TERMINÉE
Madame, voicy le moment Où, sans aucun retardement, Il faut qu'enfin je me dispoze A vous écrire quelque choze
5 Qui puisse un peu vous divertir; Mais, à ne vous en point mentir, La Muze, pour nôtre Missive, N'est pas, aujourdliuy, trop active :
Pour taire un Ouvrage excélent
10 J'ay l'humeur froide, et l'esprit lent; Comme on dit aux chozes guerrières Que les armes sont journalières, Les verves, les transports, les soins.
Des Autheurs ne le sont pas moins.
1 5 Ceux qui d'écrire bien prétendent.
Pour mieux y réussir atendent, Faizans leurs compozitions, Ces grandes inspirations.
Ces ardeurs d'esprit sans-pareilles
20 Dont il ne sort que des merveilles :
C'est d'où viennent ces beaux endroits Qui, loin d'être rampans et froids, Ravissent par leurs riches frazes La plus-part des Gens en extazes.
2 5 II n en est pas ainsi de moy.
Le temps précis me fait la loy ; Le Vendredy, (^uand il est nonne.
Que l'humeur soit bonne,ou non bonne, Que mon Esprit soit froid, ou chaud,
)o Rimer m'est un faire le faut:
Ainsi, pluzieurs de mes Missives Ne sont pas trop superiatives Pour aller vers Princes et Rois, Mais elles y vont, toutefois.
) { On a grande réjouissance Pour rheureuze convalécénce De la Reine-Mère du Roy ; Nos vœux ont mis en d^roy Cette fièvre un peu trop durable,
40 Qui de cette Reine adorable Avec d'audacieux èforts
A tourmenté l'auguste Corps; Et l'on croid que cette Princesse Pour laquelle on prioit sans cesse
45 (Et moy, sur tous, de tout mon cœur; N'a plus bezoin que de vigueur Pour être parfaitement saine; Mesme, on dit que l'autre semaine Sa Majesté poura sortir
50 Pour s'aller un peu divertir Dans Quelque Maizon agréable, Dont 1 air soit pur et favorable ; On ne sçait pas encor bien, où :
Mais, alors, on le sçaura prou.
5 5 Jeudy, si ma mémoire est bonne, (Ce m'a dit certaine personne) Dans Conflans, noble et charmantlieu, La Duchesse de Richelieu, Fort sage et fort habile Femme,
60 Régala la Reine et Madame, En grande jubilation.
D'une exquize Colation, Qui, pour le fruit et la viande.
Fut, tout-à-fait, rare et friande:
65 Déplus, après, ou bien devant, (Car je n'en suis pas trop sçavant) La Critique du Sieur Molière, Pièce Comique et singulière, Fut un autre mets précieux
70 Pour les oreilles et les yeux.
Etant propre pour faire rire Autant Qu'autre qu'on puisse écrire.
On vid-Ià, maint brillant Objet ; Je m'ètens peu sur ce sujet :
75 Icy, sans doute, j'en oublie
Beaucoup plus que je n'en publie:
Mais comme je n'étois pas-là.
Je n'en puis dire que cela, ' Et tout ce que j'en viens d'écrire
80 Ce n'est rien que par oûir-dire ; Mesmes, j'obmétois que Monsieur (Je l'aprens d'un sage Prieur)
Juillet 166}. — Livre XIV. Lettre XXVI
Etoit d'icelle Compagnie, Que Dieu sauve, garde et bénie.
8j Après les essais qu'on a faits De quantité de Gens parfaits En profession Muzicale, Pour de la Chapelle Royale, Par mérite et non par bon-heur,
90 Avoir la Maitrize et Thonneur, Le Roy, dont l'oreille est sçavante En cette science charmante.
Par un vray jugement d'Expert, A choizi Dumont et Robert,
95 Tous-deux rares, tous-deux sublimes, Et tous-deux excellentissimes; Bref, chacun demeure d'acord Que sans faire à personne tort De ceux qui parurent en lice,
100 On leur rend à tous-deux justice:
De la Cour c'est le sentiment, Et le nôtre, pareillement.
