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Règle de Saint Benoist, ch. xx, LII

4. Par exemple, les leçons ordinaires de matines (Jube Domine benedicere. Tu autem Domine nostri miserere), les leçons de l'Écriture aux dimanches et aux: jours solennels, les passions des martyrs, l'épitre, l’évangile, etc.

Le prineipe général de l'organisation du plain-chant, est, dans le fait sociologique le plus important {le lan. gage), un phénomène capital ; l'accent tonique, Le chant en est le développement et la floraison: de lui, il tire son système de notation.

Avec les mélodies qu'il dégage ainsi, il constitue un répertoire qui, en dépit de l'ampleur des livres liturgiques, est très-limité : il se borne à quelques timbres caractéristiques, assez peu nombreux d’abord, pour que la tradition orale suffise à les conserver; sur le tard seulement, quand la liturgie s’est développée, on songe à les fixer par des signes graphiques trèsgénéraux. Dans cette période récente elle-même, quand des offices nouveaux réclament des airs nouveaux, on fait servir des mélodies anciennes et déjà en usage, adaptation contraire à nos idées d’ « art », mais conforme aux habitudes de l’activité collective, qui procède par répétition et imitation.

Dans l’exécution pratique, les principales formes ‘adoptées sont traditionnelles, ou d’origine populaire universelle : chant antiphonique (partage en deux chœurs) etchant responsorial (un chœur répondant à un soliste).

Les modes dont on se sert sont empruntés aux Grecs (comme l’indiquent leurs noms: protus, . deuterus, trilus, tetrardus); et les Grecs eux-mêmes ont reçu des Orientaux d’Asie-Mineure quelques-uns de ces modes

4. L'accent aigu, d'après les témoignages décisifs trouvés au Mont-Cassin par de Coussemaker, d'abord tracé de bas en haut par les scribes, puis de haut en bas avec un appuyé de la plume, en tête du signe, sur le parchemin, a donné naissance à la virga des neumes, enfin à la note caudée moderne.

qui vont bientôt reparaiître, avec leurs dénominations ethniques, dans la musique occidentale,

Les clausules des mélodies grégoriennes et les traits principaux de leur structure ne sont pas déterminés par des raisons artistiques, mais par la nature du texte liturgique (catalogue de Réginon).

Enfin, le plain-chant est impersonnel, anonyme. Il l'est resté, alors même que des talents individuels, au cours des siècles, venaient l’enrichir. Les mélodies ne sont jamais accompagnées, comme de nos jours, d’un nom de compositeur. Elles sont considérées comme œuvre de la communauté, et, par suite, comme sa propriété. (Remarquons qu'il n’en est ainsi ni pour les sermons, ni pour le texte des hymnes, ni pour la liturgie proprement dite.)

Pas davantage ne sont mis en vedette, ou simplement recueillis par les historiographes, les noms des chantres les plus habiles — il y en eut, forcément, de médiocres et d'excellents — malgré les écoles spéciales où on les soumet à une discipline hiérarchisée. C'est encore la voix dela communauté qui est sur leurs lèvres ; tout élément musical individuel est absorbé, disparaît. La société seule semble avoir une existence. |

Les ouvrages didactiques eux-mêmes, qu’ils soient signés ou non, n’échappent pas à cette loi. Dans la période antérieure au contrepoint, — lequel marque une révolution et une ère nouvelle -— ils sont impersonnels. D'habitude, le moine qui écrit un traité de musique, ne cherche nullement à exposer des vues originales et à les défendre ; ayant à doter la bibliothèque de son monastère d’un livre qui lui manque,

il se trouve un peu dans la situation d’un de nos instituteurs ayant à énseigner le système métrique ou quelque autre « matière » : il est surtout préoccupé d'exposer avec exactitude une sorte de savoir anonyme et de se conformer à la tradition. Loin de fuir les redites, il doit les rechercher. De là ces Traités, si différents du « plagiat » moderne, bien qu’ils en évoquent à chaque instant l’idée; de là celte application inlassable, fastidieuse pour nous, à reproduire uniformément des légendes qui remontent à Pythagore, à la Bible, et font corps avec « la doctrine ».

Tels sont les caractères du chant religieux au Moyen âge. Il-est issu d’un certain type très pur de vie sociale et de ses antécédents historiques; en même temps, il a pour fonction d'en maintenir l'unité. Entre cette musique et la vie collective il y a constamment action et réaction.

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