‹ La muze historique; (volume 2)Chapitre 65 sur 84 · SATISFAITE · texte numérisé non relu

SATISFAITE

Comme les trop lon^s Préambules

Peuvent passer pour ridicules,

Celuy de Samedy dernier,

(Certes je ne le puis nier) S Etant prolixe, outre-mézure,

Pour encourir quelque censure :

Mais on n'est pas, quand on écrit,

Toujours maître de son esprit ;

Un Esprit fût-ii docte, ou rare, 10 Quelquefois se perd, ou s'égare,

Comme ce n'est qu'un trait de feu,

Il s'arête et fixe fort peu ;

Et soit qu'on dorme, ou aue l'on veille.

Son activité sans-pareille 1 5 Agit de moment en moment

Presque continuellement,

A proportion des organes,

En des sujets saints, ou profanes,

(Cela veut dire bien, ou mal :) 20 Mais suis*je pas un animal ?

Princesse, excuzez-moy, de grâce.

Je sens bien que je m'embarasse.

Je veux icj Platonizer,

Et je ne fais que niaizer, 2 s Je ne dy que des bagatelles;

Hà, dizons plutôt des nouvelles.

Car vôtre esprit judicieux

S'y plaira, sans doute, bien mieux.

Avant la fin de la Campagne, ;o Le Noble Empereur d'Ahmagne, Encor qu'assez bien secondé.

S'est, toutefois, acommodé, Par sagesse, ou par complaizance.

Avec le Seigneur de Bizance, ) 5 Avec le Turc, seroit mieux dit:

Mais Turc est un mot si maudit, Qui n'ayant ny raizon, ny rime.

Il faut uzer de synonime.

Enfin, donc, ces deux Potentats, 40 Pour le repos de leurs Etats,

Ou pour d autres raizons cachées,

De moy nulement recherchées,

Ont au gré de leurs Courtizans,

Fait une Trêve de dix ans, 4{ Dont, foy d'un Autheur à bézicles,

Je n'ay vu, ny lu les Articles .

Ainsi, tant de Braves Chrétiens,

De la Foy les fermes soutiens,

Qui pleins d'un courage intrépide 50 Couroient, îllec, à toute bride.

Pour y servir en liberté

L'Empereur et la Chrétienté,

S'en reviennent teste baissée.

Et l'Ame, dit-on, couroucée, j 5 De n'avoir plus sujet, ny lieu,

D'hazarder leur beau Sang pour Dieu.

Mais entre tous nos Volontaires,

Vainqueurs de tant de Janissaires,

Et mesmement les Colignis, côm""^(?** 60 Tous chargés d'honneurs infinis, ^°'"pa" "

Ont repris le chemin de France, .^'^"*'*^"'

Ayans signalé leur vaillance, * ° '*"^*

Au gré du Monarque Louis,

Par mille beaux faits inoùys, 65 Par de beaux faits dignes de gloire.

Et d*une immortelle mémoire.

Dont on vient de m'en conter un,

Qui sans doute n'est pas commun.

Certain Cavalier, en fleur d'âge, 70 Remply d'ardeur et de courage.

Et dont le Marquis de Rénel,

Etoit le Chef, ou Colonel,

Avec une petite Troupe

Ayant, comme on dit, vent en poupe, 75 Pousse un Escadron d'Ennemis,

La Muze historique. — Octobre 1664.

Qui s'êtoient en retraite mis, li les harcelle, il les agasse, II les oblige à volte-face, Et dans un généreux combat,

80 Pluzieurs d'eux à terre il abat, A cent pas du Gros de l'Armée, Qui, de ce, parut alarmée; Et celuy dont je prens soucy D'exalter la valeur icy,

85 Digne d'étemelles guirlandes,

Et qu'on nomme le Sieur Deslandes, De Turcs, dit-on, camacier, Ayant occis un Oficier, Et sa grosse teste coupée,

90 II prit au bout de son épée Le Turban du Turc déconfit, Duauel un beau prézent il fit Audit Rénel, son Capitaine, Q^ui de cette action hautaine

95 Admirant le trait singulier.

Le rendit audit Cavalier, D'un cœur franc,noble et magnanime, Lequel beau Turban on estime (Pour maint ornement éclatant)

100 Cina mil écus d'argent comptant.

C est ce que contient un mémoire Où j'ay puizé ladite Histoire, Dont (feinte et raillerie à part) De bonne-foy, je vous fais part,

105 La choze étant de tel mérite.

Qu'elle êtoit digne d'être écrite.