Chacun d'eux bien ravy doit être De se voir ainsi passer Maître;
105 Cela, sans canon et sans fer, S'apelle vaincre et trionfer :
Et, tout-de-bon, la préférence Dans cette grande concurence De très-capables Aspirans,
1 10 (Qui sont à prézent soûpirans) Est un Guerdon inestimable Qui joint l'utile à l'honorable.
Et qui les doit bien réjouir; En puissent-ils longtemps jouir.
1 1 5 Avec ces Chantres d'importance Je n'ûs jamais de connoissance, Mais vray, comme voila le jour, J'ay toujours un instinc d'amour [lent, Pourceuxqui grands Hommes s'apel-
120 Et qui dans les beaux-Arts excellent; Et c'est la pure vérité Que quand à leur capacité Le Ciel quelque fortune envoyé.
Je prens grande part à leur joye.
1 2 5 Nôtre Roy continue encor De régaler d'argent ou d'or Mainte Moze saentificjue Qu'à Sa Majesté l'on mdique ; Un fonds destiné pour cela
I ^0 Se prodigue parncy, par-là,
Aux sieurs Courtizans du Parnasse:
Mais pour obtenir cette grâce II faut, dit-on, à tout hazard, Etre indiqué de bonne-part.
1 3 5 Pluzieurs ravis, outre mézure.
Des faveurs de cette nature.
M'ont prié par afection Que je fisse d'eux mention Dans ma Lettre en Vers^ et d'y mettre
140 Leurs noms en belle et grosse lettre.
Pour emporter par-tout le prix De passer pour de beaux Esprits:
J'ûsse bien voulu leur complaire, Car je suis assez débonnaire,
145 Mais telle afaire sur les bras M'ût aporté trop d'embaras.
Outre ce que je vien d'écrire.
Je n'ay presaue rien oûy dire De la Cour, ae Paris, aussy,
I jo Que je doive insérer icy.
Pour métré, donc, ma Muze au large, Afin de faire mieux sa charge, De nouvelles ayant bezoin.
J'en vais grimeliner plus loin.
Que
Quoy que par-tout on puisse dire leles Turcs menacent 1 Empire,
Comme en tous lieux le bruit en court, Ce ne seroit pas leur plus court.
Et s'ils vouloient dans la Hongrie
160 Déjà contr'eux assez aigrie Leur trop d'audace signaler, Us trouveroient à qui parler:
Car le Brave François de Souches, Fort rude dans les escarmouches,
16 j Et le Sieur Comte de Serin,
Deux des Preux de de-là le Rhin, Et, bref, Montécuculj, mesme.
Dont l'expérience est extresme, Sont prêts, à tout événement,
1 70 De les recevoir ^lamment.
Toutefois, craignant quelque niche On dit qu'à Vienne en Autnche, Où l'on entend force tambours.
On a démoly deux faux-bours,
175 Qu'on y rempare les murailles.
Les bastions et les tenailles.
Et que quantité de voizins
Suitans maizons, blez et raizins, armez d'une peur fatale,
1 80 Viennent dans cette Capitale, Prètendans plus de sûreté Dans icelle Noble Cité, Que dans les simples baricades De leurs villages, ou Bourgades,
1 S ^ Qui ne sont pas de grand secours :
On diroit que le mien discours Se contrarie en ce rencontre;
La Muzb historique. — Juillet i66).
Mais je-dis le poar et le contre.
De Rome, foy d'homme-de-bien, 1 90 Je ne sçay, prézentement, rien, Du Vatican, ny du Saint-Pére, Ny des Sieurs Neveux, ny du Frère, Ny de Nôtre Agent, ny du leur, Et c'est ce qui fait ma douleur, 195 Car, enfin, de leur conférence Pour oui j'ay de l'impatience, Nouvelle je n'en puis avoir.
Et c'est ce qu'on voudroit sçavoir.
On jazoit à toute avanture, 200 Ces jours passez d'une Rupture, (Et j'en avois le cœur transi) Mais on ne parle plus ainsi.
La nouvelle est trop véritable.
