‹ La muze historique;Chapitre 108 sur 221 · III. Lettre XXII · texte numérisé non relu

III. Lettre XXII

Les regardant entre deux yew , Leur dizoit d'un ton gracieux :

« Vous l'aurez, Messieurs de la Halle , Voire mesme la généralle. »

1 1 1 Par ma-foy , raillerie â part, Si cet illustre goguenard Procuroit la paix à la France , Ce prince vaudrait d'assurance Trente millions d'or et plus,,

tao Quoy qu'il ne soit qu'un (farolus.

* Le chevalier de la Vieuville , Ayant par un saint codicille A messieurs ses parens requis Que des biens qu'il avoit acquis

125 Par pluzieurs sommes provenantes De dons, prézens et paragouantes, On en fît restitution , Selon sa bonne intention , Est mort en sa fleur de jeunesse ,

1 30 Dont la Cour a grande tristesse , Des coups qu'il receut sur le champ Par les gens du sieur de Clinchamp.

Quoy que dans le libertinage Il ait passé son plus bel âge,

135 Sans fréquenter, que rarement, Ny confesseur ny sacrement, Il a fait une fin si belle Que j'ay sceu d'une, demoizelle Qu'il étoit vrayment trépassé

140 Comme un des saints du temps passé. Mainte excellente dame enrage Du décez de ce personnage, Encor qu'il soit mort si contrit , Car il avoit beaucoup d'esprit.

145 Malgré pourtant le bruit de ville , On dit que ledit la Vieuville N'a pas encor finy son cours, Mais qu'il mourra dans peu de jours.

On dit pareillement que Varde, ijo Si son médecin n'v prend carde, Décline fort vers le cercueil, Dont le beau sexe auroit grand deuil, Et particulièrement celles Qui se piquent d'être pucelles :

in Car, soit époux, ou soit amant, Il pouvoit passer pour charmant.

Ce vieillard de belle structure, Ce trézor des dons de nature, Qu'on nommoit monsieur de Cezy, 1*0 Qu'Amour jadis avoit choizy Pour donner dedans la viziére

La Muze historique. — Juin 1652.

De mainte agréable meurtrière, N'ayant plus ny pouls, ny vigueur, Ny de chaleur autour du cœur, 16$ Avec sa belle barbe blanche, Est décédé depuis dimanche.

Un Suédois, hier au matin, Ne parlant qu'en fort beau latin, Au Parlaient alla remettre,

170 De par sa maîtresse, une lettre, Et fit au susdit Parlement, A ce au'on dit, grand compliment ; Mais ae sçavoirce que sa reine De leur mander a pris la peine,

175 On ne m'en a point éclaircy :

Je n'en puis donc rien dire icy.

Les soldats du duc de Loraine Ont enfin traversé la Seine, Etpluzieurs des gens de Paris,

180 Loin d'en avoir les cœurs maris, Après avoir mangé leurs soupes , Allèrent voir passer ces troupes Avant-hier, qu'il faizoit beau, Dans la plaine de Long-Boyau.

185 Ils ont brûlé cinq cens villages, Ravy douze cens pucellages, Fait deux mille maris cornus, Et pourtant sont les bien-venus !

D'Etampes lé siège funeste 190 (Dont de tout son cœur la Cour peste) Est, dit-on, tout-à-fait levé, Autre cas n'étant arivé De cette tntreprize hardie (Possible un peu bien étourdie) 19s Que du péril et du danger, Qu'un puissant secours étranger, Qu'un vain emplov de grosses sommes Et la perte de pluzieurs hommes [blons, Tant laids que beaux , tant bruns que 200 Qui gizent morts dans les sablons.

Monsieur Scarron, esprit insigne, Et qui n'écrit aucune ligne (Du moins en qualité d'auteur) Qui ne plaize fort au lecteur,

Mf A voit un procez d'importance Au premier Parlement de France, Lequel il a perdu tout net, Pluzieurs opinans du bonnet En faveur de sa belle-mère,

aïo Ce qui le met fort en colère Contre nosseigneurs les commis De madame sainte Thémis.

