CHAPITRE VIII
UATTEMENTS IIES SONS SIMPLES.
Nous arrivons maintenant à d’autres phénomènes dus à l’émission simultanée de deux sons ; dans ces phénomènes, les mouvements de l'air ou des autres corps élastiques entrant en jeu, soit au dedans, soit en dehors de l’oreille, peuvent être considérés absolument comme une simple juxtaposition, sans action réciproque, des deux systèmes vibratoires correspondant aux deux sons, mais la sensation auditive n’est plus la somme des deux sensations correspondant aux deux sons isolés. Les sons résultants se distinguent essentiellement des battements dont nous allons nous occuper, en ce que, pour les premiers, la somme des vibrations des corps élastiques, intérieurs ou extérieurs à l’oreille, subit des altérations, tandis que l’oreille décompose eu sons simples, d’après la loi ordinaire, le mouvement aérien définitif qui arrive jusqu’à elle. Dans les battements, au contraire, les mouvements objectifs des corps élastiques suivent la loi simple, mais il ne se produit pas une addition pure et simple des sensations. Tant qu’il arrive à l’oreille plusieurs sons dont les hauteurs sont suffisamment différentes, les sensations auditives correspondantes peuvent se juxtaposer sans aucune action réciproque ; ici, selon toute vraisemblance, ce sont des fibres nerveuses tout à fait différentes qui sont ébranlées. Des sons de môme hauteur, au contraire, ou de hauteurs presque égales , et qui viennent ébranler les mêmes fibres nerveuses, ne donnent pas simplement la somme des sensations que chaque son produirait agissant seul ; il se présente encore de nouveaux phénomènes d’un ordre particulier, qu'on appelle interférences quand il s’agit de deux sons identiques, et battements , quand il s’agit de deux sons presque identiques.
Nous allons décrire d’abord les phénomènes d’interférence. Imaginons un point quelconque dans l’air ou dans l’oreille, mis en mouvement par une source sonore ; le mouvement est figuré par la courbe 1 (fiq. 46). Supposons le mouvement qui émane de la seconde source sonore, exactement le môme que le précédent à chaque instant, et figuré par la courbe 2 ; de telle sorte, que les éminences et les dépressions se correspondent respectivement dans les deux courbes. Si les
deux sons se produisent simultanément, le mouvement résultant sera la somme des deux autres, et pourra être représenté de la même manière par la courbe 3 ; mais les éminences et les dépressions y sont
respectivement doubles des éléments correspondants des courbes génératrices. Comme l’intensité du son est proportionnelle au carré de l’amplitude de la vibration, nous obtenons un son d’une intensité, non pas double, mais quadruple.
Qu’on suppose maintenant les vibrations de la seconde source sonore, déplacées de la longueur correspondant à une demi-durée de vibration ; les mouvements vibratoires à composer seront figurés par les courbes 4 et 5 de la figure 47 ; si on les compose, les hauteurs,
Fig. V7.
étant partout égales, mais de signes contraires, se détruiront réciproquement, et leur somme, égale à zéro, sera représentée par la ligne droite 6. Ici les éminences de 4 s’ajoutent aux dépressions de S, les annulent, et vice versd. L'intensité du son sera donc nulle ; si une pareille combinaison de mouvements se produit à l’intérieur de l'oreille, la sensation cesse, et, tandis que les sources sonores agissant •seules produisent des sensations auditives équivalentes, leur action simultanée ne donne lieu à aucune sensation. Deux sons égaux se détruisent mutuellement dans ce cas d’une manière complète. C’est là