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CE QU'ELLE SERA

Mais avaut de traiter cette dernière partie de cet exposé de la Mutualité, je crois devoir reproduire ici le Rapport du Surintendant des, Assurances du Canada, pour l’année terminée le 31 décembre 1917, concernant les Sociétés Fraternelles de Bienfaisance Assurance-vie, publié dans le livre bleu. Voici ce qui y est dit :

Cinq sociétés fraternelles canadiennes de bienfaisance ont entrepris les risques d’assurance-vie. Le montant total des risques entrepris au Canada en 1917 par les cinq associations canadiennes mentionnées dans ce rapport a été de $6,301,236.00, soit une augmentation de $3,001,986.00 sur le montant des polices de ces associations acceptées en 1916, et le montant nef en vigueur à la fin de l’année était de $109,691,288.00, une augmentation de $18,010,064.00, sur le montant en vigueur à la fin de 1916. Le montant des assurances arrivées à terme par décès a été de $1,825,695.00, et par

rachet, etc., de $8,266,146.00. Le total des assurances arrivées à terme s'élève à 160.15 pour cent du montant des nouvelles polices.

Les détails pour les différentes sociétés se trouvent aux pages LXX et LXXI du livre bleu.

Le montant total payé par les membres sociétaires pour entrées, contributions annuelles, cotisations, etc., s’est élevé à $5,- 776,737.00, et le montant payé en indemnité de décès a été de $2,468,652.00.

Les détails de l'actif et du passif, des recettes et des déboursés se trouvent aux pages LXXII à LXXIV de la dite publication.

Maintenant le livre des statistiques de la Province de Québec pour 1917, publié pour la 4ième année, par le Bureau des statistiques, Section B, dit au sujet des Associations Mutuelles :

« Les Associations Mutuelles qui étaient autrefois sous la juridiction du Secrétaire Provincial sont maintenant soumises à la même législation que les compagnies assurance-vie et à incendie sous la surveillance du département des assurances maintenant transféré aux bureaux du Trésorier Provin-

cial. En 1915, il y avait, suivant ce rapport, 105 associations mutuelles faisant affaires

dans la Province de Québec, savoir :

Associations extra-Provinciales. ...... 20

Associations Provinciales............ 85 Total.... 105

Le tableau suivant donne un sommaire des opérations de ces sociétés pour l’année finissant le 31 décembre 1915.

1 Associations Associations

Désignation extra provinciales provinciales Total

Nombre d’Associations. . 20 85 105 Actif 31 déc. 1915....... 68,712,887 7,387,357 76,100,244 Passif 31 déc. 1915...... 4,882.98 171,298 ,053, Recettes fin d'année 31 décembre 1915 :

Contributions et Répar- RE 71,106,854 1,883,076 32,989,030 Intérêts et Dividendes... 3,126,660 336,63 3,463,292 Toutes autres. .......... 412,198 95,943 508,141

ee 834,645,712 2,315,651 36,061,363

fices payés. .......... 25,986,154 1,218,512 27,204,666 et honoraires, etc 1,776,552 181,305 1,960,869 Tous autres paiements... 1,391,079 125,516 1,516,

Affaires dans la Province de Québec :

Nombre de membres, 31 déc. 1915....... 80,813 116,680 197,493

fices mortuaires, 31 déc. 1915....... $77,431,512 $70,056,367 $148,387,879 Cantributions et réparitio

Province de Québec 1,213,805 1,883,096 $3,096,881

Québec. .......... 885,545 1,218,512 82,104,057 Ces statistiques sont officielles

Ce qu'elle sera.

Ce qu’elle sera.

L'avenir de la Mutualité, des sociétés de secours mutuels, comme celle des nombreuses compagnies d’assurance-vie, est tout un problème. Je ne crois pas que cette question ait jamais été étudiée à fond. On prétend qu'elles sont immuables, en ce sens, qu'elles ne changeront pas, qu’elles ne deviendront pas des compagnies d’assurance-vie; peut-être malgré que quelques-unes aient déjà cette tendance. Dans tous les cas, comme toutes les institutions humaines, un certain nombre prendront fin et ce, avant peu de temps. Elles seront forcées de s’effacer ou de s’affilier avec celles qui ont été plus promptes à adopter dessystèmes plus modernes et en rapport avec les exigences des temps présents.

