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CHAPITRE IV

DE L’ANALTSE DES SONS PAH l’üBEILLE.

On a déjà dit plusieurs fois, dans les chapitres précédents, que l'oreille seule, sans le secours d’aucun appareil, décompose un son musical en une série de sons partiels correspondant aux vibrations pendulaires simples de la masse gazeuse, c’est-à-dire en une série d’éléments identiques à ceux que le phénomène de l’influence permet de distinguer dans le mouvement de l’air. Nous allons maintenant démontrer la vérité de cette proposition.

Quand on cherche, pour la première fois, à reconnaître les harmoniques des sons musicaux, on éprouve ordinairement une difficulté considérable rien qu’à les entendre.

Quand l’analyse des impressions de nos sens ne peut s’appuyer sur des différences correspondantes dans les objets extérieurs, elle se heurte à des obstacles sui getieris, sur la nature et la signification desquels nous nous étendrons plus tard avec plus de détails. Il est nécessaire, en général, au moyen d’artifices convenablement choisis, d’appeler l’attention de l’observateur sur le phénomène qu’il s’agit de percevoir, jusqu’à ce qu’il le connaisse bien ; une fois qu’il en est là, il peut se passer de tout secours étranger. L’observation des harmoniques d'un son présente aussi des difficultés du même genre. Je donne ici tout de suite la description des conditions d’expérience, dans lesquelles il est le plus facile à un observateur novice d’apprendre à distinguer les harmoniques. Je ferai remarquer à ce propos, que l’éducation musicale de l’oreille n’entraîne pas nécessairement plus de facilité, plus de sûreté dans la perception des sons partiels. Il s’agit plutôt ici d’une certaine puissance d’abstraction de l’esprit, d’un certain empire sur sa propre attention, que des habitudes musicales. Le musicien exercé a cependant ici un avantage essentiel ; il se représente facilement les sons qu’il cherche à entendre, tandis qu’une personne étrangère à la musique est obligée de les faire résonner sans cesse pour les avoir toujours présents à la mémoire.

11 faut remarquer d’abord qu’on entend généralement les sons partiels impairs, c’est-à-dire les quintes, les tierces, les septièmes, etc., du son fondamental, plus facilement que les sons partiels pairs, qui

sont les octaves du son fondamental ou des autres harmoniques; de môme qu’il est plus facile de distinguer dans un accord les quintes et les tierces que les octaves. Le second son partiel, le quatrième et le huitième sont des octaves du son fondamental, le sixième est l’octave du troisième, de la douzième ; il faut déjà quelque habitude pour les distinguer. Parmi les sons partiels impairs, les plus faciles à entendre sont en général, par ordre d’intensité, le troisième, c’est-à-dire la douzième du son fondamental ou la quinte de l’octave supérieure ; puis le cinquième ou la tierce, enfin le septième ou la septième mineure déjà beaucoup plus faible de la seconde octave. La série des harmoniques est représentée sur la portée par les notes suivantes :

Dans les commencements, pour observer les harmoniques, il est bon de faire résonner très-doucement, avant le son qu’on va anal vser, les notes qu’on cherche à entendre, en leur consenant autant que possible un timbre identique à celui de l'ensemble. Le piano et I harmonium conviennent très-bien à ces sortes de recherches, parce que ces deux instruments donnent des harmoniques d’une assez grande intensité.

Attaquez sur un piano le so/a de l’exemple noté ci-dessus, laissez retomber l’étouffoir de manière à empêcher les cordes sol2 de résonner, puis frappez aussitôt et avec force la note m/„ dont le so/a est le troisième son partiel ; si vous fixez bien votre attention sur la hauteur du so/a, vous entendrez ce son se détacher du son complexe «/,. Il en est de même si on donne d'abord tr s-doucement le cinquième son partiel, le mi3, puis Tu/,. Souvent même, ces harmoniques, si on laisse le mouvement de la corde s’éteindre de lui-même, s'entendront mieux que le son fondamental, parce que leur intensité paraît décroître moins rapidement. Sur les pianos de construction moderne, le septième et le neuvième son partiels, si \>3 et ré4, sont très-faibles ou font complètement défaut. Si on répète ces expériences sur un harmonium, surtout en employant un registre mordant, on entend encore assez bien, en général, le septième son partiel et même le neuvième.

On objecte quelquefois que c’est par l'effet de l’imagination seule, que l’observateur croit distinguer l'harmonique dans la masse sonore, parce qu’il vient de l’entendre isolément à cela, je me bornerai à

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