‹ La muze historique; (volume 2)Chapitre 3 sur 84 · MILITANTE · texte numérisé non relu

MILITANTE

Nonobstant la stérilité De nouvelles, en la Cité, En suivant la coutume mienne, Je prens, atendant qu'il m'en vienne, 5 (Sans pourtant quiter le bonnet) Plume, papier, enae et cornet.

Pour écrire à cette Princesse, Qui de mes Vers est la Déesse

Sue je ne voy que rarement :

ais de qui, presque à tout moment, L'extiaorainaire mérite Est le sujet que je médite.

Le sage Souverain d'Inspruc, Portant Qualité d'Archi-Duc,

15 De la Noble Maizon d*Espaffne, Et l'un des plus Grands d Allemagne, Est, depuis peu, dans un cercueil, Dont la Cour en a pris ledueil.

On m'a dit que ce Personnage,

20 Sans compter maint autre avantage, Etoit bon, pieux et moral.

Et d'un instinc si libéral, Qu'il ne déziroit des richesses Que pour en faire des largesses,

2$ Possédant la gloire et l'honneur D'être en tout temps Homme donneur:

Ainsi, sans doute, l'avarice Ne doit-étre jamais le vice Des Hommes hauts et généreux,

)o Ce vice est trop abjet pour eux.

Il est excuzable aux Gens minces; Maisnel'estpoint,dutout,auxPrinces.

Un des jours de ce prézent mois.

L'illustre Prince des Danois, En qui cent vertus on découvre, Receut, à son entrée, au Louvre Des honneurs de Sa Majesté

Conformes à sa Dignité:

Nos deux Reines le bien-veignérent^ 40 L'aplaudirent et l'estimèrent,

Dont ce Prince jeune et bien-fait

Fut entièrement satisfait:

Et quand il va chez des Altesses,

Chez des Ducs et chez des Duchesses, 45 II y reçoit, à tous momens.

Des louanges, des complimens;

Et, certes, c'est avec justice.

Car ce Prince, que Dieu bénisse.

Qui doit-étre Monarque, un jour, 50 Est digne d'estime et d'amour.

Chés Monsieur, du Roy, Frère unique, Un second Bal, fort magnifique.

Et des plus beaux qu'on puisse voir, Se tint, encor. Dimanche au soir;

5 5 Où Madame, la Principale De cette allégresse Royale, Parut comme un Astre des Cieux, C'est-à-dire, parut des mieux, Dansant (cela s'en va sans dire)

60 A la main du Roy nôtre Sire, Qui dans tout Balet et tout Bal, En Majesté, n'a point d'égal.

Quantité de jeunes Merveilles, En divins atraits sans-pareilles,

65 Illec, jetoient de leurs regards Feux et fiâmes de toutes parts.

De Danemarc, l'Ambassadrice, Belle, fraîche, et que, par indice.

On juge être, certainement,

70 Femme de grand entendement, Et, mesmes, son aimable Fille, En qui toute honnêteté brille.

Fille d'un charmant entretien, Fille d'un noble et beau maintien,

75 Et de gloire et d'honneur comblée.

La Muze historique. — Janvier 1663.

Louize

de Gaiden,

Sfieur du

Comte de

Clermont

de Lodéve.

Etoient, aussi, de l'Assemblée, Ayans sur leurs riches habits Des diamans et des rubis, Et des perles en abondance,

80 Le tout de leur apartenance.

Nonobstant cette quantité, N'ayans rien du tout emprunté.

Je n'entray point dedans la Sale Où se faizoit ce beau Régale,

8j Jecraignois trop d'être poussé, Ou de n'être pas bien placé; Ainsi, je n'en puis davantage Discourir dans ce mien ouvrage.

Ce fiit, donc, au Palais Royal,

90 Que Dimanche on tint ce grand Bal, Et ce sera demain, au Louvre, Où j'espère entrer, si l'on m'ouvre.

Le sieur Marquis de Monmouton, Oficier du feu Grand Gaston, En qualité de Capitaine, Possédant un riche Domaine, Homme d'amis et de crédit, Et qui, mesmes, à ce au'on dit, Est, à l'égal presque d un Prince, Considéré dans sa Province, Prit alliance, l'autre-jour, (Jecroy que ce fut paramour) Avec certaine Demoizelle, Qui, sans doute, doit-étre belle, Et doit avoir bien de l'esprit, (A côté son nom est écrit.) De leur nopce on dit des merveilles, Dignes de charmer les oreilles, Six-vingts Marquis, Comtes, Barons, De cent stades aux environs, Etans invitez, s'y trouvèrent.