Mais puis qu'un procez sur la terre Est quazi pire qu'une guerre,

ai j N'en avoir plus c'est un repos Dont il se plaint mal-à-propos :

Car enfin, ledit personnage Ayant contracté mariage Avec une épouze, ou moitié,

aao Qu'il a prize par amitié , Il ètoit chargé, ce me semble, De deux pézans fardeaux ensemble.

Or ses faibles et petits bras N'ont bezoin de tant d'embaras,

22$ Car avec sa paralizie, Cruel fléau de sa poëzie, Ce seroit un mal plein d'excez Qu'une femme avec un procez.

Princesse , icy tarit ma veine; 250 Je suis presque tout hors d'haleine : Il faut donc reprendre mon vant Jusques au dimanche suivant, Qpe je feray, Mademoizelle, Une épître toute nouvelle.

2 3 j Ecrit sur du papier tout neuf, Du prézent mois de juin le neuf.

Juin 1652. — Livre III. Lettre XXIII.

LETTRE VINT-TROIZIÉME

Du [dimanche] 16 Juin.

HAZARDEUZE.

Princesse, du Ciel favorite , Riche en biens , sagesse et mérite , Afin de n'avoir pas en vain Le titre de vôtre écrivain, 1 Je souhaiterais que mes veilles N'enfantassent que des merveilles, Et qu'il n'en sortît nul écrit Qui n'agréât à vôtre esprit; Mais, puis que le Ciel m'est avare

10 D'un talent si noble et si rare , Et qu'il ne m'en a donné qu'un Trés-médiocre et très-commun, Acceptez , comme de coutume , Ce nouveau travail de ma plume

m (Digne peut-être de rebut) Que j'aporte comme un tribut.

L'onzième du mois où nous sommes

Une grande quantité d'hommes,

Pleins d'ardante dévotion , » Allèrent en procession,

Qui fut très-longue , et non briéve ,

Au temple Sainte Geneviève ,

Psalmodians et prians Dieu ;

Et de cet auguste et saint lieu , jj Cette Chasse tant respectée

Fut à Nôtre-Dame portée,

Pour du Ciel obtenir la paix,

Selon les plus communs souhaits.

On n'y via ny marquis nv comtes, * Mais toute la Chambre des comptes

Et tous les corps du Parlement,

Et l'on y vi-d pareillement

Les escnevïns et la police ,

Avec quelques gens de milice îj Pour taire ranger les courtauts

Qui n'ètoient point sur êchafaux.

I/archévesque de cette ville ,

Dont la main tremblante et débile

Bènissoit le peuple courbé, 40 AUok à côté de l'abbé,

L'abbé debout, luy dans sa chaize,

Assis doucement à son aize , Par ses domestiques porté, Mais si doré , si clinquante ,

4$ Qu'il avoit presque autant de mine Qu'un Jupiter dans sa machine :

Ce fat-là ma conception Quand je vis la procession, Qui fat fort dévote et fort belle ,

$0 Car on voyoit paroître en elle , Outre ces deux prélats sacrez, Tous deux crossez, tous deux mitrez, Deux cens prestres, deux cens chanoines Et sept cens soixante et dix moines,

$$ Tant jeunes, vieux , gras et menus, Dont la plus-part marchoient pié-nus Pluzieurs ayant ceintes les hanches D'aubes très-fines et trés-blanches , Avec des guirlandes de fleurs

60 De mille agréables couleurs, Portoient sur leurs épaules larges, Comme de précieuzes charges, De beaux et riches vazes plains Des reliques de divers saints.

*$ Multitude d'hommes et femmes, Bourgeoizes, demoizelles , dames, Servantes, maîtresses, valets, Faizoient toucher leurs chapelets , Avec des ferveurs catholiques,

70 Aux susdites saintes reliques, Dont le très-vénérable aspect Inspiroit par-tout du respect.

De Condé, mesmement, l'Altesse, Et Beaufort, prince à blonde tresse,

7$ Les bons amis du Mazarin, Etans prés de Saint-Severin, Les voyant passer s'inclinèrent , Profondément les révérèrent, Et Condé prit un grand soucy

80 De leur faire, toucher aussy, En faizant-là le bon apôtre, Maint chapelet et pate-nôtre, Et des rozaires maints et maints

La Muze historique. — Juin 1652.

Qu'il reccvoit de toutes mains.