Le Général des Capucins, Dont on peut, en termes succins, Dire que c'est un Personnage

1 1 o Eloquent, vertueux et sage.

Nonobstant la pluye et les vents Allant viziter ses Convents, Non ceux oui sont en Normandie, Mais dans la franche Picardie,

1 1 5 Fut honoré d'un grand acùeil,

L'autre^jour, par Monsieur d'Auteûil, (Un des Seigneurs de la Province Mr le Duc Et, jadis, Gouvemeur d'un Prince) ^ ' Lequel, après maint compliment,

1 20 Le fètoya*moult noblement.

Beauvais, Ville importante et forte, Le traita de la mesme sorte; Et quoy que las et fatigué.

Ce Don Père y fut harangué

1 2 5 D'une façon toute civile.

Par les beaux Esprits de la Ville :

Car (voyez-vous) ces Généraux,

Comme ils sont doctes et moraux.

Que dans l'Eglize militante

I )o Leur fonction est importante,

Et qu'ils ont, comme saints Régens, Autorité sur bien des Gens; Encor que sous leurs robes grizes Ils n'ayent chausses, ny chemizes,

1 ; 5 Et que, mesme, ils marchent piés-nus.

Ils sont en maints lieux bien-venus, Il reçoivent cent déférences, On xinixt leurs Révérences, Et l'on leur fait autant d'honneurs

1 40 Que si c'êtoient des grands Seigneurs.

Le quinze d'Octobre, ou le seize, Feste et jour de Sainte Téréze, Cette auguste Mère du Roy, Dont chacun peut jurer sa foy

145 Que rien n'égale ses mérites.

Se transportant aux Carmélites Fut dans cet illustre et saint Lieu Adorer dévotement Dieu, Puis, cette Reine débonnaire

1 50 Voulant à des vœux satisfaire Qu'elle fit autrefois, afin Que Dieu nous donnât un Daufin, Pour rendre nos Destins prospères.

Envoya chez les Petits-Père^

1 5 5 Où (si je ne m'explique assez) Chez les Au^ustins Déchaussez, De ladite Sainte une Image Dont Tezcèlent et rare ouvrais, Est d'un fort beau vermdl-doré,

160 Moult richement èlabourè.

Si quelque Censeur, ou Critique, Dit que ce mot est trop antique.

Nous sçavons au6si*bien que kij Qu'on ne s'en sert guère au jooivrhuy,

165 Et qu'il n'a pas trop bonne gnce.

Si faut-il, toutefois, qu'il passe.

Les Tartares, au fier minois, Sècondans les sieun Polonoi^ Ont, de Messieurs les Moacorîtes,

1 70 Diverses Troupes déconfites, Et des Sieurs Cozaquesaussy, Sujets indignes de mercy.

Puis que cette Enonce dannée Se révolte deux fois l'année.

175 Trois mil d'entr'eux furent occis, Et deux mil six cens trente-et-six Trouvèrent leur heure dernière En traversant une Rivière, Dont le Caaal, étant probad,

Octobre 1664. — Livre XV. Lettre XLI.

180 Les obligea d'aller au fond.

On prévoit, enfin, quelque guerre Entre l'Holande et l'Angleterre, Car ces Peuples ëtans actifs A faire des préparatifs

185 De chanvres, de cordes, de toilles, Pour faire et construire des voiles, D'ancres, d'esauifs, de Matelots, Pour à leur gre brider les flots, De boulets, de barils de poudre,

190 On void qu'ils en veulent découdre; Mais malgré les prétentions De ces deux brusques Nations, Malgré leurs Flotes préparées Contre les vents et les marées,

195 Ils n'ont encore exécuté Aucun acte d'hostilité :

Mais pour éviter les surprizes Des ruptures, des entreprizes, D'icenx Partis les Armemens

200 Sont prêts à tous événemens.

Ce fléau, qu'on nomme la peste, De tous les trois, le plus funeste, Se mitigé et se refroidit (Comme je vous Vstj déjà dit)

205 Pour Amsterdam, Ville aussi grande Qu'on en puisse voir en Holande, Et, pour mieux vous prouver cela, Il ne meurt plus de ce mal-là.

