s’est accoutumée à des combinaisons plus hardies, à un mouvement plus vif.
Toutes ces règles se rapportent essentiellement à une musique qui, comme l'ancien plain-chant, doit couler avec autant de calme, de douceur que possible, partout bien ménagée, régulièrement équilibrée, sans jamais viser à l’énergie, à la puissance dans l’effort. Quand la musique doit exprimer un élan, une excitation plus vive, ces règles perdent leur signification. On trouve même en foule aussi bien des quintes et octaves cachées que des progressions de fausses quintes, même chez Sébastien Bach, l’harmoniste si rigoureux, dans ses chorals, où le mouvement est exprimé avec beaucoup plus d’énergie que dans l’ancienne musique d'Église italienne.