Et, mesmes, trop considérable,
205 Que les Portugois ont défait.
Et, presque, défait tout-à-fait, Des Espagnols la grande Armée; Où l'on sçait de la Renommée Que Jean-d'Autriche a combatu,
210 Avec, certes, tant de vertu^ Que le Party contraire, mesme.
Admira sa valeur extresme.
Quoy qu'il ait été mal-heureux.
Ce Prince illustre et généreux,
2 1 5 Pour qui la gloire a des amorces.
Prétend bien ralier ses Forces, Vanger cet espèce d'afront.
Et former un secours bien prompt Pour Evora^ ville guerrière.
220 Qui fut sa conquête dernière.
Et quoy qu'il en puisse ariver, Qu'il prétend très-bien conserver.
De Dublin, un Quidan nous mande Que dans la Résion d'Irlande,
2 2 5 Pluzieurs complots noirs et pervers Ont encore été découvers, Dont devoit s'ensuivre carnage :
Mais à la veille de l'orage Le Duc d'Ormond, hardy Seigneur,
2p Qui du Pais est Gouverneur, Uza de tant de vigilance Contre cette maudite Engeance, Tout le Royaume menaçant.
Qu'il l'étoufa presque en naissant.
235 On a pris maint et maint Complice Dont on fera bonne justice :
Car s'ils sont méchans, à leur dan.
Et voilà l'avis du Quidan.
N'étoit qu'il faut que je termine 240 Ma Uttre qui n'est guéres fine, 6 Ma Princesse, en ce moment, Je pesterois terriblement En dix, douze, ou quatorze lignes.
Contre iceux Factieux insignes 24$ Que mon cœur a toujours hays, Tant icy qu'aux autres Pays :
Mais ce n en est pas icy l'heure.
Car je n'en puis plus, ou je meure.
Fait le sept du mois Jalius, 250 Par Joannes Lorelius.
LETRE VINGT-SEPTIÈME
Du [samedi] quatorzième Juillet.
BOURGEOIZE.
Altessb, que d'un cœur sincère Depuis quinze ans je considère.
Dont je dis du bien en tous lieux, Et que je sers tout de mon mieux ; Comme le temps point ne s'acorde A faire un ample et long Exorde Ainsi Que j'en fais quelquefois.
Dont oes personnes, plus de trois,
Aiment la diverse manière; 10 Je m'en vais entrer en matière En parlant du funèbre honneur Fait à vôtre Père et Seigneur.
Jeudy, se fit en cette Ville, Pour feu Monsieur de Longueville 1 5 Un pompeux Ofice des Morts,
Juillet i66}. ~ Livre XIV. Lettre XXVIK
Où son Cœur, et non pas son Corps, Ainsi qu'un tribut de Nature, Est en dépôt, ou sépulture ; Cela veut dire aux Célestins,
20 Lieu fort distant des Augustins.
L'Edize ètoit trés-éclairée, Et de sombres atours parée ; Outre une extrême quantité De Personnes de qualité,
25 Outre la Famille et Lignage De ce Défiint Grand Personnage, Outre nos trois Princes du Sang, Placez chacun selon son Rang, On vid, illec, pluzieurs Princesses,
]o Marquizes, Comtesses, Duchesses; Tiés^bien des Gens du Pariement S'y trouvèrent semblablement; Bref, grande ftit la Compagnie En icdle cérémonie
} ( Que fît, en toute gravité, «cien L'Archevesque de la Cité, de Rhodes. Prélat, de vertu non commune, Et trés-digne de sa Fortune.
Monsieur d'Amiens, autre Pasteur,
40 Admirable Prédicateur,
Esprit sçavant. Esprit célèbre.
Prononça l'Oraizon fiinèbre Du défunt Grand Prince susdit.
Et divinement s*ètendit
4S Sur ses actions principales.
Tant militaires que morales.
Sur le bon sens et la vertu Dont ce Prince ètoit revêtu, Sur ses clairtez et connoissances,
50 Sur ses augustes Alliances, Enfin, sur les saints mouvemens (^u'il eut en ses derniers momens :
Bref, toutes les chozes susdites Furent par luj si bien déduites,
$ ( Et suivit si bien son sujet, Qu'en ce haut et noble projet.