Et, tous, à la Nopce dansèrent.

Tant jouvenceaux, que vieux routiers.

Elle dura trois jours entiers.

On y fit des courses de bague Dans un lieu spacieux et vague, On y bût cent fois les santez De toutes nos trois Majestez, Teste nuê et genoux en terre.

Et, chaque fois, tout plein le verre ; On y mangea trois cens perdrix.

Tant à poil rouge qu'à poil gris, Trois cens chapons, ou gelinotes.

De bons fruits plein neuf ou dix hôtes.

Cinq cens fois plus de champignons.

Que je n'ay de testons mignons.

Plus de douzaines d'aloùetes Que tout Paris n'a de Poètes,

Plus de pluviers et de ramiers,

1 50 Qu'un Partizan n'a de Fermiers, plus de trufes et plus d'olives, Que je n'ay rimé de missives, PTus de bizets et de phaizans, Que la Cour n'a de Courtizans,

1 3 $ Plus de ragoûts et de potages.

Que Milan n'a de bons fromages.

Plus de châtaignes, ou mârons.

Que Vourdeaux n'a de Fanfarons.

Pour des Benarris de Toulouze,

140 On en mangea cent trente et douze, Pluzieurs agneaux, moutons et bœufs, Soixante-et-dix douzaines d'œufs.

Infinis jambons et saucisses.

Qui des Buveurs sont les délices,

145 Le tout, sans trop de fiction.

Et, pour boire à proportion, On y vuida six cens bouteilles Du )us des plus fameuzes Treilles.

J'ay dit cecy sur le raport

150 D'un Esprit que j'honore fort.

Qui m'en a tracé le mémoire Esprit, certes, digne de gloire.

Pour être excellent en nôtre Art, Et propre Fils du Grand Maynard.

1 5 5 Comme des nouvelles de France Je ne sçay pas en abondance.

Je vais faire un petit r'amas D'aucunes des autres Climats, Afin d'alonger ma bezogne;

1 60 Je commence par la Pologne.

On tient de Gens bien assurez Que Messieurs les Confédèrez, Qui faizoient tant les Lifres-lofres, Ont, enfin, accepté les ofres

165 De la République et du Roy, Dont ils veulent suivre la Loy, Protestans, à ce qu'on raporte.

De servir de si bonne sorte.

Que tous leurs dézordres passez

1 70 Seront par leurs faits éfacez.

Pluzieurs Gens ont encore envie De remuer en Moscovie, Sans craindre gibets, ny licous.

Et, dés-là, ce sont de vrais fous.

175 Les Anglois, par folie extresme, Voudroient quaz]^ faire de mesme, Et sur tout les Sieurs Protestans, Qui tranchent fort des Importans:

Février 1663. — Livre XIV. Lettre V.

Mais, de si prés on les épie, 180 Que, certes, leur audace impie, A paru dans maint cœur brutal, Mais n'a point encor fait de mal, [dre Tous leurs complots tramés dans Lon- N'ayant servy qu'à les confondre.

1 8 j De Thémizoûar , le Traité, N'est pas encor bien arété :

Mais, quoy que l'on en puisse dire, Léopolde, Chef de l'Empire, El le Turc, ou le Grand Vizir,

190 Pour la Paix ont bien du dézir.

Et souhaitent de leurs Frontières Retirer les Troupes guerrières.

Qui mangent leurs pauvres sujets. Puis, tous-deux, ont d'autres projets.