85 Souque ce fût ou non grimace,

Cela charma la populace :

Chacun avec afection

Admira sa dévotion.

Il n'étoit plus ce personnage 90 Qui dans Charenton fit carnage;

On ne le considérait plus

Comme un des auteurs du blocus,

Comme un héros, comme un tonnerre,

Ny comme un grand homme de guerre; 9j Mais il êtoh lors regardé

Comme un vray monsieur saint Condé.

On assure que, ce jour-mesme,

Le Roy, touché d'un zélé extresme

De voir ses sujets en repos, 100 Comme il sounaite à tous propos,

Fit une action de remarque:

Car ce jeune et pieux monarque

Receut à cette intention

La trés-sainte communion ioj Avec un cœur pur et sincère,

Et mesme aussi monsieur son frère.

L'Altesse Royale et Condé, Qui dans Paris tiennent le dé, Le jour d'après prirent la peine

1 10 D'aller voir le duc de Loraine Dans son camp ou retranchement, Lequel, après maint compliment, Faizant toujours le Démocrite Et très-rarement l'hipocrite,

115 Les régala d'un beau festin Où l'on but quantité de vin De la main droite et de la gauche; Enfin , ils firent la débauche En tant de diverses façons

120 Qu'ils devindrent tous beaux-garçons.

Après cet insigne crapule, Ces trois grands fléaux de monsieur Jule, Ce triolet de grands guerriers, Ce frédon de porte-lauriers ,

125 Bref, ce trium-virat moderne, S'ètans tous trois mis dans un cerne, Avec des sermens infinis S'entre-jurérent d'être unis, Renonçans à toute autre brigue

ijo Qui voudroit séparer leur ligue; Et pluzieurs sont d'opinion Qu'ils signèrent cette union ; Mais, de la façon qu'on en parle, D'autres dizent que le duc Charle,

i?5 De ce complot se relâchant, A pour la Cour quelque penchant.

Noize et dissention civille Régnent toujours en cette ville Qu'on nomme, à mon avis, Bordeaux

140 D'autant qu'elle est un abord d'eaux. Le Parlement, la populace , Par une fatale disgrâce , Ne sont aucunement d'acord , Et le peuple est, dit-on, si fort,

14J Que le susdit Parlement tremble Tout autant de fois qu'il s'assemble, D'autant que ces gens déchaînez Etans une fois acharnez, Ne menacent que de tempestes

i$o Et de casser jambes et testes.

Arbitres du sort des humains !

Puissans apuys des souverains!

Illustres parlemens de France! Qui n'avez que trop connoissance

i j j Des violences de ces fous , C'est un bel exemple pour vous.

Remarquez donc en cette lettre Qu'on ne doit jamais le fer mettre, Durant un temps séditieux,

iéo Entre les mains des furieux, C'est-à-dire avec quelque amorce Exciter des peuples la force, Lesquels, en aucune saizon, Ne suivent ny loy ny raizon.

16$ Hélas! vous voyez par épreuve Comme ce pauvre Estât s'en treuve.

Après quelques rayons d'espoir,

Après pluzieurs coups de razoïr,

Après mainte cure inutile .

170 Enfin, le jeune la Vieuville,

Ce chevalier si renommé,

Si généralement aimé ,

Si courageux, si magnanime,

D'esprit si rare et si sublime, 17J Chez les dames si bien-venu,

Et, bref, si chrestien devenu ,

A vu finir sa destinée

En sa vingt-cinquième année.

Dans mon autre relation, 180 Dont je fais rétractation ,

J'avois parlé d'un codicille;

Mais c'êtoit un faux bruit de ville.

Il ôtoit trop noble et bien nay

Pour avoir nul bien rapine, 185 Et n'a fait aucune ordonnance

De rendre ny don ny finance.

Juin 1652. — Livre III. Lettre XXIV.

En mourant il eut le bon-heur Que quantité de gens-d'honneur, Mainte dame, de douleur pleine,

190 Toute la Cour, le Roy, la Reine , Ont montré , montrans leur ennuy, L'estime qu'ils faizoient de luy, Piuzieurs reçretans avec larmes Un garçon si remply de charmes.