On pourrait apporter plusieurs raisons qui nécessiteront ces liqui.ations ou ces affiliations. Je n’en donne: i qu'une, très positive; c’est l'obligation pour toutes les

sociétés de secours mutuels d’avoir une réserve de 100, en l’an 1920.

Cette exigence de la loi est toute naturelle et très justifiable, car elle assurera l’existence des sociétés qui s’y conformeront et forcera celles qui n’auront pas cette garantie indispensable d’une réserve de 1007, de s’effacer ou de se renforcer, en s’amalgamant avec d’autres sociétés.

Les compagnies d’assurance-vie auxquelles la Mutualité a depuis longtemps fait Concurrence sont aux agwets, ont l'œil ouvert, soyez-en sûrs. Lorsque de puissantes compagnies d’assurance-vie comme la Mutual de New-York, la New- York Life et l'Equitable, les trois géants reconnus, en assurance-vie aux Etats-Unis et au Canada, sont obligées d’amender leurs constitutions et devenir des compagnies d’assurances mutuelles, c’est donc bien réel que la Mutualité a prévalu, qu'elle prévaut, et qu'elle prévaudra, pourvu toutefois, comme je l’ai dit au commencement de ce travail, que les promoteurs et les propagateurs suivent toujours les principes fondamentaux implantés par leurs devanciers, les fondateurs de ces associations et qu'ils ne se servent pas d'elles et des positions que les

sociétaires leurs onf confiées, pour leur bénéfice personnel.

La Mutualité, c'est la grande force patriotique. Toute irritation qui résulte de doctrines, de politique, de religion, en est bannie.

On est catholique ou on ne l’est pas.

C'est à ce titre seul, à ce titre de canadienfrançais catholique, conséquemment parlant la langue française, qu'on est admis dans nos sociétés de secours mutuels canadiennes françaises.

Le canadien-français doit conserver sa foi, sa langue, ses usages et appartenir de préférence à une société de secours mutuels canadienne-française catholique, plutôt qu'à aucune autre société.

C'est au sein de sa Mère, l’Église, aidée des associations comme celles que nous avons, qu'il persévèrera dans ces principes qui font les peuples, les familles et les pays, tel que Dieu le désire.

Que sont devenus les peuples qui ont abandonné cette voie saine? Ils n’ont plus ou point de patrie.

Combien d'hommes à l’école de la Mutualité de la Fraternité, ont modifié leurs sentiments et souvent l’exagération de leurs

aspirations ! Il leur a suffi pour cela de prendre contact avec ceux qui, la veille encore, étaient leurs pires adversaires pour mieux les appricier, quelquefois même, les aimer. Dans lecreuset mutualiste se fondent tous les sentiments, les bons y demeurent et en s’amalgamant, ils rejettent les scories au dehors. Au lieu de tenter de séparer, par des camps retranchés les hommes d’action visant par des moyens différents à un idéal de justice sociale, la Mutualité les réunit au contraire, et leur enseigne qu’il y a du bon dans chaque cœur humain et qu’audessus de tout, il existe une loi de nature et un Dieu qui ordonne de s’entr’aider.

De là à l'estime réciproque en opposition à l'esprit sectaire, la distance est courte et de l'estime entre une grande majorité de citoyens et la paix d’une nation, il ne reste plus qu’un pas à faire. Et cette théorie que je viens d’esquisser est si vraie, qu’à l'heure actuelle où nous voyons tant de divisions entre les peuples de l’univers, quel spectacle plus réconfortant que de constater cette harmonie complète entre les Ayiés, lorsqu'ils ont été appelés à abattre l’autocratie et à discourir, par la Mudualité, une Paix durable et universelle. La Mu-

lualité a donc toujours joué un grand rôle dans le monde entier.