195 Son Altesse le Duc de Parme, Pour son Castro, ce dit-on, arme ; On entend de plusieurs discours.

Que de France il atend secours:

Mais, 6 Duc de Parme, et vous France,

200 N'avez-vous point trop d'arogance D'ozer vouloir jouer des mains Contre des cœurs fiers et Romains ?

Contre des Tiercelets d'Hercules, Armez de canons et de Bulles;

205 Dés la Feste des Innocens, Us êtoient déjà quatre cens ; Depuis, pluzieurs Gens à pennaches, Pluzieurs Gens à grandes moustaches, Y vont tous les jours s'enrôler

210 Pour nous détruire et débelier, Ayanspour Chefs et Capitaines,

Trois Chefs de Familles Romaines, Sçavoir Mathéj, Mirolj, Et certain, nommé Nigrelj;

2 1 j Lecjuel Fredon de Personnages

Quitent froidement leurs ménages, Pour, dans quelque insigne action.

Se métré en réputation Chez les Nations étrangères, 220 N'en ayant encor, dit-on, guéres.

Ma-foy, François et Parmezans, Ces bruits-là ne sont pas plaizans, Songez, de grâce, à vos afaires; Voila des nooies Aversaires.

22 ç Monsieur de Crèquy, ce dit-on,

S'en revient dans nôtre Canton, Autant irité contre Rome, Que le fut jamais aucun Homme; Non pas contre Rome, j'ay tort,

2)0 Elle le receut bien, d'abord, Mais contre l'insolente Race Qui fit sur luy qnasy main-basse.

Sur son Epouze, et sur ses Gens, Par l'ordre secret des Régens :

23 } Mais comme semblable arogance Regarde trop le Roy de France, Il est d'assez bonne Maizon Pour en pouvoir tirer raizon.

Princesse, adieu. Dieu vous bénie, 240 Je vais souper en compagnie.

Ecrit le vingt-et-sept du mois, Oyant rézonner des Hauts-bois.

LETTRE CINQUIÈME

Du [samedi] trois Février.

BALADINB.

Durant la Saizon Bacanale, Des Saizons la plus joviale, Où l'on voit, en Gens travestis.

Se trémousser, Grands et petits, { J'aimerois mieux jouer et rire Que de rymer et que d'écrire :

raimerois mieux courir par tout,

En carosse, en chaize, ou debout.

Que d'être, toute une journée, 10 A rêver souz ma cheminée: Mais, 6 Duchesse de Nemours, Puis-qu'à vous faire des discours Il y va de vôtre service.

Il faut que je vous divertisse

La Muze HiSTORK^UK. — Février i66).

1 5 Tout le moins mal que je pouray ; Oyez, donc, ce que je diray :

Ou, pour mieux exprimer mon dire, Lizez ce que je vais écrire.

Ce Duc, ce généreux Seigneur,

20 Qui de l'Alsace est Gouverneur, Ce Duc si remply de prudence, Et, sa Femme, la belle Hortence, L'unique Objet de son amour, Sont tous-deux, icy, de retour^

25 Et ce Couple vraiment illustre, De la Cour augmente le lustre, Luy, par sa Noblesse et splendeur, Par sa vertu, par sa candeur, Et sa Moitié sage et fidelle

30 Par les apas qui sont en elle.

Une Hôtesse de leur Palais, Bel Esprit, s'il en fut jamais, Et qui, par sa science infuze.

Est digne du beau nom de Muze,

] 5 Ayant célébré leur retour Avec des Vers, dignes d'amour, Dans un assez succint Ouvrage, Je n'oze en parler davantage.

Au Convent de l'Assomption,

40 Lieu de grande dévotion, Contenant maintes sages Filles, Qui sont d'honorables Familles, Et qui servent, aussi bien, Dieu Qu'on puisse faire en autre lieu,

45 Une chaste et sainte Mignonne, Q^ui n'ètoit encore que Nonne, Fit, avec jubilation, Lundy dernier. Profession.

Nombreuze fut la Compagnie

50 Prézente à la Cérémonie, Que fit ce Prélat de renom, Qui Cardinal Antoine a nom.

Avec sa grâce coûtumiére.

Et d'une si noble manière,

S 5 Que tous Messieurs les Assistans, Dont pluzieurs sont Gens importans, En estimèrent davantage Ce Cardinal de haut Parage.