Dans cette Métropolitaine,

210 Qu'environ huit cens par semaine.

Caracéne, illustre Marquis, Espagnol, de mérite exauis, Ajant, pour le Roy Catnolique, Là Fijndre. Gouverné le Pais Belgique

2 1 5 Assez long-temps, et prudemment, Quite ce beau Gouvernement, Par ordre, et non point par disgrâce;

Et l'on void entrer en sa place (Pour y commander à go^o)

220 Monsieur de Castel-Rodrigo, Autre Castillan aussi sage Qu'il en soit aux Climats du Tage, La Flandre, à son gré, le trouvant Comme un nouveau Soleil-levant,

225 Et luy préparant mainte Entrée Dans les villes de sa Contrée, Dont la grande Cité d'Anvers, Des plus nobles de l'Univers, Camoray, Saint-Omer et Bruxelles.

230 Sont, quatre, dit-on, des plus belles.

Versaille est, de toute la Cour, Prézentement l'heureux séjour, Maizon qui n'a rien de lugubre, .

Mais un air riant et salubre,

235 Et qu'on tient le plus beau bijou Qui soit de Paris, en Anjou :

Bref, dont je dy, sans flaterie, Que la seule Ménagerie D^un circuit vaste et spacieux,

240 Est plus abondante et vaut mieux Pour l'utile qui l'acompagne, Que trente Châteaux en Espagne.

Princesse, à qui, l'autre-jour.

Je fis une heure ou deux, ma Cour,

245 Et qui, sans nule répugnance, Me signâtes une Ordonnance, Au dessous du seing ajoutant Obligeamment » Payez comptant :

Pour grâce et pour faveur, je compte

250 Une Expédition si prompte.

Et j'en souhaite à vos bontez Cinquante ans de prospéritez.

Ces trois pages furent remplies Le jour Saint-Luc, après Complies.

La Muze HisTOhiQUE^ — Octobre 1664.

LETRE Q UARANTE-DEUX

Du [samedi] vingt-cinquième Octobre.

AGRÉANTE.

Mon Esprit commence à rêver, Muze Ciion, vien me trouver, C'est vainement que tu recules.

Nos délais seroient ridicules, 5 II faut, aujourd^huy, de mon sein Ecarter tout autre dessein Que celuy d'écrire à TAltesse Pour qui j'ay bien de la tendresse, Et dont le beau Nom, par mes soins,

10 De sa gloire a bien des témoins, Puis-que dans mes Vers il galope Dans tous les Climats de l'Europe, Où Ton est curieux de voir Ce que par instinc et devoir

1 5 Je prens 1 honnête hardiesse D'adresser à cette Princesse :

Pour rendre ses dézirs contens, Sortez-donc, mes Vers, il est temps.

Cette Altesse dont la naissance

20 Tient un si digne rang en France, Dont les vertus et la Grandeur Sont par tout en si bonne odeur, Dont la structure est haute et belle.

Bref, en un mot, Mademoizelle,

25 Proche Parente de trois Rois:

Le quinzième du prézent mois, Alla dans cette noole Ville, Dont le nom propre est Abeville, Pour être à la solennité

30 De ce Miroir de sainteté, L'heureuze Téréze, Mâraine De nôtre belle et jeune Reine, Et dont la Feste, à ce qu'on dit, Se célébroit au lieu susdit;

5 5 Oix cette Princesse Royale Dans une ferveur sans égale.

Fit lors paroitre, en vérité, Tant d'actions de piété, Qu'il est très-certain que d'icelle

40 Tout le monde admira le zèle,

Cauzant par sa dévotion |

Beaucoup d'édification.

Cette Altesse digne d'un Trône,

Fit, illec, mainte et mainte aumône :

45 Mais c'est en sa Ville et Comté Que la louable charité De cette Ame vrayment illustre, Parolt, tout-à-fait, en son lustre, Ayant êtably dans ce Lieu,

50 (C'est-à-dire en la Ville d'Eu) Un commode et pieux azile Pour les Pauvres d'icelle Ville, Et ceux qui ne sont pas de loin, Où, par son charitable soin,

5 5 L'indigent et le mizérable.

