LES CONSONANCES PARFAITES : L'OCTAVE ET LA QUINTE
Une classification qui remonte aux premières théories d’avant l'ère chrétienne et qui figure encore aujourd'hui dans les Traités d'harmonie, met au rang des consonances parfaites : l’ocfave, et la double octave ; la quinte, et, par transfert à l’octave supérieure, la douzième ; au rang des consonances imparfaites : la fierce et la sixte ; au rang de consonance mixte : la quarte.
La notion de l'intervalle d’octave a pu être pratiquement tirée du fait qui est à la base de toute société : différence physiologique de l’homme et de la femme. Lorsque des hommes et des femmes chantent une même mélodie, il y a toujours un intervalle de huitième entre les voix des unes et celles des autres, bien qu’elles paraissent être à l’unisson. Les enfants chantent aussi une octave plus haut que les hommes. C’est ce que les Grecs appelaient l” «antiphonie ». La consonance a été dite « parfaite », parce qu’elle se ramène à un unisson apparent.
Le fait sociologique par excellence, c’est le langage. Or tous les théoriciens se sont accordés à reconnaître que l'intervalle qui apparaît le plus fréquemment dans les inflexions de la parole usuelle, est l’inter-
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valle de quinte. C'est celui que la voix parcourt à la fin d’une phrase interrogative (Helmholtz lui-même a noté ce fait sur la portée de cinq lignes), c’est-à- dire d’une forme expressive qui doit être primordiale parce qu'elle traduit un besoin. Les Grecs ont été les premiers artisans de notre théorie musicale, et ont ‘fait de la quinte la cheville ouvrière de la musique ; peut-être convient-il de rappeler que, comme tous les méridionaux, ils étaient très démonstratifs et beaux parleurs. On a expliqué la sécheresse apparente de leur lyre primitive, formée avec quelques intervalles de quinte réunis dans .la même octave, en disant que ce système était sans doute approprié à un chant fondé sur la déclamation.
Une fois déclarées parfaites par les Grecs, ces consonances ont été acceptées telles qu’elles parle Moyen âge qui, en matière musicale comme en bien d’autres, a cru qu’il continuait l’antiquité grecque, et a eu la superstition de ses théoriciens.
Au 1x° siècle, Aurélien de Réomé comptait se mettre à l’abri de toute critique en écrivant : Ceux qui ne goûteraient pas mes idées ou s’imagineraient y découvrir des erreurs, doivent savoir que toutes les dinstinctions mentionnées ici, de même que la discipline musicale dans son ensemble, sont de source grecque! ». Les conséquences de cette fidélité à la tradition furent graves. Pendant plus de dix siècles, la théorie musicale a été dominée, tyrannisée même, et arrêtée ou gênée dans son progrès par le rôle attribué à ces deux intervalles: octave et quinte. Alors