Monsieurd'Acqs, ce sacré Pasteur,

60 Ce merveilleux Prédicateur, Dont a tant paru l'éloquence Dans des Chaizes de conséquence, Brilla dans cette ocazion, Et, mesme, avec profuzion,

65 De son Sermon, prenant pour texte Cet Hymen, ou Nopce céleste,

Où son bel Esprit éclata, Et luy-mesme se surmonta.

Ferrand est le nom de la Fille^ 70 Qu'on ne voit plus que par la grille.

Qui pour unique et cher Epous, A choizi le plus beau de tous.

Par une bévue assez franche, J'avois allégué que Dimanche,

7 j (Et j'avois allégué fort mal) Seroit au Louvre le grand Bal, Le srand Bal du Roy nôtre Sire, Un bruit commun me le fit dire, Mais je parlois en ètourdy,

80 Car ce ne fut que Mercredy.

Quand je pouroismétreen pratique Les fines fleurs de Rétorique Des Ecrivains les mieux sensez, Tant modernes, que trépassez,

85 Je n'ozerois pas rendre compte (Ou bien ce seroit à ma honte) De tout l'éclat et le brillant De ce Bal pompeux et galant, Tant il étoit, je vous proteste,

90 Du dernier beau, du dernier leste ; Mais dût-on, avec équité, M'acuzer de témérité, Il faut que tant soit peu je cauze De Ce Bal Royal, et pour cauze.

95 Dieux ! que mon esprit fut ravy Des belles chozes que j'y vy !

Nos Reines, de tous révérées.

Admirablement bien parées, Ajoûtans cent beaux omemens 100 A leurs naturels agrèmens.

Honorèrent de leur prézence Cette illustre magnificence; L'Epouze de Sa Majesté, Cette auguste et rare Beauté, 10$ La Noble et charmante Tereze, (Dont j'aprochay, tout ravy d'aize) Pour faire honneur au Bal susdit.

Ponoit sur elle, à ce qu'on dit, Outre sa brillante jeunesse, 1 1 Pour six millions de richesse.

Le Roy n'avoit sur ses habits, Diamans, Perles, ny Rubis, Et ne tiroit d'autre avantage Que de sa taille et son vizage, 1 1 5 Vallant mieux que tous les Trézors Dont on peut ajuster les corps.

Mais je vous jure, sur mon ame.

Que les seuls Monsieur et Madame, Outre leurs apas gracieux.

Février i66}. — Livre XIV. Lettre V.

1 20 Qui charmoient les cœurs et les yeux, Avoient, en riches Pierreries, La valeur de vingt Seigneuries :

Mais comme des Bijoux d'un Bal Il ne font pas leur capital,

12^ Il est vray que pluzieurs Persoanes, Tant jeunes Seigneurs, que Mignonnes, Plus qu'eux, encore, ètoient couvers D'omemens et Bijoux divers:

Mais ce qui plaizoit davantage

I ]o Que tout ce superbe étalage, Cétoient les teints frais et polis, C'étoient les rozes et les lis Déplus de quatre ou cinq cens Belles, Tant pucelles, que non pucelles,

135 Qui dansoient admirablement.

Ou qui regardoient seulement.

Je croy que jamais Assemblée De tant d'atraits ne fut comblée ; Je n'en vy qu'un échantillon,

140 Mais je jure par Apollon, Que jamais en jour de ma vie, Mon ame ne fut si ravie.

Je feray peu de mention De la belle Colation

145 Toute grande et toute parfaite, Car quand je vins elle étoit faite :

Mais, ainsi qu'on m'en a parlé.

Chacun en fut émerveillé, Et l'on dit qu'à ce beau spectacle

I $0 Pluzieurs Gens crièrent miracle.

Dans dix-huit Bassins spacieux Qui paroissoient, dit-on, aux yeux, (Le prenant au pié de la lettre) De deux bons piés de diamètre;

I $5 Et ^ui, pour mieux charmer la Cour, Etoient gamis,tout allentour, (Sans mensonges, sans hyperboles) De rubans pour six-vingts pistoles.

D'or, d'argent, de vert et d'azur.

160 Le tout de Perdrigeon tout pur.

Que dessus de hautes machines Portoient sur leurs fortes échines.