Et la vieillesse déplorable.

Les estropiez, les afligez, Sont alimentez et logez.

C'est à quoy l'Altesse susdite,

60 Altesse de rare mérite,

Employé, à ce que l'on m'a dît.

Son temps, son bien et son crédit.

N'épargnant argent, ny dépense; Dieu veuille être sa récompense.

65 Encore que des lieux lointains Les bruits soient souvent incertains, Ce qu'avoit dit la Rénommée De cette Trêve confirmée Entre le Turc et l'Empereur,

70 N'êtoit point une vaine erreur, N'êtoit point une bagatelle, Mais une solide nouvelle:

Ces deux Potentats concurens, Ont adoucy leurs diférens

75 On ne void entr'eux plus de trouble, Ny de rigueur, pas pour un double; Et ces deux puissans Ennemis Sont, ce dit-on, si bien remis.

Que n'êtoit la longue distance

80 De Vienne, jusqu'à Bizance, Ils se seroient dit, bec à bec, Salamalec, salamalec.

Octobre 1664. — Livre XV. Lbttrp XLII.

Les Turcs ont fait, en Moravie, Cruellement perdre la vie

85 A pluzieurs milliers de vieillards; Ils ont, comme infâmes pillards, Dézolé dix miHe Familles, Ont violé femmes et filles, Et dans les Pais ravagez

90 Infinis enfans égorgez.

Après tant d'horibles dommages, Je ne sçay pas ^uels avantages L'Impériale Majesté Reçoit de ce nouveau Traité;

95 Les conditions de la Trêve

(Soit qu'elle se rompe, ou s'achève) N'ont point parvenu jusqu'à moy, Pour en parler de bonne-foy :

Mais les plus communes nouvelles

100 Assurent que les Infidelles

(Je Tay sceu d'un Amy blondin) Se sont rézervé Varaain, Dont la pauvre Transylvanie Ressent une angoisse infinie,

105 Et le bruit mesmement est tel, Qu'ils ne rendent point Newhauzel:

Enfin, je ne sçaurois vous dire Quel bien en a receu l'Empire.

Il est à prézumer, pourtant,

1 1 o Que dans cet Acord important

L^Empéreur trouve aussi son compte:

Mais icy j'avoue, à ma honte.

Que je ne sçay prézentement Encore ny quoy, ny comment.

115 Le Maître du Bureau d'Adresse Homme excélent dans son espèce.

Plus-que moy, sans doute, en sçaura.

Et la Gautte en parlera.

Toutefois, je vien de la lire,

1 20 Et je n'y voy rien pour l'Empire D'avantageux et de décent. Sinon que le Grand-Turc consent Que l'Empereur, dessus sa Terre, (En cas de rupture et de guerre,

125 Et que Newhauzel fût mutin) Fasse faire un Fort, ou Fortin, Aux dépens de sa propre bourse, Pour brider les faizeurs de course, A quoy, du Grand-Turc, les Sujets

i;o Sont naturellement sujets, N'entendans sur la pillerie De raizon, nv de raillerie:

Mais on ne doit, ny peu, ny brin, R'ètablir le Fort de Serin,

I ) 5 Qui de la Nation Turquine

Fut jadis la plus forte épine.

Et dont le Comte infortuné Est, dit-on, presque ruyné.

D'ailleurs, la Gazette remarque

140 Que pluzieurs Personnes de marque, Que quantité de Potentats, Princes, Communautez, Etats, De la Trêve se formalizent, A cauze, ce dit-on, qu'ils dizent

145 Qu'on fit la Compozition Sans leur participation, Et qu'icelle étoit rézolûe, Et, mesmes^ signée et conclue, Sans Qu'on leur en dit un seul mot,

1 50 Non plus qu'au plus chétif marmot :

Mais le Noble Cnef de l'Empire A, sur ce, des raizons à dire; Et, comme il est grand Potentat, Je croy que son Conseil d'Etat,

IJ5 Formé de diverses Personnes, N'a que des intentions bonnes, Mais je n'ay pas l'entendement De les démêler nétement.

