RECOMPOSITION ARTIFICIELLE DES TIMBRES
servant la même intensité. Pour obtenir des sons simples d’une grande pureté, dont on puisse régler avec précision l’intensité et la différence de phase, ce qu'il y a de mieux, ce sont des diapasons dont le son, ren-
forcé par un tuyau de résonnance comme précédemment, se communique à la masse d’air. Pour imprimer aux diapasons un mouvement très-régulier et durable, on les plaçait entre les branches d’un petit électro-aimant, comme le représente la figure 32. Chaque diapason a était vissé dans une planchette distincte dd, laquelle reposait sur des morceaux visqueux de tubes en gomme, de manière à empêcher les vibrations du diapason de se communiquer à la table, et de devenir ainsi perceptibles. Les branches de l’électro-aimant, entourées de fil de laiton, sont représentées par 66, et /"désigne les pôles tournés vers le diapason. Sur la planchette horizontale dd, se trouvent deux vis de pression g qui communiquent avec le circuit de l’électro-aimant, et servent à recevoir d’autres fils par lesquels peuvent passer les courants électriques. Pour faire rapidement vibrer le diapason, ces courants doivent présenter une intensité périodiquement variable. Un appareil particulier sert à les produire ; il sera décrit plus bas.
Lorsqu’au moyen de cette disposition, les diapasons entrent en vibrations, on entend extraordinairement peu de leur son, parce qu’ils ne peuvent communiquer leurs vibrations que dans une très-faible proportion à l’air ambiant, ou aux corps solides qui les entourent. Si on veut entendre le son résonner avec force, il faut approcher du diapason
lût THÉORIE PHYSIOLOGIQUE DE LA MUSIQUE.
le tuyau résonnant i, accordé au môme ton. Ce tuyau est fixé sur une planchette k qui peut glisser dans une rainure de la planche dd, de manière à permettre d’approcher l’orifice du tuyau, aussi près que
l'ig. 32.
possible du diapason. Dans le dessin, le tuyau est représenté loin du diapason, pour ipontrer nettement toutes les parties de l’appareil ; dans les expériences, on doit l’en rapprocher autant que possible. L'orifice du tuyau résonnant est fermé par un petit couvercle /, supporté par un levier m. En tirant le fil n, on ouvre cet orifice, et le son du diapason se communique à l’air avec force. Si on lûche le fil n, le couvercle se replace devant l’orifice par l’action du ressort/?, et le son devient inappréciable. En n’ouvrant que partiellement l'orifice du tuyau, on peut donner au son une intensité aussi faible que l’on veut. Tous les fils qui ouvrent les tuyaux de résonnance des divers diapasons sont d’ailleurs rattachés aux touches d’un petit clavier; en abaissant une touche, on ouvre le tuyau résonnant correspondant.
J’avais d’abord relié ainsi huit diapasons correspondant au et à ses sept premiers harmoniques («'[?„ fa, sij-j, ré3, fa3, /of et si[,3). Chaque son fondamental correspond à peu près à la région où parlent ordinairement les voix de basse; plus tard j’ai fait faire encore des diapasons pour le re\, le fa„ le et le si h, et j’ai pris le si h comme son fondamental.
Pour mettre les diapasons en mouvement, on emploie des courants