Ce sublime enchanteur d'oreilles Réussit, certes, à merveilles.
Et par ses discours importans
60 Contenta fort les Assistans.
Du Couchant jusques à l'Aurore, Par ces Vers je déclare encore, Que pour rendre nos veux contens, La Rdne-Mére, en peu de temps, 65 Doit-étre, n'étant plus malade, Capable de la promenade ; Les Peuples ont tant souhaité Cette précieuze santé.
Qu'enfin il faut que je publie
70 Qu'icelle s'en va rétablie.
Durant sa fièvre et ses langueurs.
Le trouble régnoit dans nos cœurs, Et pour Elle, ètans en allarmes.
Nos tristes yeux versoient des larmes.
75 Ce n'ètoient, par-tout, que soupirs.
Que frayeurs et que dèplaizirs :
Maintenant, une aimable joye Qu'un meilleur destin nous envoyé, Inspire à pluzieurs de beaux Vers,
80 Et, mesme, on entend des Concerts Agréables par excellence Sur sa chère cpnvalècence.
L'autre-jour, dans un joly Lieu, Digne quazi d'un demy-Dieu,
85 Où l'on soufirit ma compa^ie, Maint rare et sublime Génie Qu'on ne peut trop complimenter Sur leur bel Art de bien chanter, Marians leur voix Angélique
90 Sur des instruments de muzique, Firent dans ce cher paradis, Sur le beau sujet que je dis, Maint acord si doux et si tendre, Ou'ayant l'honneur de les entendre,
95 ren pensay, presque, à tout moment.
Pâmer auricuiairement.
On m'en poura croire sans peine, Si je dis que de la Vareine, (Nom en maints lieux assez chéry) 100 Tant Fille, Femme, que Mary, Etoient de ladite partie.
Qui, de plus, ètoit assortie De Taillavacq l'Italien, Dont on fait cas jusqu'à très-bien, 105 De Monsieur de Niel, l'admirable, Du sieur Gautier, l'incomparable ; Bref, de pluzieurs autres Esprits, Tous Gens-d'honneur et Gens de prix.
Qui pour écouter s'y trouvèrent, 11 o Et qui bien coUationnérent Par les ordres d'un Jouvenceau Qui fit les frais de ce Cadeau, Fort honnête et généreux Homme, Mais qui ne veut pas qu'on le nomme.
1 1 5 Comme il est vray que n6tf€ Roy Ne se tient guéres clos et coy.
Et qu'il faut toujours qu'il agisse.
Hier, il fit faire exercice Tant aux Gens montez sur Roassins,
1 20 Qu'aux Piétons et Fantassins, Qui sous une belle conduite,
La Muze historique. — Juillet i66).
D'ordinaire sont à sa suite.
Chacun fit si bien son devoir, Que c^ètoit un plaizir de voir
125 Toutes ces Troupes régulières Avec leurs démarches guerrières.
Faire par manière d'ébat Tout ce qu'on fait dans un combat ; Les ordres du Roy nôtre Sire^
1 30 Dont par- tout la grâce on admire, Etans les merveilleux ressorts Qui faizoient mouvoir tous ces Corps.
Pluzieurs ^nds Seigneurs et grands Venus delomtainesProvinces [Princes
1 3 5 Pour rèzider en n6tre Cour, Sur-tous, le Duc de Meklebour, Prince illustre et de riche taille, Virent ce beau Champ de Bataille, Où (quoy que ce ne nit qu'un jeu)
140 II se nt grand bruit et grand feu.
Rien d'assuré l'on ne peut dire Du Grand -Seigneur, ny de l'Empire, Ny des projets, desseins, ou vœux.
Du Saint-Pére et de ses Neveux :
145 Car d'iceux endroits les nouvelles Sont bien souvent si peu fidelles.
Que par de diférens discours Elles changent tous les deux jours; Il faudroit, donc, à le bien prendre,
1 50 De plus certains avis atendre.
Pour en être mieux éclaircy :
C'est ce que je veux faire aussy.
Mais pour remplir nôtre Missive, En atendant qu'il m'en arive
1 5 5 Des Turcs, de Rome, ou d'autre-part, Je vais aux Lecteurs faire part.