La Ville d'Erfort, qui se pique 160 D'être une Ville Anzéatique,

Et d'avoir cet heur, non commun.

De n'être sujette d'aucun,

Depuis peu s'est mize en défence

Contre I Electeur de Mayence, 165 Qui prétend sur elle des droits

Rendus sans litige, autrefois^

Et qu'à prèzent elle dénie

Par raizon, ou par félonie.

Mais comme maint puissant Seigneur, 170 Par intérêt, ou par honneur.

Se trémoussant, en ce rencontre,

Prennent party, qui pour, qui contre^

On parle, prézentement, fort

D'acommoder ledit Erfort 17 j Avec ce Prélat magnanime.

Qui croid, toutefois, légitime

Cette espèce d'autorité

Qu'il prétend sur cette Cité.

Si l'on en croid quelques Mémoires, 1 80 Les Anglois ont eu des victoires, Non pas sur les Indiques bors D'où nous viennent tant de trézors, Ny sur la Méditéranée, Mais aux Côtes de la Guinée, 185 Sur les Vaisseaux et les Soldats De ceux que l'on apelle Etats, Autrement, Messieurs de Holande,

La Muze historique. • Novembre 1664.

Dont la force, en Mer, est si grande, Que, d'eux, ils font comparaizons

190 A ceux des meilleures Maizons.

Malgré, donc, toute leur puissance, Les Anelois ont, à toute outrance, Et par des éforts vigoureux.

Pris quatre Navires sur eux,

195 Contenant pluzieurs marchandizes, Et, de plus, trois Places conquizes.

Or comme ces deux Nations Ont déjà des contentions, On craint que ces nouveaux insultes

200 Ne cauzent entr'eux des tumultes, Si leurs Agens et Rézidens Ne les calment, comme prudens.

Dans cette mienne Rapsodie Que veut-on encor que je die?

20$ De bruits, contenans vérité, Il est grande stérilité.

Comment, donc, achever ma Lettre; Hà, pour Tachever, j'y vais mettre Une nouvelle de grand prix,

210 Qui réjouira tout Paris.

Durant que ces Vers je grifonne. Une fort honnête Personne Me vient d'aprendre aue la Cour, De la Campagne est ae retour,

2 1 j Et maintenant logée au Louvre, Lequel Louvre, on couvre et découvre, Selon qu*il en est de bezoin, Touchant les projets et le soin (Qu'on void s'avancer d'heure en heure)

220 Pour rendre, un jour, cette Demeure, Par d'embellissements divers, La plus belle de l'Univers.

Or comme le temps de la glace |

Vient à grands t>as, et nous menace,

225 Le Roy puisse-t'il être-là

Cinq ou six mois, et par de-là:

Car cette Maizon d'importance Est où loge la Cour de France, Quand Maître Hyver gris et chenu,

230 Doit venir, ou qu'il est venu;

Puis-donc qu'il faut qu'elle s'y tienne, Dieu l'y conserve et l'y maintienne, Et de mille félicitez Veuille combler Leurs Majestez.

235 Princesse, la Muzette nôtre Vous souhaite aussi dans la vôtre.

Plus ample en ses commoditez Que celle que vous habitez; L'un est vôtre propre Héritage,

240 L'autre est un Palais de louage :

Mon pauvre Esprit qui prend le soin D'aller vous viziter si loin, Voudroit vous avoir pour Voizine; Car quand chez-Vous je m'achemine,

245 N'étant plus ny dispos, ny frais.

Je n'y puis aller qu à grands frais.

Pour m'y rendre plus à mon aize, C'est-à-aire en carosse, ou chaize :

Mais Vôtre Altesse n'en fera

250 Pourtant, que ce qu'il luy plaira.

C'est à vôtre seule prudence A régler vôtre Rézidence :

De vous conseiller, je ne puis.

Car Intendant point je ne suis,

255 Maître d'Hôtel, ny Secrétaire :

Mais, simplement. Pensionnaire.

Fait le jour Monsieur Saint Crespin , Qui fit, jadis, maint Escarpin.

LETRE QJJARANTE-TROIS

Du [samedi] premier Novembre.

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