I.A JIOSIQLE, O
00 LA AIIISIOIE.
(rniitrcs gardant Iciii- (oi'inc, mais c.liaiigcanl, leur position, (l'auti'es enfin prciianl la roi'nic, arcliaiquc ou se transformant tout à l'ait.
Le signes s'écrivaient au-dessus des paroles, sur une seule ligne horizontale; la fonne seule du signe indicpiait la hauteur relative de la no(e. Si la musique devait être à la lois chantée et jouée sur les instruments, on écrivait deux lignes de signes; la supérieure, paralt-il, était la ligne instrumentale. Les Grecs avaient en outre des signes pour marquer le rliythme.
Les Romains, peu inventeurs de leur nature, et qui dans les arts n'ont guère été (pie des plagiaires, ne paraissent pas avoir eu d'autre système musical que celui des Grecs et, par conséquent, d'autre notation que la notation alphabétique, en lettres romaines, bien entendu. Le philosophe Boéce, qui était versé dans toutes les questions musicales théoriques et même pratiques, puisqu'il faisait fabriquer des instruments, a émis l'opinion que la notation des Romains consistait dans les 15 premières lettres de leur alphabet. On trouve aussi exprimée par certains auteurs l'assertion fort raisonnable que la multiplicité des signes romains se ressentait de celle des signes grecs, et que ce fut Boéce qui, au sixième siècle, réduisit ce grand nombre à 15 ou à 17 lettres.
Une opinion plausible, mais qu'on ne peut appuyer sur des faits incontestables, c'est que le pape saint Grégoire, ayant remarqué que les rapports des sons demeurent exactement les mêmes dans chaque octave, réduisit à son tour la notation de Boéce aux 7 premières lettres. Dans ce système, si une mélodie dépassait les limites de l'octave, on employait pour la première octave les lettres majuscules, pour la seconde les minuscules, et on les doublait pour la troisième. Du reste que la réforme vienne de saint Grégoire ou d'un autre, ce qui est sûr, c'est que la notation boétienne et la notation grégorienne ont été usitées au moyen âge. M. de Coussemaker cite trois exemples parfaitement authentiques de notation boétienne; ce sont : 1" un manuscrit du onzième siècle de l'abbaye de
Jumiéges; 2° l'office de saint Tlmriavo, évèque de Dol en Bretagne, dans ini manuscrit du onzième siècle ; 5° l'antiphonaire de Montpellier. Les deux derniers ouvrages sont écrits également en neiimes, ce qui fournit de précieux renseignements pour l'élude de la notation neunialique, dont nous dirons quelques mots. Quant à « la notation dite grégorienne, elle se trouve répandue dans une foule de manuscrits. La plupart des didacticiens du moyen âge ont noté leurs exemples de musique dans ce système ; mais on ne connaît pas de livres liturgiques écrits en entier dans cette notation. » (De Coussemaker, Harmonie au moyen âge.)
Pendant les huitième, neuvième, dixième, onzième et douzième siècles, les manuscrits sontnotés avec des signes particuliers et qui n'ont de rapport avec les lettres d'aucun alphabet. Ces signes sont de deux sortes : les uns, sous la forme de points, de virgules, de traits horizontaux, ou plus ou moins inclinés, représentaient des sons isolés; les autres, sous la forme de crochets et de traits contournés et liés de différentes manières, représentaient des groupes de sons.
Le nom que devaient porter ces signes a' été l'objet de savantes contestations. Nous résumerons ce qu'on a pu écrire à leur sujet en disant, d'après des autorités compétentes, que c'est plus que probablement à ces signes qu'on appliquait la dénomination de7ieumes. M. de Coussemaker, dans son bel ouvrage de l'Harmonie an moyen âcje, se range à l'opinion émise par Ducange, qui déclare que les notes musicales au moyen âge s'appelaient neumes, et que neumer voulait dire noter.
M. de Coussemaker avance aussi l'opinion que « de ces virgules, de ces points, de ces traits couchés et horizontaux sont nées la longue, la brève et la semi-brève de la notation carrée, usitées dans la musique mesurée du douzième et du treizième siècle », et que « les crochets, les traits diversement contournés et liés ont produit les ligatures ou liaisons de notes de cette même notation ». Cet écrivain donne du reste des raisons fort plausibles de cette
dérivation, cl les exomplcs qu'il cite à l'appui ont tout le caractère de la vraisemblance.
La question de l'origine des neumes est encore plus controversée que celle de leur rôle ou de leur valeur. Les ôrudits s'accordent bien pour assigner à leur usage une date antérieure même au liuilième siècle, quoique les plus anciens livres écrits en neumes ne remontent pas au delà de ce siècle; mais là s'arrête l'accord. L'un * déclare que les neumes ont été les noies romaines dont saint Grégoire se serait servi pour noter son antiphonaire. Un autre ^, complétant le précédent système, donne aux neumes la môme origine qu'aux notes graphiques et tachygrapliiques ordinaires, en usage chez les Romains. Ces deux opinions semblent contredire la théorie des lettres exposée par Boèce;mais cette contradiction n'est qu'apparente. Boèce, dans son ouvrage, s'occupe plus de la théorie que de la pratique; il fait connaître les noms des notes, mais il n'avance pas qu'elles fussent exclusivement figurées par des lettres, et il n'y a rien d'absurde à admettre que de son temps il existait déjà une notation usuelle, qui finit peu à peu par prévaloir sur la notation alphabétique.
Une autre opinion complètement différente attribue Tintroduction en Europe de ce genre de notation aux peuples du Nord qui l'auraient primitivement reçue de TOrient. Enfin la quatrième théorie sérieuse^ donne comme origine aux neumes les signes à accent des anciens, c'est-à-dire les signes qui marquaient l'élévation et l'abaissement de la voix, étendus et appliqués par une analogie bien naturelle à toutes les parties de tous les mots au lieu d'être restreints comme emploi à certaines syllabes. De sorte que Vaccent aigu ou Varsis, Vaccent grave ou la thésis, et l'accent circonflexe, formé de la réunion de Varsis et de la thésis, seraient les signes fondamentaux de tous les neumes. 11 aurait suffi plus tard de différentes conventions et