En jargon tant soit peu comique, D'un accident quazi tragique.
[main, Au grand Fauxbourgde Saint Ger-
160 Certain Garçon, nommé Romain, Farouche, quazi, comme un Faune, Ayant la face maigre et jaune.
Les mains sèches comme du bois, Et l'unique fils, toutefois,
165 D'une assez passable Famille, Se sentoit charmé d'une Fille, Dont le teint étoit net et pur.
Ses deux yeux de couleur d'azur, Ses sourcils ^e couleur de Merles,
170 Et ses dents de couleur de peries; Son front ètoit large et voûté.
Son nez bien droit et bien pointé, Grassette étoit son encoulure,
Et d'un beau brun sa chevelure, 1 7 j Son vizaçe ètoit arondy ,
Et son sein assez rebondy;
Sa main étoit blanche et longuette,
Son humeur tant soit peu coquette;
Elle avoit une paire de bras, 180 Nv trop déchamez, ni trop gras,
Elle avoit la peau délicate.
Elle avoit la lèvre incarnate.
L'air enjoué, doux et riant,
Bref, c'étoit un morceau friand.
185 Romain ètoit, outre mézure.
Piqué de cette Créature :
Mais il voyoit avec ennuy
Qu'elle ne l'ètoit pas de luy.
Un soir, sur le sûeil de sa porte, 190 II luy parla de cette sorte. [jours.
Depuis deux ans, deux mois, deux Fanchon, vous êtes mes amours.
Et je voy dix fois par semaine,
1» Fanchon, que je suis vôtre haine ; 195 3 Aquojsongez-vousdonc,FanchonP Suis-jeungrèdinPsuis-jeuncochon?
Ma mère a trente arpens de terre Entre Saint-Germain et Nanterre, J 'avons deux maizons au Faux-bour Qui nous rendent dans an et jour, Des francs, pour le moins, près de J'avonsdes rentes sur laVille, [mille; Je sçay chanter quelques motets.
Je sçay danser les tricotets; 205 » Quoy que Suzon, nôtre voizine.
Me fasse toujours bonne mine. De vous avoir c'est mon projet, L'amour, à vôtre seul sujet.
De mille traits le cœur me darde, 210 9 Quand je vous voy, je vous regarde, Quand )e vous touche bras,ou main, Je sens un plaizir plus qu'humain.
Il en eût bien dit davantage;
Mais riant de son sot langage, 2 1 5 Fanchon luy dit, tout franc et net ;
> Vous jazez mieux qu'un Sansonet, Mais toute vôtre jazerie.
Toute vôtre badinerie, Vos arpens, rentes et maizons, Sont ae ridicules raizons Pour entretenir une Fille, Je vous estime moins qu'un drille.
Tranchez ces discours superflus, Croyez-moy, ne me parlez plus, 225 » J'aimerois mieux ouir des bègues, Allez, fuyez, tirez vos grègues.
Il vouloit répondre à cela;
Juillet i66). — Livre XIV. Lbttrb XXVHI.
Mais icdle le plantant-là,
3 A]]ez-vous promener, dit-elle.
2)0 II obéit à cette Belle,
Et, sans plus longtemps lanterner, U s'alla si bien promener, Que soit qu'il ait, dans sa folie, Choizi le chemin d'Italie^
2}) D'Iilande, ou des Topinambous, Pais abondant en Hibous, Soit, que se métant en campagne.
Il ait pris la route d'Espagne^ Du Portugal, ou de Maroc,
240 Soit qu'il se soit coifé d^un froc, Ou caché dans un Hermitage,
Ou que de colère et de ra^e, Il se soit jette dans un puits, Personne ne l'a vu depuis.
Il est temps que je me dégage De ce facétieux langage, Et que d'un ton plus ârieuz Je dize adieu, tout de mon mieuz^ A vous, Madame, que l'on treuve 250 Une assez importante Veuve.
Fait le Quatorze de Juillet, Jour qui nétoit ny beau^ ny laid.
LETRE VINGT-HUITIÈME
Du [dimanche] vingt-deuxième Juillet.