LA MUSIQUE CHEZ LES GRECS
Chez les Grecs, héritiers des Orientaux dont ils sont à peine distincts, et artistes-créateurs ajoutant leur part d'invention personnelle à ce qu'ils imitent du dehors, la musique devient l’objet de classifications de plus en plus nettes, qui toutes ont pour fondement l’ethos des divers groupes sociaux où l’art a pris naissance et reçu une empreinte caractéristique. Les dénominations ethniques des modes ne désignent pas seulement des successions différentès d’intervalles : elles. traduisent une conception politique de l’art musical, et transposent dans le domaine des « harmonies » { l’idée fondamentale de ce qui est national et de ce qui ne l’est pas. La musique est partagée en différentes provinces dont les limites coïncident avec celles d’États ou de races différents. Les deux types principaux sont fournis : l’un par la Grèce continentale, l’autre .par la Grèce d’Asie. Le premier est la musique dorienne, que Platon, dans une page célèbre, considère comme reflétant les mâles vertus de Sparte; le second est la musique phrygienne ou lydienne, licencieuse, réservée aux festins, dotée d’un pouvoir amollissant,