En bonne couche et noble aroy, Trente-et-sîx Oficiers du Roy.

1 6 $ Dans cesdix-huit Bassins,vousdis- je.

Selon qu'un Quidan le colige, Etoient, à n'en rabatre rien.

Cinq cens poires de bon-crètien.

Citrons-doux, quatre cens quarante,

170 Grenades, quatre cens cinquante, Des oranges de Portugal, Qui sont fruits propres pour le Bal, Et qu'on sert dans des porcelaines.

Environ quatre- vingt douzaines,

175 Deux mil six cens pommes d'Apis ; Et, ce qui n'étoit pas le pis, Plus de douze cens limes douces.

Chacune ayant, de tour, dix pouces :

Et, d'ailleurs, tant de massepains

180 Que Ton gripoit à belles mains.

Tant d'autres exquizes pâtures.

Et d'admirables confitures.

Tant de fruits secs, que de fruits verts.

De goûts diférens, ou divers,

1 8{ Que la plus fine aritmétique.

Qui de Dien calculer se pique , Sans s'ennujer et se cabrer.

Ne pouroit jamais les nombrer.

Si des yeux, et non des oreilles,

1 90 J'ûsse vu toutes ces merveilles, J'en aurois, sans dificulté.

Le tableau mieux reprézenté:

Mais ayant eu trop oe fiance En un mien Amy d'importance,

195 (Que Dieu, toutefois, sauve et gard ) Je ne le vy que sur le tard, Dont j'en pensay mourir de honte :

Mais écoutez un autre conte.

Proche d'Anvers, certain Voleur, 200 Ayant été, pour son malheur, Condamné, par juste Sentence, A soufrir mort à la potence Pour une méchante action.

Fut pendu, sans rémission, 205 Et cette justice étant faite.

Tout le monde ayant fait retraite.

Un Laboureur passant alors Prés de ce mizérabie corps, Luy voyant des signes de vie,

2 1 o La pitié, soudain, le convie

De couper le cruel licou ^ Qui serroit trop son chien de cou :

Puis, le métant dans sa brouette. C'est-à-dire dans sa charette,

215 II le mena prés de son feu.

Où se ravigotant un peu, Par legrand soin qu'en voulut prendre Le Laboureur propice et tendre, Dont il receut oien du secours,

220 II se porta bien dans deux jours:

Mais cet ingrat, cet infidelle, Apnt repris vigueur nouvelle, Partit de nuit, d'iceluy lieu.

Sans à son Hôte dire adieu ;

22 j De plus, ce Brigand détestable,

Luy vola, dans sa propre étable,

La Muzb HIST0R1Q.UE. — Février 1663.

Par un iarrecin des plus francs.

Un bon cheval de trois cens francs.

Le jourcommençoit à paraître,

2}o Et, tant les Valets, que le Maître, S'apercevans du vol susdit, Coururent si bien ce maudit, Q^u'à la fin ils le r'atrapérent.

Vers le gibet le remenérent,

2 ) ( Et-là, pour son dernier méchef, Us le pendirent derechef.

Et fut avec sa mesme corde Etranglé sans mizéricorde, Tant que s'en ensuivit la mort,

240 Ceux-cy croyans n'avoir point tort; Mais quand Messieurs de la Justice, Du cas susdit eurent indice, Jugeans que ledit Villageois Avoit entrepris sur les Loix,

245 Us mirent sa triste Personne

Aux lieux où Gens on emprizonne.

Et travaillent à son procès,

Dont incertain est le succès:

Car en cet étrange rencontre

250 On trouve du pour, et du contre.

Monsieur de Créquy, tout bote.

Et, mesme, honnêtement crotè, Hier, à ce qu'on me vint dire, Salua le Roy nôtre Sire, 2 5 ( Et le fut de toute la Cour, Chacun aprouvant son retour, Qui, selon maint sage prud'homme Pouroit être fatal à Rome.

Altesse, adieu, je suis lassé 260 D'avoir tant et tant rimasse, J'en ay quasi mal à la teste; Voila mon souper qui s'apreste.

Le lendemain, saiu fiction.

De la Purification.

LETTRE SIXIÈME

Du [samedi] dix Février.

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