195 En servant son Roy vaillamment, Il rencontra le monument.

Maintenant, durant cette guerre

Îui dézole toute la terre , va posséder dezormais 200 Une éternelle et sainte paix Prés de la Majesté supresme, Car la contrition extresme Qu'il fit voir avant son trépas Nous oblige à n'en douter pas.

*>î Séçir, Gourdon, ces demoizelles, Que cinq cens canailles cruelles Contraignirent, les poursuivant,

De se sauver dans un convant, Chez la Reine sont retournées

a 10 Depuis environ cinq journées, Sans avoir receu mal aucun Depuis Paris jusqu'à Melun; Et la susdite châsse antique Qu'on descendit comme reUaue

h j Quand ce beau couple s'en alla A du moins opéré cela.

Princesse blanche comme albâtre, Dont très-constamment j'idolâtre Non seulement la qualité, aao Mais les vertus et la bonté, Je vous en dirois davantage; Mais ma Muze, quelquefois sage , Vient tout-à-coup de s'avizer Qu'il se faut un peu repozer.

mj Cette épttre , lettre ou fadaize , Fut compozée en juin, le saize.

LETTRE VINT-QUATRIÉME

Du [dimanche] 23 Juin.

RAIZONNABLE.

Jusques à ce qu'un plus doux temps Rende tous nos peuples contens, Et que madame sainte Astrée R'êtablisse en cette contrée

s L'aimable et charmant siècle d'or,

. Lequel nous n'avons pas encor, La Muze dont je sens la flâme Ne peut inspirer dans mon ame Cette belle et plaizante humeur

10. Que doit souhaiter tout rimeur (Quand il a pensions ou gages) Pour faire de rians ouvrages.

Si donc ce poème nouveau Ne vous semble ny gay ny beau,

t$ Si ses rimes et ses pensées Ne sont extrêmement sensées , Si son stile n'a point d'éclat , Si son raizonnement est plat , Princesse dont l'esprit sublime

*> Mérite une éternelle estime , Acuzez-en ce temps pervers , Ennemy des jeux et des vers , Qui n'est bon aue pour le soudrille , Ou du moins, 4 charmante fille \

aj Excuzez la stérilité D'un écrivain déconcerté.

Afin d'éloigner de la France La guerre qui nous tient en trance , Ce cruel fléau du genre humain ,

30 On fit au faux-bourg Saint-Germain Une procession fort leste, Mais pourtant tout-à-fait modeste , On ne le sçauroit pas nier, Et ce fut dimanche dernier.

h Pour avoir le bon Dieu propice , Elle alla donc à Saint Sulpice Avec châsses, bannières, croix,

La Muze historique. — Juin 1652.

Presque autant comme à l'autre-fois , Et grande aflùence de monde ,

40 Dont le susdit faux-bourg abonde.

Monsieur le duc de Liancourt , Qui porte sous un habit court Une ame aussi bonne , aussi franche, Voire mesme aussi pure et blanche

4$ Qu'on en puisse (sans le flater) Sous frocs et soutanes porter, Avec son beau cordon céleste , Saint-Esprit, croix et tout le reste,

Y marchoit prés d'un conseiller jo En qualité de marguillier.

Illec on ne vid nuls chanoines , Mais bien des prestres et des moines , Assavoir : des Bénédictins , Des Jacobins , des Augustins,

j $ Et de ces Pérès charitables Qui se montrent si secourables Aux malades, dont leur maizon Est remplie en toute saizon.

Les Filles de la Providjence,

60 Quitans leur sainte rézidence ,

Y faizoient lieux aimables rangs, Et l'on y vy) en habits blancs D'autres vierges et virginettes (Car elles êtoient fort jeunettes),

65 Et ces vizages innocens

Passoient le nombre de cinq cens, Chacune des susdites vierces Portans des bouquets ou des cierges Et des chapeaux frais et jolis

70 D'oeillets , de rozes et de lis.

Objet des saintes créatures !

Divin amant des âmes pures !

Eternelle source de biens !

Adorable Dieu des chrestiens !

7$ Acorde à ces chastes fillettes , Qui sont encor pures et nettes , Cette paix que nous demandons , Le plus heureux de tous les dons.

Dernièrement , les deux armées , 80 L'une contre l'autre animées , Faizans leurs fiertez remarquer, Avoient dessein de se choquer.

