‹ La musique, ses lois, son évolutionChapitre 18 sur 91 · LE CONTREPOINT SIMPLE · texte numérisé non relu

LE CONTREPOINT SIMPLE

Nous avons jusqu'ici combiné notre motif avec luimême; nous pouvons sans doute le combiner avec un autre, avec plusieurs autres motifsi. Et en cher-

1. Ainsi, dans les Maîtres chanteurs de Richard Wagner (on remarquera l'accord parfait dans le début du premier thème) :

Un tel fait montre que nous sommes capables d'états de conscience simultanés.

chant à faire marcher ensemble deux idées difrérentes, suivant des combinaisons dont l'expérience montrera l'agrément comme aussi les écueils, bien des voies différentes s'ouvrent à nous; c'est ce qu’au Moyen âge, on appelait le déchant, la diaphonie. |

Le problème se pose ainsi : nous avons un motif donné, À; il s’agit de lui trouver un compagnon de route, B. Comment nous y prendrons-nous ?

À une note de À, nous pouvons associer constamment une note, ou deux, ou trois, ou un plus grand nombre de notes du motif B, qu’il faut inventer (ex. 1, 2, 3, 5). La dernière forme est ce qu’on appelait au Moyen âge le contrepoint brisé, ou diminué, ou bien encore, duplicalio, triplicatio, conglobatio. |

Nous pouvons aussi placer les notes essentielles de l’une et de l’autre mélodie sur les mêmes temps forts de la mesure, ou bien adopter des syncopes (ex. 4) : |

4. Un des cxemples les plus anciens sc trouve dans le manuscrit 383 de Saint-Gall (prosaire et tropaire, écrit aux. xuitxiIve siècles).

Ce petit travail peut s’exécuter, tout en conservant la base do, ré, mu, fa, sol, à trois parties auxquelles nous appliquerions les mêmes procédés d'écriture : 1° une note contre une note ; 2 deux notes contre une ; 3° quatre notes contre une; 4° mélange des rondes, des blanches et des noires; 5° syncopes ; 6° syncopes mélangées avec des rondes et des blanches ou des rondes et des noires; enfin croches mélangées avec les autres valeurs. Le même travail peut s’exécuter à 4, à 5, à 6, à 7, à 8 voix (ou double chœur).

Si l’on songe enfin que le motif donné peut être placé dans l’une quelconque des parties et qu’il en est de même pour les divers procédés employés dans la structure des mélodies qui viennent accompagner le thème initial, on devine le nombre déjà très considérable de combinaisons possibles.

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