Encore de nos jours elle est le levier mystérieux qui soulève les masses.

Elle a cependant un plus vaste et plus beau domaine à exploiter.

Derrière ce mot mystérieux pour beaucoup, se cachent de grandes espérances.

Il en sortira un bien immense, si on éloigne ces notions de socialisme et d’absence d'idée religieuse. Il faut que ceux qui dirigent les sociétés comprennent bien, comme l’a dit encore tout dernièrement un savant canoniste, que l’Église catholique, per sa prédication, par sa direction, est la seule capable de faire comprendre et d’appliquer le principe de la fraternité de tous les hommes, et conséquemment, la nécessité du secours mutuel à base de charité surnaturelle et de désintéressement chrétien.

Dans ces conditions, la Mutualité, sera toujours noble, grande et prospère et ses fondateurs, comme ses propagateurs auront mérité de l’humanité toute entière, une reconnaissance éternelle.

Réminiscences

Réminiscences

Je ne puis terminer ce travail sans publier quelques extraits de journaux canadiensfrançais de la Nouvelle-Angleterre lorsque j'ai publié « Le Guide Français ».

L'Indépendant de Fall River, Mass.

écrivait à la date du 9 décembre 1887 :

Le Guide Français. Tel est le titre d’un ouvrage d’une grande utilité qui vient de paraître à Lowell, Mass. Cette publication contient un grand nombre de renseignements et d'annonces. C’est un premier essai, et l'on doit s'attendre à y rencontrer des imperfections dans les détails Nous ne pouvons nous empêcher, cependant, d’encourager fortement ce genre de publications.

Elles devront se perfectionner avec le temps. Le Guide Français, contient une foule de renseignements importants, d’adresses et de statistiques qui ne se rencontrent nulle part ailleurs. On peut en consultant cet ouvrage se former une idée approximative des progrès de nos compatriotes depuis quelques années en examinant

et le chiffre de la population et la valeur des biens sujets à l'impôt.

On y constate, en effet, que nous avons dans la Nouvelle-Angieterre 16,806 électeurs, 7,568 propriétaires de biens-fonds évalués à $13,044,076.

Quand au chiffre de la population que le Guide donne, savoir : 279,540 âmes, nous le croyons au-dessous de la réalité. Mais il ne faut pas oublier que la Nouvelle-Angleterre ne comprend pas l’État de New-York, où l’on estime que la population canadienne s'élève à plus de 100,000 âmes.

Le Guide donne la population canadienne par État, comme il suit : Maine, 42,248:

New-Hampshire, 35,349; Vermont, 28,780; Massachusetts, 125,267; Rhode Island, 24, - 750; Connecticut, 22,946. Soit un total de 279,540 âmes, ou 53,069 familles. Le nombre des sociétés canadiennes 162, et les membres 24,506. Cette statiscique des s0ciétés doit être à peu près juste.

Nous trouvons dans ce Guide les adresses des hommes d’sifaires et de professions des divers centres.

Les éditeurs se proposent de perfectionner leur œuvre et d'en agrandir le cadre; et nous espérons que le public canadien saura

apprécier ces efforts. Car comme le disait si bien notre distingué collaborateur, M.

Pothier (ex-gouverneur du Rhode Island), c'est avec la statistique que nous pourrons plus facilement estimer nos forces, et travailler plus intelligemment à leur développement. (C'est peut-être en laissant à l’initiative privée le soin de faire ces travaux que nous arriverons à une plus grande perfection, attendu que les particuliers peuvent unir leurs intérêts au bien général, en donnant des chiffres aussi exacts que possible.

Les éditeurs du Guide Français ont accompli un beau travail mais ils ne doivent pas rester en chemin. Ils ont l'intention de publier un autre Guide pour New-York, et plus tard pour les États de l'Ouest. Leur entreprise deviendra donc — si elle ne l’est pas déjà — une œuvre nationale éminemment utile et recommandable.

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Le Messager de Lewiston, Maine, publiait le jeudi 26 avril 1888, ce qui suit :

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