Le soldat et le capitaine Se rangeoient le long de la plaine; 8$ On braquoit déjà le canon ;

Les uns trembloient , les autres non.

Cette éfroyable parricide, La Mort , de sang humain avide, Pensoit bien là faire un repas 90 De plus de six mille trépas ;

Mais elle fut fort atrapée , Car on ne tira point rêpée :

Ces deux afreux camps d'ennemis Se séparèrent comme amis.

9j Monseigneur le duc de Loraine , Pressé par monsieur de Tureine De comDatre ou de s'en aller, Aima beaucoup mieux détaller, Pour ne point fausser la promesse

100 Que depuis peu sadite Altesse Avoit faite de bonne-foy De n'être plus contre le Roy.

Gaston avoit de luy parole Que pour bijou ny pour pistole ,

105 Ny pour autre sorte d'apas , Il ne l'abandonnerait pas; Mais ce prince , d'humeur gaillarde, S'êtoit ce jour-là, par mégarde, Vêtu de tafetas changeant,

no Passementé d'or et d'argent Et de fort belle pierrerie.

Que ce soit ou non raillerie , Son camp enfin se retira , Et la Cour ce grand coup para.

11$ Le camp des Princes va vers Mante, Ville assez jolie et charmante , Mais dont les beautez s'enfuiront Soudain que les soldats iront , Et, n'ayant plus femme ny fille,

120 En sera cent fois moins gentille.

Ledit camp pourtant, jusqu'icy, N'est qu'à Meudon, Saint-Clou, Poissy, Lieux dont l'assiette est assez forte Et retranchez de bonne sorte.

125 Les soldats du Roy, ce dit-on, Campent autour de Charenton.

Ainsi la rivière de Seine , Qui dedans cette ville ameine Des vivres de pluzieurs cotez

130 Et cent autres commoditez, Se voit maintenant ocupée Par messieurs les traineurs d'êpée; Et Paris , la grande cité , Par sa richesse et sa beauté

1 h Inspirant une ardeur nouvelle Dans tous les deux partis pour elle, Se les atirant sur les bras, N'a pas un petit embaras.| Chacun la lorgne et la convoite,

140 Chacun la flate et la souhaite; Mais icelle, sur ce grand point Ne se déclarant encor point ,

Juin 1652. — Livre

Chacun d'eux, avec pluzieurs brigues,

Artifices, promesses, ligues , 145 En mesme-temps et tour-à-tour,

Solicitent fort son amour.

Or cette belle recherchée

En est souvent trés-empècbée;

Car pour son aquizition Mo Qui tah toute leur passion,

Ils luj font , s'aprochans trop d'elle ,

Une unportunité cruelle

Dont eue se sent oprimer,

Et l'étoufent pour trop l'aimer.

mj Ainsi, mainte agréable dame,

Pour avoir jeté trop de flàme

Dans le cœur de pluzieurs rivaux

Est expozée à cent travaux

Et souvent est si fort pressée 160 Par leur ardeur intéressée,

Qu'elle s'en plaint à tout propos ,

Et n'a jamais paix ny repos ;

Si la comparaizon n'est Donne,

Que le lecteur me le pardonne, i*s Car je ne suis pas grand auteur,

Ny mesmes grand comparateur.

Rohan , dont le cœur et la mine L'ont fait parvenir à l'hermine, Et le marquis de Tonquedec,

170 Quoy que dans un lieu de respect, Sçavoir, chez Cévigny la belle, Eurent entr'eux grosse querelle; Ledit Tonquedec s'écoula, Et hors la ville s'en alla

«7$ (Suivant l'ordinaire commerce) Atendre sa partie averse Pour mieux décider leurs débats En métaas tous deux pourpoint bas ; Mais , de par Sa Royale Altesse,

1S0 Avec diligence et vitesse, On arêta ledit Rohan, Dont il sentit un grand ahan, Et se fit bien tenir à quatre , Car il enrageoit de se batre.

<Sf La duchesse de Châtillon ,

Dont le naturel vermeillon

Et les lis de son beau vizage

Au plus barbare personnage

Pouroient inspirer de l'amour, «90 Fait, dit-on, un voyage en Cour.

Mon esprit , à toute avanture ,

Oze en tirer un bon augure,

Et cela marque assurément

Quelque grand acommodement

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